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224 Djolu et al.

: Profil phytochimique et pharmaco-biologique des feuilles de Uvariodendron molundense

Profil phytochimique, pharmaco-biologique et cytotoxique des


feuilles de Uvariodendron molundense (Annonaceae)
R.D. DJOLU1, K.N. NGBOLUA2, J.B. ITEKU2, C.A. MASENGO1, D.D. TSHILANDA3, P.T. MPIANA3
(Reçu le 06/02/2023; Accepté le 27/04/2023)

Résumé
La présente étude a pour but l’étude phytochimique et évaluation des activités antidrépanocytaire, anti-inflammatoire, antiradica-
laire et cytotoxique des feuilles de Uvariodendron molundense, un produit forestier non ligneux (PFNL). Il ressort de cette étude
que la poudre des feuilles de ce PFNL contient les éléments histologiques caractéristiques tels que les fragments de parenchyme,
les cristaux d’oxalates de calcium, les fibres, les vaisseaux annelés, les grains d’amidon et les fragments de vaisseaux ponctués. Il
contient également les tanins, les saponosides, les flavonoïdes, les acides phénols, les iridoïdes, les anthocyanes, les anthrones, les
anthraquinones et les terpènes. La teneur en polyphénols totaux est de 442 ± 1,1 mg EAG/g d’extrait et tandis que celle des flavo-
noïdes totaux est de 7,0 ± 0,18 mg EQ/g d’extrait. L’activité antiradicalaire du percolât est supérieure à celle du décocté et les feuilles
de U. molundense ne sont pas cytotoxique (%Hemolyse <50 à 1000 µg/mL). Ces feuilles ont des propriétés anti-inflammatoires
qui est cependant faible pour le décocté (%I=35,8 ± 4,9) et moyenne pour le percolât (%I = 50 ± 3,3). Le décocté et le percolât des
feuilles de U. molundense ont des propriétés antifalcémiantes in vitro. Il est donc souhaitable qu’une étude phytochimique plus
approfondie soit réalisée sur les feuilles de U. molundense afin d’identifier ses molécules actives.
Mots clés: Uvariodendron molundense, Produit forestier non ligneux, alicament, drépanocytose, Médecine Traditionnelle

Phytochemical, pharmaco-biological and cytotoxic profile of the leaves of Uvariodendron molundense


Abstract
The aim of present study was to investigate and evaluate the phytochemical of the anti-sickle cell, anti-inflammatory, anti-free
radical and cytotoxic activities of the leaves of Uvariodendron molundense, a Non-timber forest product (NTFP). The study found
that the leaf powder of this NTFP contains the characteristic histological elements such as parenchyma fragments, calcium oxalate
crystals, fibres, ringed vessels, starch grains and punctate vessel fragments. It also contains tannins, saponosides, flavonoids, phe-
nolic acids, iridoids, anthocyanins, anthrones, anthraquinones and terpenes. The content of total polyphenols is 442 ±1.1 mg GAE/g
extract and that of total flavonoids is 7.0 ± 0.18 mg QE/g extract. The antiradical activity of the percolate is higher than that of the
decoctate and U. molundense leaves are not cytotoxic (%Hemolysis <50 to 1000 µg/mL). These leaves have anti-inflammatory
properties that are low for the decoction (%I=35.8 ± 4.9) and medium for the percolate (%I=50 ±3.3). Both the decoctate and the
percolate of U. molundense leaves have in vitro antisickling properties. It is therefore desirable that further phytochemical studies
be carried out on the leaves of U. molundense to identify the active molecules.
Keywords: Uvariodendron molundense, Non-timber forest product, medicinal product, sickle cell disease, traditional medicine

INTRODUCTION et al., 2007). Pour contourner les limites des options thé-
La drépanocytose est une maladie génétique qui se carac- rapeutiques mises au point par la médecine moderne, la
térise par la présence de l’hémoglobine anormale S (Hb S) phytothérapie est une alternative crédible pour laquelle la
dans le sang. Il s’agit d’une maladie autosomique récessive, majorité des malades y recoure (Mpiana et al., 2010a, b, c;
d’expression variable (Ngbolua, 2019; Cheikhouna, 2021; Mpiana et al., 2011; Masengo et al., 2021b). Les plantes
Masengo et al., 2021a). La présence de Hb S est la consé- médicinales fournissent non seulement un ingrédient actif,
quence d’une mutation ponctuelle sur le sixième codon du mais aussi une multitude de composés aux effets thérapeu-
gène β globine porté par le chromosome 11 chez l’homme. tiques complémentaires, formant un complexe biochimique
Il s’agit de la substitution d’une adénine par la thymine équilibré. Cependant, il faut faire preuve de prudence dans
(GAG→GTG) aboutissant au remplacement, au niveau leur utilisation, car souvent l’utilisation abusive et incon-
de la chaîne ß globine, de l’acide glutamique en position 6 trôlée de ces plantes pourrait exposer les individus à des
par la valine hydrophobe (Girot et al., 2003; Cheikhouna, effets secondaires malgré la présence des composés actifs
2021). La drépanocytose est un problème de santé publique (Gueyraud et al., 2019). En effet, les doses utilisées pour
étant donné que le taux de prévalence est très élevé dans les différents traitements traditionnels sont imprécises, c’est
le monde et en particulier en Afrique. En Afrique centrale pourquoi l’évaluation de l’efficacité et de la toxicité des
et de l’Ouest, 20 à 40% des sujets sont porteurs du trait biomolécules responsables des propriétés médicinales de
drépanocytaire. En République Démocratique du Congo Uvariodendron molundense s’avère nécessaire pour éviter
(RDC), plus de 2% de la population est touchée par cette les risques réels d’accidents thérapeutiques.
maladie, soit près d’un million et demi d’individus (Mpiana Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plus
et al., 2007; Tshilanda et al., 2015). Plusieurs options de 80% de la population en Afrique, d’une manière géné-
thérapeutiques ont été mises au point pour lutter contre la rale et en République Démocratique du Congo (RDC) en
drépanocytose, cependant, celles-ci n’apportent pas le suc- particulier, recourent à la médecine traditionnelle pour
cès souhaité et sont soit onéreuses, soit toxiques, et ne sont résoudre le problème de santé primaire. Le recours aux
pas accessibles aux populations à faibles revenus (Mpiana plantes médicinales pour divers problèmes de santé est

