Orson Welles

Orson Welles

Orson Welles

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Photographié par 1937)

Naissance 6 mai 1915
Wisconsin (Nationalité
Drapeau des États-Unis Décès 10 octobre 1985 (à 70 ans)
Los Angeles, États-Unis)
Profession Réalisateur, acteur, producteur, scénariste et directeur de théâtre
Films notables La Soif du mal
La Splendeur des Amberson
Othello
Moby Dick (Acteur)
Falstaff

Orson Welles est un réalisateur, acteur, romancier, producteur et scénariste 6 mai 1915 à Wisconsin (10 octobre 1985 à Los Angeles en [1]. Il a été parfois crédité sous les noms de O.W. Jeeves ou G.O. Spelvin.

Orson Welles est une figure incontournable du réalisateur avec Institut Cinématographique Américain, comme le plus grand film de l'histoire du cinéma américain[2]. Il a également laissé sa trace en tant qu'acteur, assura de nombreuses narrations dans près d'une centaine de films. Il a exercé une grande influence sur différents réalisateurs, en particulier sur Stanley Kubrick dont il se sentait artistiquement très proche[3]. Artiste précoce, il s'est pris de passion pour Shakespeare très jeune ainsi que pour Montaigne, et a également laissé sa marque à la radio avec ses adaptations d'œuvres littéraires, plus particulièrement celle de HG Wells, le 30 octobre 1938, dont le réalisme de l'interprétation et de la réalisation persuadèrent une partie de l'Amérique d'une invasion en direct par les Martiens.

Sommaire

Biographie

Une enfance riche et chaotique

Son père, Richard Heard Welles, est ingénieur, et sa mère, Béatrice Ives Welles, est pianiste[4]. Le fils les décrit ainsi : « Mon père était un bon vivant de l'époque édouardienne qui aimait se dire inventeur[5]. Il était généreux et tolérant, adoré de tous ses amis. Je lui dois une enfance privilégiée et l'amour des voyages[6]. Ma mère était une femme d'une beauté mémorable, elle s'occupait de politique, était une championne de tir au fusil, ainsi qu'une pianiste de concert très douée[5]. Je tiens d'elle l'amour de la musique et de l'éloquence sans lesquels aucun être humain n'est complet[6]».

Le jeune Orson grandit dans une ambiance de culture raffinée avec une touche d'excentricité. Les témoignages de sa précocité abondent : il sait lire à deux ans, apprend à jouer du piano à trois ans et réalise sa première adaptation de Shakespeare à sept ans. De telle sorte que le journal local lui consacre un article titré : « Dessinateur, acteur, poète ; il n'a que dix ans »[7]. Ses aptitudes dans le monde du spectacle ne s'arrêtent pas . Il est également décorateur, metteur en scène et surtout acteur. À dix ans, il interprète Peter Rabbit au Marshall Field de [7].

À 11 ans, il rédige une analyse de l'œuvre de Nietzsche, témoignant ainsi de son extrême précocité intellectuelle.[réfnécessaire]

Les malheurs du jeune Orson commencent lorsqu'il perd sa mère en 1925, puis son père cinq ans plus tard. Orphelin à quinze ans, il est pris en charge par le docteur Bernstein[8], un ami de ses parents qui va s'occuper de son éducation.

En 1930, il gagne un prix récompensant sa mise en scène de Jules César de Shakespeare. Il part pour l'[5] et se rend à Dublin. Alors âgé de seize ans, il se présente comme une vedette du théâtre de New York devant le directeur du [9] Il part ensuite pour Séville, dans le sud de l'Espagne, et se fait passer pour un auteur de romans policiers[10]. Il dit à ce propos : « J'habitais dans le quartier de Triana. J'écrivais des romans policiers, ce qui me prenait deux jours par semaine et me rapportait trois cents dollars. Avec cet argent, j'étais un grand seigneur à Séville »[11]. C'est également à cette période qu'il se prend de passion pour la corrida. Il torée à quelques reprises, mais s'estimant mauvais, il préfère renoncer à devenir toréador et reprend l'écriture[11].