1
Département de l’Environnement, Faculté des Sciences, Université de Gbado-Lite, RD Congo
2
Département de Biologie, Faculté des Sciences, Université de Kinshasa, RD Congo
3
Département de Chimie, Faculté des Sciences, Université de Kinshasa, RD Congo
©
Revue Marocaine des Sciences Agronomiques et Vétérinaires • p-ISSN: 2028-991X www.agrimaroc.org
Rev. Mar. Sci. Agron. Vét. 11(2) (Juin 2023) 224-235 225

non seulement un choix, mais serait aussi lié à la pauvreté MATÉRIEL ET MÉTHODES
et aux coûts élevés des médicaments modernes (Ngbolua
et al., 2011a, b). La RDC est un véritable réservoir de Matériel
plantes médicinales alimentaires. Celles-ci jouent un rôle Le matériel végétal utilisé dans la présente étude est consti-
majeur dans le traitement de certaines maladies tropicales tué de feuilles de Uvariodendron molundense. Les échan-
courantes dont la drépanocytose (Mpiana et al., 2016; tillons de sang ont prélevés chez les sujets drépanocytaires
Ngbolua et al., 2019; Djolu et al., 2021). Cette hémoglo- venus en consultation au Centre de Médecine Mixte et
binopathie se caractérise par l’asplénie fonctionnelle et le d’Anémie SS «CMMASS» de Kinshasa/Kalamu. L’échan-
dysfonctionnement du shunt des pentoses phosphates, cet tillon de sang utilisé pour l'essai de cytotoxicité qualitatif
état favorise la septicémie et la production des radicaux et quantitatif a été prélevé auprès d’un volontaire sain. Les
libres; d’où l’existence d’un état inflammatoire permanent œufs de poule (Gallus gallus) ont été utilisés comme source
chez les drépanocytaires homozygotes (Dembele, 2020). A de l’ovalbumine dans le test anti-inflammatoire.
cet effet, la prise en charge de la drépanocytose doit prendre
en compte, en plus des causes intrinsèques, les aspects Méthodes
infectieux, inflammatoires et le stress oxydatif. Récolte, traitement et conditionnement des échantillons
La présente étude a pour objectifs d’identifiés les composés Les feuilles de Uvariodendron molundense utilisées dans la
chimiques et d’évaluer l’activité anti-drépanocytaire, anti- présente étude ont été récoltées au village Mbui (Latitude:
inflammatoire, anti-radicalaire et cytotoxique des feuilles de 4°16’16’’ N; Longitude: 21°7’23’’ E; Altitude: 400 m au-
Uvariodendron molundense. L’intérêt de cette étude est dessus de la mer), dans le Territoire de Mobayi-Mbongo,
évident car en cas de validation des propriétés pharmaco-bio- Province du Nord-Ubangi. La figure 1 montre la locali-
logiques des feuilles de cette plante, elle conduirait ainsi à la sation géographique du village Mbui dans la province du
mise au point d’un phyto-médicament à large spectre d’action Nord Ubangi en RDC.
dont la commercialisation peut favoriser la mise en place
effective du protocole de Nagoya sur le projet APA (Accès et Après la récolte du matériel végétal, les échantillons ont
partage des avantages issus de l’exploitation des ressources été séchés pendant environ un mois à l’abri du soleil puis
phytogénétiques) en République Démocratique du Congo. réduits en poudre à l’aide d’un broyeur électrique de
marque HSMFM.

Figure 1: Localisation géographique du village Mbui et ses environs (Province du Nord-Ubangi, RD Congo)
226 Djolu et al.: Profil phytochimique et pharmaco-biologique des feuilles de Uvariodendron molundense

Micrographie des poudres Agiter chaque tube dans le sens de la longueur pendant 15
La micrographie optique des poudres a été réalisée selon secondes: deux agitations par seconde, après avoir bouché
le mode opératoire ci-après: avec le pouce. Laisser reposer pendant 15 minutes et mesu-
rer la hauteur de la mousse. Si elle est inférieure à 1 cm dans
• Déposer sur une lame porte-objet 2 à 3 gouttes du réactif tous les tubes, l’indice est inférieur à 100 (négligeable). Si
de Steinmetz; elle est de 1 cm dans l’un des tubes, la dilution de la drogue
• Laisser tomber avec précaution dans ce réactif, une petite dans ce tube est l’indice de mousse (Mpiana et al., 2007).
quantité de poudre prélevée avec soin au moyen d’une fine Screening phytochimique par Chromatographie sur Couche
spatule; Mince (Ngbolua et al., 2021b)
• Couvrir à l’aide d’une lamelle et appuyer légèrement pour Recherche des flavonoïdes et acides phénoliques
homogénéiser la préparation;
Préparation des échantillons
• Absorber les bavures et essuyer le dessous de la lame
porte-objet à l’aide d’un papier essuie-tout. 1 g de drogue pulvérisé est extrait sous agitation par 5 mL
de méthanol durant 10 minutes, 10 mL de filtrat sont utilisés
• Dès lors, on peut pratiquer l’examen micrographique pour l’analyse CCM.
(agrandissements, etc.).
La surface externe de la lamelle doit au préalable être
débarrassée de toute trace de réactif ou de poudre à exa- • Phase stationnaire: Silicagel F254
miner. Il faut également veiller à effectuer des préparations • Phase mobile 1: acétate d’éthyle-acide formique-métha-
très légères, de façon à bien répartir les tissus et à éviter des nol-eau (40:1:5:4)
superpositions (Inkoto et al., 2021; Ngbolua et al., 2021b). Témoin: Acide chlorogénique et Rutine 1 mg/mL (métha-
nol) dépôt: 10 µL
Analyse phyto-chimique qualitative
• Phase mobile 2: dichlorométhane -acide formique-acé-
Préparation des extraits de U. molundense tone (40:5:10)
Les extraits ont été préparés par dissolution des poudres Témoin: Acide gallique, Quercétine, Kampferol et acide
de la plante dans un solvant approprié selon le rapport rosmarinique: 1 mg/mL (méthanol) dépôt: 10 µL
1:10 (p/v).
• Détection: le chromatogramme, une fois développé, est
Réactions en solution observé sous UV à 254 et 366 nm puis est pulvérisé à l’aide
Les réactions de caractérisation ont été effectuées en du réactif de Neu (DPBAE/PEG) et observé sous UV à 366
tubes (tests en solution). Il s’agit en effet d’une analyse nm. La présence de flavonoïdes se marque par la présence
qualitative basée sur des réactions de coloration et/ou de de spots fluorescents de couleurs diverses (jaune-orange-
précipitation. vert) variant en fonction de la structure des composés mis
Recherche de tanins totaux en évidence. Les fluorescences bleues sont souvent dues à
A 2 mL de la solution obtenue au test général des flavo- des acides phénoliques.
noïdes, on ajoute quelques gouttes d’une solution de chlo- Recherche des Iridoïdes
rure ferrique (FeCl3) à 1%. L’obtention d’une coloration Préparation des échantillons
bleue foncée, noire ou verte indique la présence des tanins On utilise la solution préparée au test des flavonoïdes:
(Mpiana et al., 2007). Dépôts de 10 µl.
Recherche d’Alcaloïdes Conditions chromatographiques
1 g de drogue sont introduits dans un erlenmeyer à large • Phase stationnaire: Silicagel F254
col et additionnés de quelques gouttes de HCl 5% dans 5
• Phase mobile: acétate d’éthyle-méthanol-eau (50:6,75:5)
mL d’eau distillée. On bouche et on laisse macérer 24 H, en
agitant de temps en temps. On filtre sur un coton d’ouate. • Révélation: acide sulfurique à 5% dans l’éthanol
Sur 1 mL de filtrat, on ajoute 5 gouttes de réactif de Mayer • Chauffage 10 minutes à 100 °C.
(1,36 g de HgCl2 et 5 g de KI mis dans 100 mL d’eau). Pour Les iridoïdes vrais donnent des colorations et les autres
le test de Mayer, prendre 100 µL de filtrat et ajouter 1 goutte terpènes se colorent en noir.
de réactif de Mayer. La présence d’alcaloïdes se manifeste
Recherche des Anthocyanes
par la formation d’un précipité blanc (Mpiana et al., 2007).
Préparation des échantillons
Recherche de Saponosides
On utilise la solution préparée au test des flavonoïdes:
Les saponines sont mises en évidence par l’indice de
Dépôts de 10 µl.
mousse qui est fourni par le degré de dilution d’un décocté
aqueux de la drogue qui, dans des conditions détermi- Conditions chromatographiques
nées donne une mousse persistante. Ainsi, dans une fiole • Phase stationnaire: Silicagel F254
conique de 500 mL, renfermant 100 mL d’eau bouillante, • Phase mobile: acétate d’éthyle-acide formique -eau
introduire 2 g de poudre de drogue. Maintenir une ébulli- (50:5:20)
tion modérée pendant 30 minutes. Filtrer, ajuster le volume • Après mélange dans une ampoule à décanter, la phase
à 100 mL après refroidissement. Dans une série d 10 tubes inférieure qui se forme est éliminée, la phase supérieure
à essai de 16 cm de haut et 16 mm de diamètre, mesurer est utilisée comme phase mobile.
successivement 1, 2, 3, 4…, 10 mL de décocté et ajuster
le volume de chaque tube à 10 mL avec l’eau distillée. • Témoin: D-catéchine
Rev. Mar. Sci. Agron. Vét. 11(2) (Juin 2023) 224-235 227

• Révélation: Vanilline phosphorique. • Mélanger 10 mL de toluène, 10 mL d’éther et 10 mL