Œuvre, Les débuts, 1933-1938

Au théâtre et à la radio

En 1933, après des expériences formatrices, il retourne aux États-Unis. Le jeune homme a alors une solide culture littéraire et théâtrale, ainsi qu'une bonne maîtrise de la technique de la mise en scène. Il se passionne pour l'art de la magie, puis, en 1934, il part étudier à la Todd School de Woodstock, dans l'[12]. Il rencontre une jeune actrice Virginia Nicholson, qu'il épouse quelques mois plus tarden 1939, le couple aura une fille.

S'il ne parvient pas à décrocher les premiers rôles lors des différentes mises en scène, il commence à se faire un nom à John Houseman lui offre de travailler avec lui, au Federal Theatre[10]. Il fait sensation en montant sur les planches une adaptation très originale du Macbeth de Shakespeare en transposant l'histoire de la vieille Écosse, brumeuse et froide, dans l'île de Haïti de l'époque moderne[13], avec des acteurs noirs. L'histoire se déroule à l'époque de l'empereur noir Jean-Christophe, et les sorcières deviennent des sorciers vaudous. Il monte également le Faust de [14].

En 1938, toujours avec John Houseman, Orson Welles fonde le Mercury Theatre, pour servir le répertoire shakespearien.

Parallèlement à son activité théâtrale, il débute à la radio sa voix chaude et grave fait merveille[15]. La radio CBS l'engage pour réaliser, avec la troupe du Mercury, des adaptations radiophoniques d'œuvres littéraires. L'émission, intitulée « Mercury Theatre on the air », met en ondes des pièces du dramaturge anglais, ainsi que de nombreux romans, dont [16], avec, en point d'orgue, le lundi 30 octobre 1938, veille d'La Guerre des mondes de L'annonce du 30 octobre 1938

Ce jour-, sur La Guerre des mondes de 1938, la radio est un média de communication qui connaît un fort essor, et de nombreux auditeurs l'écoutent. Ainsi, l'excellente mise en scène d'Orson Welles réussit à faire croire à près d'un million d'auditeurssur les six millions qui écoutent l'émissionque les États-Unis sont attaqués par des extra-terrestres venus de Mars, et que le danger qu'ils représentent exige des Américains qu'ils prennent la fuite[réfnécessaire]. C'est le chaos dans tout New-York[réfnécessaire], et les troupes américaines, massées dans le port mais en permission, sont rappelées dans le but de défendre la patrie[réfnécessaire].

Le disque de l'émission Orson Welles fit croire à l'invasion des Martiens

Les circonstances qui ont permis cette émission sont moins « glorieuses » que ses conséquences. Orson Welles travaille à la radio L'île au trésor de Robert Louis Stevenson, Charlotte Brontë, Shakespeare et Jules Verne[17]. Il souhaite adapter une œuvre de science-fiction et propose aux adaptateurs de la radio Le nuage pourpre de Shiel, Arthur Conan Doyle avant d'arrêter son choix sur HG Wells[18]. Devant le refus des adaptateurs, qui trouvent le roman trop faible, Welles décide de travailler seul à l'adaptation de l'œuvre[19]. Le 29 octobre, la veille de l'émission, Welles passe sa journée à rédiger le texte et à répéter l'émission ; devant le résultat qu'il juge trop médiocre, il décide de remanier son texte et passe la nuit à l'actualiser[20] : il y utilise systématiquement le mode de la première personne, de sorte que les intervenants devront donner l'impression de vivre les événements en direct [21]. Lorsque Orson Welles commence son émission, il précise, comme il le fait chaque fois, qu'il s'agit de l'adaptation d'une œuvre littéraire[16], mais en dépit de cela, les auditeurs se prennent à croire à la véracité de l'attaque du pays par les MartiensAndré Bazin, dans son étude sur Welles, rappellera que le Ministère de l'Intérieur et le Président des États-Unis, chacun à leur tour, diffusèrent des communiqués dramatiques[22], amplifiant ce que que Welles appellera « un extraordinaire phénomène de schizophrénie collective »[22].