• Chauffage 10 minutes à 100 °C. d’acide acétique à 10% dans une ampoule à décanter. La
phase inférieure est éliminée, la phase supérieure est utili-
Les anthocyanes donnent des colorations roses.
sée comme phase mobile.
Anthraquinones (hétérosides anthracéniques)
• Révélation: Observation sous UV à 254 et 366 nm.
Préparation d’échantillon
• Pulvérisation de KOH éthanolique à 10%.
On utilise la solution préparée lors du test des flavonoïdes.
Les coumarines donnent une fluorescence bleue.
Conditions chromatographiques
Dosage de quelques métabolites secondaires (Ngbolua et
• Phase mobile: acétate d’éthyle-méthanol-eau (50: 6,75: 5) al., 2021b)
• Révélation: Observation sous UV à 254 et 366 nm. Dosage des polyphénols totaux
• Pulvérisation de KOH éthanolique à 10%. La teneur en polyphénols totaux de nos extraits a été détermi-
Les anthraquinones sont colorées en rouge et donnent née en utilisant la méthode de Folin-Ciocalteu. Brièvement,
une fluorescence rouge à 366 nm et les anthrones (aloïne) 10 mg/mL de chaque extrait ont été dilué dans le méthanol
donnent une couleur jaune. 80% de façon à obtenir une solution de 1 mg/mL pour chaque
Terpènes extrait. Ensuite nous avons préparé pour chaque extrait un
Préparation d’échantillons mélange réactionnel composé de 0,5 mL d’extrait; 5,0 mL
d’eau distillée et 0,5 mL du réactif de Folin-Ciocalteu. Après
1 g de drogue pulvérisée est extrait sous agitation par 6 mL trois minutes, nous avons ajouté 1,0 mL d’une solution
d’acétate d’éthyle durant 15 minutes (Dépôt de 10 µL). saturée de Na2CO3 20%. Les mélanges ainsi préparés sont
Conditions chromatographiques agités et incubés à la température du laboratoire à l’abri de
• Phase stationnaire: Silicagel F254 la lumière pendant une heure. Les absorbances sont lues au
• Phase mobile: toluène-acétate d’éthyle (27:3) spectrophotomètre à 725 nm. Chaque dosage a été répété
trois fois. La quantité des polyphénols totaux est exprimée
• Témoin: Thymol, menthol, acide oléanique: 1 mg/mL en mg équivalents d’acide gallique (GAE)/g d’extrait sec
(méthanol) dépôt: 10 µL en utilisant l’équation suivante: y = 0,0037x + 0,0218;
• Révélation: Vanilline sulfurique. R² = 0,9899: Où x est l’absorbance et y l’équivalent d’acide
• Chauffage 10 minutes à 100 °C. gallique (mg/g).
Les terpènes donnent diverses couleurs avec ce réactif. La droite d’étalonnage pour le dosage de polyphénols
Coumarines totaux est reprise dans la figure 2.
Préparation d’échantillon Dosage des flavonoïdes totaux
On utilise la solution préparée au test des terpènes: dépôt Nous avons estimé la teneur en flavonoïdes totaux de nos
de 10 µl. extraits en suivant une méthode spectrophotométrique. Le
trichlorure d’aluminium forme un complexe jaune avec les
Conditions chromatographiques flavonoïdes qui absorbe à 415 nm. Le mélange réactionnel
• Phase mobile: toluène-éther (1:1, saturé avec l’acide contient 1 ml de la solution méthanolique (80%) de chacun
acétique 10%).

Figure 2: Droite d’étalonnage pour le dosage de polyphénols totaux


228 Djolu et al.: Profil phytochimique et pharmaco-biologique des feuilles de Uvariodendron molundense

des extraits de concentration 25 mg/mL et 1 mL d’AlCl3 2% • Concentrer le percolât à sec à l’évaporateur rotatif
(dissout dans le méthanol) et le tout a été bien agité. Après • Peser et conserver entre 4 °C et 8 °C l’extrait sec obtenu.
une heure d’incubation à la température du laboratoire et à
Préparation des échantillons pour analyse
l’abri de la lumière, nous avons mesuré les absorbances au
spectrophotomètre à 415 nm. Les mélanges ont été préparés • Dissoudre 10 mg d’extrait sec de chaque échantillon dans
en triplicata pour chaque analyse et la valeur moyenne était 1 mL de méthanol pour les extraits organiques et dans 1
retenue. Pour la préparation du blanc, nous avons mis 1 mL mL du mélange DMSO-Eau (1:1) pour les extraits aqueux
de méthanol (80%) et 1 mL d’AlCl3 (2%). La teneur en flavo- (solution A: 10 mg/mL).
noïdes des extraits est exprimée en mg équivalent de quercé- • Réaliser des dilutions pour avoir les niveaux de concen-
tine (QE)/g d’extrait sec correspondant en utilisant l’équa- trations suivantes: 0,5 mg/mL, 0,4 mg/mL, 0,3 mg/mL, 0,2
tion issue de la droite d’étalonnage: y = 0,0542 x - 0,0367; mg/mL et 0,1 mg/mL.
R² = 0,9874: Où x est l’absorbance et y l’équivalent de Test à l’ABTS
quercétine (mg/g). Le principe de ce test est basé sur la réaction de l’ABTS
La droite d’étalonnage pour le dosage de flavonoïdes totaux (Acide 2,2’-azino-bis-3éthylBenz-Thiazoline-6-Sulfo-
est reprise dans la figure 3. nique) avec le persulfate de potassium ou de sodium (K2S2O8
Évaluation de l’activité anti-radicalaire ou Na2S2O8), qui forme le radical cationique ABTS•+ de cou-
leur bleue à verte. L’ajout d’antioxydant réduit ce radical
Préparation d’extraits et provoque la décoloration du mélange. La décoloration
Les extraits utilisés dans l’évaluation des propriétés du radical mesurée par spectrophotométrie à 734 nm est
pharmaco-biologiques sont de deux types: le décocté et proportionnelle à la concentration en antioxydants.
le percolât. Ces extraits ont été préparés selon les modes Préparation du radical ABTS•+
opératoires ci-dessous:
• Dissoudre dans 500 µL d’eau distillée une quantité du
Décoction radical ABTS correspondant à 20 millimoles: solution A
• Peser 10 g de poudre végétale • Dissoudre dans 500 µL d’eau distillée une quantité persul-
• Ajouter 100 mL d’eau fate de potassium (K2S2O8) correspondant à 10 millimoles:
• Porter à ébullition le mélange (eau + poudre) durant 3 à solution B
5 minutes • Mélanger à volume égal la solution A et B et garder le
• Filtrer puis évaporez à sec à l’évaporateur rotatif mélange à l’abri de la lumière pendant 12 à 16 heures:
• Placer l’extrait à l’étuve pendant 24 heures solution mère du radical ABTS•+
• Peser et conserver entre 4 et 8 °C l’extrait obtenu. • Diluer autant de fois la solution mère du radical avec le
méthanol pour avoir une solution d’analyse dont l’absor-
Percolation bance varie entre 0,6 et 0,8.
• Mouiller 10 g de poudre avec le mélange Méthanol/Dichlo- Mise en contact de l’échantillon avec le radical
rométhane (1:1) (solvant d’extraction) pendant 15 minutes
• Dans un tube à essais, placer 20 µL de méthanol avec
• Placer la poudre mouillée dans le percolateur (capacité: 1980 µL de la solution du radical ABTS•+: solution control
100 mL) (à 3 répétitions).
• Ajouter 10 à 20 mL du solvant et laisser macérer pendant • Dans un tube à essais, placer 20 µL de la solution de
48 heures l’échantillon pour chaque niveau de concentration (3
• Laisser couler goutte à goutte le percolât à une vitesse lente répétitions), ajouter à la solution 1980 µL de la solution
• Renouveler le solvant jusqu’à épuisement total (volume d’analyse du radical ABTS•+
final au moins 200 mL de percolât) • Laisser incuber à l’abri de la lumière pendant 30 minutes.