Les conséquences sont multiples : la radio, les commissariats sont submergés d'appels de personnes prétendant avoir aperçu des Martiens. La panique fut relatée le lendemain, puis durant une semaine dans la presse. Selon certains auteurs, l'ampleur de la panique aurait été considérablement exagérée, au fil des années, par les commentaires qui en ont été faits[23].
Welles devient célèbre du jour au lendemain, ce qui lui ouvre les portes de Œuvre, Premiers films, premiers ennuis, 1938-1948

C'est à la RKO que Orson Welles va travailler. Le studio lui donne une entière liberté artistique : il est réalisateur, acteur, scénariste de son propre film. Jamais personne n'a eu une si grande liberté pour un premier filmquelques années plus tard, Welles se rendra compte que ce cadeau inespéré était empoisonné. Il travaille d'abord à l'adaptation d'un roman de Au cœur des ténèbres (lequel, plus tard, sera transposé par Apocalypse Now). Le projet n'aboutit pas.

Citizen Kane, 1941

Orson Welles dans Joseph L. Mankiewicz, rédige le scénario de William Randolph Hearst. Toute la troupe du Mercury est présente. Le cinéaste a obtenu le contrôle total du tournage et désire garder le secret sur le sujet de son film. Les producteurs essaient de s'en mêler en débarquant à l'improviste sur le plateau, mais ils n'y trouvent que les techniciens et les acteurs en train de jouer au base-ball, sur l'ordre du réalisateur rendu méfiant[24]. Le tournage débute le 30 juillet 1940 et s'achève le 23 octobre de la même année[25]. Une fois la postproduction achevée, Orson Welles participe à de nombreuses manifestations promotionnelles on ne lui parle que du parallèle entre le personnage de Charles Foster Kane et William Randolph Hearst, et de la réaction de ce dernier qui a engagé une campagne de dénigrement par l'intermédiaire de ses propres journaux. Lassé, Welles déclare que si on continue à lui « échauffer les oreilles », son prochain film sera une biographie de William Randolph Hearst. Les choses s'enveniment à tel point qu'au sein de l'état-major de la RKO, il est question de brûler le négatif du film. Les dirigeants décident malgré tout de lâcher du lest[23], mais Welles, s'estimant trahi, menace publiquement la société d'un procès en rupture de contrat, en son nom et celui de la compagnie du Mercury Theatre. Son état nerveux s'altère tellement que son médecin l'envoie prendre du repos dans une clinique de Palm Springs[23]. Malgré l'énorme campagne de dénigrement orchestrée par Hearst, le film sort en salles le 1er mai 1941[26]. Le succès critique est unanime : le film de Welles est une révolution dans la technique cinématographique, la structure du récit, le montage, les décors, les maquillages, les mouvements de caméra et l'impact des images. Le public ne suit pas.

La Splendeur des Amberson, 1942

Pour le deuxième film de Welles, [27]. Pendant ce temps, les pontes de la RKO, mécontents des pré-projections, obligent Robert Wise, le monteur des deux premiers films d'Orson Welles, à remonter le film pendant l'absence du cinéaste. Plus de quarante-trois minutes en sont retirées[28], malgré l'insistance de tous les acteurs demandant aux producteurs d'attendre le retour de Welles pour prendre une décision concernant l'avenir du film. Même si Welles reconnaît que dans cette situation, Wise était pris entre le marteau et l'enclume, il ne le lui pardonnera jamais. Il dira : « J'étais en Amérique du Sud et attendais les rushes de Voyage au pays de la peur ; c'est alors qu'un galopin de la RKO, ayant reçu l'approbation bienveillante d'un couple de vice-présidents et des censeurs du studio, se permit de monter le film. Le résultat fut heureusement présenté par une nuit noire, alors que personne ne regardait. »[29]

Après deux échecs commerciaux consécutifs, Welles devient suspect aux yeux des studios. En délicatesse financière, il joue dans de nombreux films pour financer ses projets. Sur le plan personnel, il épouse la star Rita Hayworth le 7 septembre 1943.

Le Criminel, 1946

La chance lui sourit de nouveau avec John Huston tel qu'il est. Welles accepte et parvient à mener à bien la mise en scène avec dix jours d'avance sur la date prévue. La même année, Monsieur Verdoux d'après une idée d'Orson Welles, ainsi qu'en fait mention le générique du filmWelles avait proposé à Chaplin de jouer le rôle principal dans un film inspiré de La Dame de Shanghai, 1947

La même année encore, il réalise Columbia qui préfère retarder la sortie du film de Welles au profit de Rita Hayworth et Woody Allen y rendra hommage dans Meurtre mystérieux à Manhattan, en mettant en scène le règlement de compte final dans une pièce remplie de miroirs.