Figure 3: Droite d’étalonnage pour le dosage de flavonoïdes totaux


Rev. Mar. Sci. Agron. Vét. 11(2) (Juin 2023) 224-235 229

Lecture de l’absorbance à 734 nm la solution physiologique) avec 1 mL d’extrait (1 mg/mL).


Faire la lecture successive des solutions (3 répétitions) au Le contrôle positif est constitué du mélange l’eau distillée
spectrophotomètre à 734 nm: le contrôle négatif (métha- (1 mL) avec du sang dilué (2,5% dans NaCl 0,9%) tandis
nol) et les solutions des échantillons. que le contrôle négatif est constitué de la solution physio-
logique (NaCl 0,9%: 1 mL) avec du sang dilué (2,5% dans
Détermination du pouvoir d’inhibition du radical
NaCl 0,9%: 1 mL). Les différents mélanges sont incubés à
Le pourcentage d’inhibition du radical ABTS•+ par la la température ambiante pendant 30 minutes puis centrifu-
drogue est déterminé à l’aide de la formule suivante: gés à 380 g pendant 5 minutes. La Densité optique (DO)
% d’inhibition = [1 – (Ax/Ac)] x100 du surnageant est lue à 540 nm au spectrophotomètre UV-
Ax: l’absorbance du radical ABTS•+ en présence de l’extrait visible. Pour l’extrait organique, le contrôle négatif: 1 mL
Ac: l’absorbance du radical ABTS•+ (solution contrôle) NaCl 0,9% plus 1e goutte de DMSO. Le taux d’hémolyse
est évalué à l’aide de la formule suivante:
Test au radical DPPH
Cette méthode est basée sur la dégradation du radical DPPH
(2,2 DiPhenyl-1- PicrylHydrazyle). Le radical DPPH est un
radical de couleur violette, l’ajout d’antioxydant réduit ce L’extrait est considéré comme cytotoxique lorsqu’à 10 µg/
radical et provoque la décoloration du mélange; cette déco- mL, le taux d’hémolyse est ≥ 50% (Ngbolua et al., 2011a,
loration du radical mesurée par spectrophotomètre à 517 b; Gbolo et al., 2021).
nm est proportionnelle à la concentration en antioxydants.
Test anti-inflammatoire (Dénaturation thermique de l’ovalbumine)
Préparation du radical DPPH
Le test est réalisé selon la méthode décrite par Kumari et al.
• Dissoudre 0,25 mg de DPPH dans 200 mL de méthanol (2015) avec légère modification. Le mélange réactionnel
• Garder la solution à l’abri de la lumière pendant au moins est constitué de 200 µL d’albumine d’œuf, de 1600 µL de
une heure tampon phosphate salin [PBS: 137 mM NaCL (8,0 g/L), 2,7
Mise en contact de l’échantillon avec le radical mM KCl (0,2 g/L), 10 mM Na2HPO4 (1,44 g/L), 1.76 mM
• Dans un tube à essai, placer 20 µL de méthanol avec KH2PO4 (0,24 g/L); pH 6.8] et de 1000 µL d’eau distillée
1980 µL de la solution du radical DPPH: solution contrôle ou de l’extrait (250 µg/mL). Ensuite, le mélange est incubé
(3 répétitions). à 37 °C pendant 15 minutes puis chauffé à 70 °C pendant 5
minutes. Après refroidissement, l’absorbance est mesurée
• Dans un tube à essai, placer 20 µL de la solution de l’échan- aux longueurs d’ondes d’absorption au spectrophotomètre
tillon pour chaque concentration (3 répétitions), ajouter à la à 650 et 690 nm. Le Diclofénac sodique (250 µg/mL) est
solution 1980 µL de la solution d’analyse du radical DPPH utilisé comme contrôle positif tandis que l’eau distillée est
• Laisser incuber à l’abri de la lumière pendant 30 minutes. utilisée comme témoin négatif. L’expérience est réalisée en
Lecture de l’absorbance à 517 nm triple. Le taux d’inhibition de la dénaturation thermique de
Faire la lecture successive des solutions pour chaque concen- l’ovalbumine est calculé à partir de la relation:
tration (3 répétitions) au spectrophotomètre à 517 nm: le
contrôle négatif (méthanol) et les solutions des échantillons.
Détermination du pouvoir d’inhibition du radical Évaluation de l’activité anti-drépanocytaire
Le pourcentage d’inhibition du radical DPPH par la drogue Les solutions mères d’extraits de plantes sont préparées par
a été déterminé à l’aide de la formule suivante: simple dilution à raison de 1 mg/mL. Des dilutions sérielles
% d’inhibition = [1 – (Ax/Ac)] x 100 successives sont réalisées pour obtenir des solutions qui
peuvent aller jusqu’à 0,31 mg/mL. Le sang drépanocytaire
Ax: l’absorbance du radical DPPH en présence de l’extrait (0.5 mL) est préalablement dilué avec 2 mL du mélange
Ac: l’absorbance du radical DPPH (solution contrôle) d’extraits - Na2S2O5 2% (v/v). Les préparations microsco-
Test de cytotoxicité piques sont réalisées en plaçant sur la lame porte- objet une
goutte de sang dilué et une goutte de la drogue. La solution
Test de cytotoxicité qualitative
est recouverte par une lamelle et les bords des lamelles sont
Le principe de ce test est basé sur l’évaluation des dom- recouverts avec la paraffine (bougie) en surfusion en vue de
mages membranaires à l’aide de globules rouges. La capa- créer l’hypoxie. Ces différentes préparations sont observées
cité d’induction de l’apoptose de l’extrait de la plante sur les au microscope optique 24 heures après (Ngbolua et al., 2013).
érythrocytes humains a été évaluée en traitant les échantil-
lons de sang avec 0,1% d’extrait pendant 1 h à température Considérations éthiques
ambiante, et en utilisant le NaCl 0.9% comme témoin. Les Le protocole de recherche de cette étude a été approuvé par
frottis sanguins ont ensuite été préparés, séchés, fixés et le Comité d’éthique du département de Biologie de l’Uni-
colorés par la méthode May-Grunwald-Giemsa. Après cela, versité de Kinshasa. L’étude a respecté les principes de la
les frottis sanguins ont été observés au microscope optique déclaration d’Helsinki (consentement libre des enquêtés,
(OPTIKA) et les images des globules rouges ont été prises etc.). Toutes les règles de confidentialité et d’éthique ainsi
en utilisant un smartphone (Prajitha et Thoppil, 2017). que les règles d’accès et partage des avantages (APA) liés
Test de cytotoxicité quantitative à l’utilisation des ressources phytogénétiques en vigueur
en République démocratique du Congo ont été respectées
Le test est réalisé en mélangeant 1 mL de sang dilué à 2,5% dans cette étude.
(avec du NaCl 0,9%: 2,5 mL de sang total plus 100 mL de
230 Djolu et al.: Profil phytochimique et pharmaco-biologique des feuilles de Uvariodendron molundense