Macbeth, 1948

En 1948, un petit studio indépendant, spécialisé dans le western, accepte de financer son prochain film, Macbeth, dont Orson Welles dissimule la pauvreté des décors dans un brouillard artificiel. Le résultat est saisissant d'étrangeté et de mystère, restituant très bien l'atmosphère de la pièce de Shakespeare. Nouveau coup de maître : il tourne son film en seulement vingt et un jours.

Œuvre, La carrière européenne, 1945-1985

À New-York pendant la guerre, Orson Welles, qui parle très bien le français et l'espagnol, assiste à une projection de Marcel Pagnol. Enthousiasmé par le jeu de Raimu, il part pour Marseille dès la fin de la guerre. Pagnol racontera qu'il a vu débarquer un géant dans son bureau qui lui dit « Je veux voir monsieur Raimu ». Marcel Pagnol lui répond que Raimu vient juste de mourir et voit alors Orson Welles fondre en larmes : « C'était le meilleur de nous tous ! », dit-il[30], avant d'exposer qu'il avait conçu de nombreux projets de tournage de films avec Raimu. Pour Pagnol, Orson Welles va devenir un ami fidèle, n'hésitant pas à critiquer son travail de façon objective disant par exemple de Roger Corbeau, photographe de plateau de Pagnol notamment sur La Femme du boulanger. Il l'engagera pour les photos de plateau de deux de ses films Le procès[31] .

En disgrâce avec les producteurs américains, en particulier parce qu'il figure sur la liste noire de la MPAA (Motion Picture Association of America), qui refuse d'employer des artistes supposés de tendance communiste, Welles va jouer de nombreux rôles pour financer son nouveau projet : Othello.

Othello, 1952

Il va mettre quatre ans à tourner Othello (The Tragedy of Othello: The Moor of Venice), en utilisant de nombreux décors (Venise, Rome, ainsi que de nombreux lieux d'Italie et du Maroc) sans que cela soit visible ou handicapant, interrompant son film par manque de financement pour le reprendre quelques mois plus tard. Une fois encore, la réussite artistique est totale, le film recevant même une récompense à Cannes.

Dossier secret, 1955

Trois ans plus tard, il réalise Citizen Kane, pour des résultats artistiques et commerciaux très similaires.

La Soif du mal, 1958

En 1958, il se voit confier la réalisation de Peter Bogdanovich, Welles explique comment Don Quichotte, 1959, inachevé

Le héros de Cervantes, Don Quichotte avec son fidèle Sancho Pansa, d'après une illustration de Don Quichotte
. Le film ne verra jamais le jour de son vivant. Il va tourner pendant sept ans, interrompant volontairement le film, le plus souvent pour des raisons budgétaires. Il sera monté en 1992, suivant les notes laissées par Welles.

Le Procès, 1962

En 1962, il réalise Kafka, film baroque et déstabilisant, avec une distribution éclectique, qui s'achève sur le champignon atomique.

Falstaff, 1965

Trois ans plus tard, il met en scène [32].

Une histoire immortelle, 1967

Une histoire immortelle (The Immortal Story), est tiré d'une nouvelle de Karen Blixen intitulée L'éternelle histoire, laquelle se trouve dans le recueil Le festin de Babette, Paris, Gallimard, 1958. Le film est tourné avec Jeanne Moreau, Roger Coggio et Orson Welles lui-même.

Le Marchand de Venise, 1967, inachevé

Vérités et mensonges, 1975

Son dernier film, Vérités et mensonges (F for Fake) est une réflexion sur le cinéma, art de l'illusion, ainsi que sur les différentes techniques à mettre en œuvre. Son tout dernier travail

Filming Othello, 1978

César.

L'artiste

Acteur shakespearien génial et inspiré, scénariste inventif et puissant, réalisateur visionnaire et novateur, conteur magique d'histoires extraordinaires dans Vérités et mensonges, the wonder boy Orson Welles a su poser sur l'Amérique et la société moderne, sur le monde du spectacle et de la communication un regard lucide et sans complaisance. Son analyse du pouvoir des médias, dans La Soif du mal en France, Orson Welles rencontre André Bazin, journaliste et fondateur des Marcel Pagnol, La Chevauchée fantastique une quarantaine de fois avant de réaliser son premier film, Vittorio de Sica, Sergueï Eisenstein, René Clair et Roberto Rossellini, Nicholas Ray et Vincente Minnelli. Seul Stanley Kubrick trouve grâce à ses yeux. Du reste, il est possible de considérer Kubrick comme le meilleur disciple de Welles tant les deux artistes ont de points communs.