RÉSULTATS ET DISCUSSION
Micrographie
Les résultats des analyses microscopiques de la poudre
des feuilles de Uvariodendron molundense sont données
dans la figure 4.
L’analyse microscopique de la poudre des feuilles de Uva-
riodendron molundense a permis de mettre en évidence
la présence des fragments de parenchyme (A), cristaux
d’oxalates de calcium (B), fibres (C), vaisseaux annelé
(D), grains d’amidon groupés et isolés (E) et fragments de
vaisseaux ponctués (F) (Figure 4).
Analyse phytochimique qualitative Figure 5: Profil chromatographique des extraits des feuilles
Les résultats du criblage phytochimique en solution effectué de Uvariodendron Molundense
sur les feuilles de Uvariodendron molundense ont indiqué coumarines dans nos échantillons. Tous les composés phy-
la présence des tanins totaux et des saponosides. Cepen- tochimiques identifiés ont des propriétés pharmacologiques
dant, elles ne contiennent pas d’alcaloïdes. Ces résultats intéressantes, c’est notamment le cas des anthocyanes, des
sont similaires à ceux obtenus par Ngbolua et al. (2017) et flavonoïdes et des acides phénoliques dont l’activité anti-
confirme la présence des tanins et saponosides. Cependant, drépanocytaire in vitro est bien établie (Mpiana et al., 2008;
il est rapporté dans la littérature que cette espèce contiendrait Mpiana et al., 2010; Ngbolua et al., 2015; Tshilanda et al.,
des alcaloïdes. La différence dans la composition chimique 2016; Gbolo et al., 2022). En effet, l’action thérapeutique
de cette bio-ressource pourrait s’expliquer en fonction de des plantes résulte de ces éléments phytochimiques ou
plusieurs facteurs qui peuvent l’influencer. Des études ont métabolites secondaires (Lagnika et al., 2016).
montré que les facteurs extrinsèques (tels que les facteurs
géographiques et climatiques), les facteurs génétiques, mais Analyse quantitative
également le degré de maturation de la plante et la durée de Les résultats du dosage des métabolites secondaires sont
stockage ont une forte influence sur le contenu en métabo- donnés dans le tableau 1.
lites secondaires (Ngbolua et al., 2011a, b). Il ressort du tableau 1 que les extraits de feuilles de Uva-
La figure 5 donne le profil chromatographique des extraits riodendron molundense présentent une teneur en poly-
méthanolique et à l’acétate d’éthyle de Uvariodendron phénols totaux de 441,7 ± 1,10 mg EAG/g d’extrait et en
molundense. flavonoïdes de 6,987 ± 0,185 mg EQ/g d’extrait.
L’analyse chromatographique a révélé la présence des fla- Il a été rapporté par les travaux de Ngbolua et al. (2017)
vonoïdes (A), des acides phénols (B des iridoïdes (C), des des valeurs faibles comparativement à notre étude, soit 93,4
anthocyanes (D) et des anthrones (E), des anthraquinones ± 0,10 pour les polyphénols totaux et 2,55 ± 0,77 pour les
(F) et des terpènes (G). Il faut cependant noter l’absence des flavonoïdes (pour les extraits méthanoliques). Soit 146,4