Sa carrière n'a pas été un long fleuve tranquille. Il a été obligé de batailler ferme pour mener à bien tous ses projets, qu'il s'agisse de théâtre ou de cinéma. Après 1946 et l'échec commercial cuisant du Jules Verne, au théâtre, il a eu des ennuis avec le fisc. Mais il a également connu des moments heureux. Il a pu monter quelques pièces de Shakespeare en Angleterre. Visionnaire et audacieux, il a monté, à New-York, Macbeth et transposé l'histoire de l'Écosse brumeuse à l'île d'Haïti sous le règne du roi Christophe, en faisant jouer des acteurs noirs. Sa passion pour le grand dramaturge anglais ne s'arrête pas au théâtre et au cinéma : il réalise plusieurs adaptations radiophoniques qu'il sortira par la suite en disque.

Il a collaboré avec le groupe de heavy-metal Manowar en prêtant sa voix pour des narrations sur les titres Dark Avenger et Defender.

Shakespeare

Orson Welles dès son plus jeune âge entretient une relation privilégiée avec le dramaturge anglais. Dans les multiples entretiens qu'il accordait, il ne cessait de répéter que Shakespeare était le plus grand poète de tous les temps. Le choc, dans le plus beau et le plus noble sens du terme, entre les deux artistes ne pouvait déboucher que sur des chefs-d'œuvre. Avant même de faire du cinéma, Welles maîtrisait parfaitement le théâtre de Shakespeare: Richard III, monstre du théâtre du dramaturge anglais, était à son répertoire. En 1939, il produit Les cinq rois, il refond plusieurs pièces, et le fait jouer par le Mercury Theatre. La consécration eut lieu dans les années 50, quelque temps après avoir terminé son adaptation de Othello. Grâce à l'aide de l'acteur Citizen Kane : un roi de la presse, qui cherche à étendre son empire, doit essuyer plusieurs échecs sentimentaux, relationnels et professionnels qui le conduiront à la solitude et à la mort. Nous retrouvons dans ce premier film de nombreuses thématiques shakespeariennes: un roi solitaire, tentant en vain de concilier ambition, pouvoir et vie de famille, et devant faire face à la trahison. Celle de ses amis, mais aussi la sienne propre, car Charles Kane trahit sa profession de foi. Ce thème de la trahison, et de l'échec qui s'ensuit, va se retrouver tout au long de son œuvre, mais également de sa vie professionnelle. Il suffit de penser à It's all true et

Macbeth et Banquo rencontrant les trois sorcières

Les adaptations qu'Orson Welles réalise sont chacune différentes mais également fascinantes. Macbeth est composé majoritairement de plans séquences très longs. Le seul couronnement du roi dure près de dix minutes. Le cinéaste plonge le film dans des brumes, rappelant celles d'Écosse, afin de cacher la pauvreté des décors. À l'inverse, Othello est composé d'environ deux mille plans. Véritable prouesse technique de Welles qui interrompt son film pour le reprendre quelques mois plus tard, une fois les finances arrivées. C'est également le film le thème de la trahison est sublimé : Othello est trompé par Iago qu'il croit être son ami, alors qu'en fait ce dernier ne sert que ses ambitions. Sa dernière adaptation est également grandiose puisqu'il s'agit de Citizen Kane, incarne le bouffon mais sincère Falstaff, renié par son ami devenu roi.

Orson Welles, acteur

Il joua dans plusieurs films, notamment en France il était très admiré : Paris brûle-t-il ? de René Clément, Si Versailles m'était conté et Napoléon de Sacha Guitry, avec qui il s'entendait à merveille. Les deux hommes avaient de nombreux points communs : hommes de théâtre et de radio, réalisateurs et acteurs, scénaristes de leurs propres films, ils possédaient le même humour noir et caustique.

Filmographie

Réalisateur

Courts métrages
Longs métrages

Acteur