Figure 4: Micrographie de la poudre des feuilles de Uvariodendron molundense (A, B, C, D, E et F) observée au micros-
cope optique (binoculaire)
Rev. Mar. Sci. Agron. Vét. 11(2) (Juin 2023) 224-235 231

± 0,20 pour les polyphénols totaux et 2,66 ± 0,48 pour les Les résultats de la présente étude montrent que U. molun-
flavonoïdes (pour les extraits d’Acétate d’éthyle). Soit dense constitue une source d’antioxydants naturels pour
116,6 ± 0,19 pour les polyphénols totaux et 1,96 ± 0,17 lutter contre le stress oxydatif généré par les maladies
pour les flavonoïdes (pour les extraits de n-hexane). chroniques telles que la drépanocytose.
La présence de ces métabolites secondaires justifie l’utili- L’une des principales caractéristiques de la drépanocytose
sation de cette plante en médecine traditionnelle. En effet, est la production d’une grande quantité de radicaux libres,
les composées phénoliques tels que les anthocyanes et les conduisant à un stress oxydatif grave et à la consommation
flavonoïdes sont doués des propriétés antidrépanocytaires du monoxyde d’azote par des radicaux libres de l’oxygène.
(Mpiana et al., 2008; Gbolo et al., 2022). Le stress oxydatif affecte également le rapport Fe3+/Fe2+,
Évaluation de l’activité anti-oxydante assez élevé dans les cellules falciformes, et est impliqué
dans l’hémolyse des drépanocytes. Les propriétés antioxy-
L’évolution du taux d’inhibition du radical DPPH en fonction dants d’une plante indiqueraient donc également son action
de la concentration de la drogue est reprise dans la figure 6. sur la drépanocytose (Mpiana et al., 2016).
Il ressort de cette figure que le taux d’inhibition du radical Les résultats de l’inhibition du radical ABTS sont donnés
DPPH est dose-dépendant. La concentration de la drogue qui dans la figure 8.
inhibe 50% de radical DPPH en solution est de 42,3 µg/mL. Il ressort de cette figure que l’inhibition du radical ABTS
Il faut cependant noter que cette activité antiradicalaire peut par les extraits de Uvariodendron molundense est directe-
être affectée par la chaleur. En effet, la décoction réduit de plus ment proportionnelle à leur concentration; et ces extraits
de 50% l’activité antioxydante des feuilles de Uvariodendron ont montré une meilleure activité. Le radical ABTS est un
molundense, comme on peut le constater dans le tableau 2. modèle qui réagit aussi bien avec les composées polaires
Il est ainsi conseillé aux utilisateurs de cette plante alica- qu’apolaires alors que le radical DPPH ne réagit qu’avec
mentaire de l’utiliser sous forme d’infusion en lieu et place les composés polaires (Heroual et al., 2020). Les résultats
de la décoction afin de prévenir la dénaturation thermique de ce travail montent que nos extraits possèdent un effet
des principes actifs et ainsi garantir ses effets biologiques. réducteur, qui pourrait être dû à sa richesse en composés
En comparant les deux drogues à base des feuilles de polyphénoliques (Melakhessou, 2019).
Uvariodendron molundense (percolât et décocté) (Figure
12), on peut clairement voir cette différence d’activité. En
effet, la figure 16 indique que le percolât est plus actif que le
décocté. A 100 µg/mL, l’inhibition du radical DPPH par le
percolât est 5 fois supérieure à celui du décocté (Figure 7).

Figure 7: Inhibition du radical DPPH par les extraits de Uva-


Figure 6: Taux d’inhibition du radical DPPH riodendron molundense
Tableau 1: Teneur en polyphénols totaux et flavonoïdes des feuilles de Uvariodendron molundense
Polyphénols totaux Flavonoïdes totaux
Absorbance Concentration Moyenne ± Écart-type Absorbance Concentration Moyenne ± Écart-type
1,656 441,7 441,7 ± 1,10 0,333 6,821
1,661 443,0 mg EAG/g d’extrait 0,337 6,895 6,987 ± 0,185
1,651 440,3 0,356 7,245 mg EQ/g d’extrait
Légende: EGA/g: Équivalent d’acide gallique par gramme d’extrait sec; EQ/g: Équivalent de quercétine par gramme d’extrait sec

Tableau 2: Résultats de l’inhibition du radical DPPH


Ci (mg/mL) Cf (µg/mL) %I Percolât %I Décocté Réduction activité (%Δ)
2 20 32,3 10,0 69,0
4 40 45,4 10,7 76,5
6 60 68,8 13,2 80,7
8 80 79,7 16,3 79,5
10 100 90,7 19,7 78,2
Légende: Ci: Concentration initiale; Cf: Concentration finale et %I: Pourcentage d’Inhibition
232 Djolu et al.: Profil phytochimique et pharmaco-biologique des feuilles de Uvariodendron molundense

Test de cytotoxicité
Les résultats du test de cytotoxicité qualitative réalisé avec
la drogue à base de Uvariodendron molundense sont repris
dans la figure 9.
L’évaluation de la cytotoxicité a montré que les feuilles de
Uvariodendron molundense n’a aucun effet sur les érythro-
cytes attestant que la plante n’est pas toxique vis-à-vis de ces
cellules. En effet, les bords des globules rouges sont lisses.
Les résultats du test de cytotoxicité quantitative de Uva-
riodendron molundense sont représentés dans la figure 10.
Il ressort de la figure 10 que le décocté est plus hémolytique
que le percolât (%H 25,3 ± 4,40 vs 17,6 ± 6,03). Cependant,
à 1000 µg/mL, le taux d’hémolyse est <50% et que cette
différence n’est pas significative (p >0,05). Ceci montre le Figure 8: Inhibition du radical ABTS par les extraits des
caractère moins toxique de cette plante garantissant ainsi feuilles de U. molundense (UMF)
son innocuité en médecine traditionnelle. Il n’existe donc
pas de différence significative entre le décocté et le per-
colât de Uvariodendron molundense quant à leur pouvoir
hémolytique, celui-ci étant inférieur à 50%.
Test anti-inflammatoire
Les résultats de l’effet de drogues sur la dénaturation
thermique de l’ovalbumine in vitro sont donnés dans la
figure 11.
L’activité anti-inflammatoire d’une drogue peut être évaluée
à partir de son taux d’inhibition de la dénaturation thermique
de l’ovalbumine in vitro (%I). Ainsi, lorsque %I <0 (Effet
hyperchrome), le produit est dit inactif; Lorsque 0 < %I <
46,7 ± 19,1 (Diclofenac sodique: contrôle positif), le produit Figure 9: Effet de la drogue (1000 µg/mL) sur les érythro-
est faiblement actif; Lorsque 46,7 ± 19,1 < %I <75, le produit cytes (cytotoxicité) (500x): percolât (A) et décocté (B)
est actif et si 75 < %I <100, il est très actif. Il ressort de cette
étude que le décocté des feuilles de Uvariodendron molun-
dense (UMFD: 35,8 ± 4,95 %) est faiblement actif tandis
que le percolât (UMFP: 50,3 ±3,63 %) est actif (Figure 11).
La drépanocytose est associée à une inflammation chro-
nique qui peut à terme provoquer des insuffisances au
niveau des organes vitaux tels que le foie, les reins, le cœur,
etc. Cette inflammation peut être due à une activation anor-
male des monocytes. En effet, l’hémoglobine malade (Hb
S) libérée lors de l’hémolyse de l’érythrocyte peut se lier
aux récepteurs TLR4 localisés à la surface des monocytes et
déclencher l’inflammation (Dembele, 2020). Cette dernière
est une composante clé que l’on doit prendre en compte lors
de la définition des stratégies thérapeutiques pour la prise en Figure 10: Taux d’hémolyse érythrocytaire de Uvarioden-
charge symptomatologique de la drépanocytose. Il faut en dron molundense
outre noter que l’inflammation est entretenue chez les sujets
drépanocytaires par la falciformation des érythrocytes, les
infections microbiennes et les radicaux libres. Elle se carac-
térise sur le plan clinique par une élévation du taux sérique
de la protéine C-réactive, de l’alpha 1 glycoprotéine acide et
une diminution du taux de la transferrine (Dembele, 2020).
Dans le cas particulier du stress oxydatif, l’organisme
considère les radicaux libres excessifs comme des agents
pathogènes (responsables de l’hyperplasie intimale des
vaisseaux sanguins) et déclenche une réponse inflamma-
toire pour tenter de les éliminer (Masengo et al., 2021b).
Il a été ainsi démontré que l’inflammation chez les drépa-
nocytaires peut être modulée par le facteur de transcription
NF-kB via les voies de transduction des signaux impliquant
les protéines p38 MAPK et JNK ainsi que les éicosanoides Figure 11: Effet de drogues sur la dénaturation thermique de
(Masengo et al., 2021b). l’ovalbumine in vitro
Rev. Mar. Sci. Agron. Vét. 11(2) (Juin 2023) 224-235 233

A cet effet, la protéine C-réactive, l’alpha 1 glycoprotéine CONCLUSION


acide, le facteur de transcription NF-kB, la xanthine
oxydase et la cyclo-oxygénase constituent des cibles La présente étude avait pour but l’étude phytochimique et
moléculaires de choix pour le développement des médi- évaluation des activités antidrépanocytaire, anti-inflamma-
caments anti-drépanocytaires en sus de l’hémoglobine S, toire, antiradicalaire et cytotoxique in vitro des feuilles de
la 2,3-DPG mutase et le canal potassique de Gardos. La Uvariodendron molundense de la famille d’Annonaceae.
présence de flavonoïdes dans Uvariodendron molundense Il ressort de cette étude que:
lui confère cette activité anti-inflammatoire. En effet, les • La poudre des feuilles de U. molundense contient les frag-
flavonoïdes possèdent des propriétés anti-inflammatoires ments de parenchyme, les cristaux d’oxalates de calcium,
et sont capables de moduler le fonctionnement du système les fibres, les vaisseaux annelés, les grains d’amidon et les
immunitaire par inhibition de l’activité des enzymes qui fragments de vaisseaux ponctués;
peuvent être responsables de l’inflammation. Ils peuvent
• Ces feuilles contiennent les tanins, les saponosides, les
aussi moduler l’adhésion des monocytes durant l’inflam-
flavonoïdes, les acides phénols, les iridoïdes, les antho-
mation athérosclérosique en inhibant l’expression des
cyanes, les anthrones, les anthraquinones et les terpènes;
médiateurs inflammatoires et certains sont capables d’inhi-
ber l’histamine (Melakhessou, 2019). • La teneur en polyphénols totaux est de 441,7 ± 1,10 mg
EAG/g d’extrait et tandis que celle des flavonoïdes totaux
Évaluation de l’activité anti-drépanocytaire est de 6,99 ± 0,185 mg EQ/g d’extrait;
La figure 12 donne la morphologie d’érythrocytes drépa- • L’activité antiradicalaire du percolât est supérieure à celle
nocytaires non traités et traités avec des extraits de Uva- du décocté;
riodendron molundense. • Les feuilles de U. molundense ne sont pas cytotoxique
L’analyse de la figure 12 montre que toutes les cellules (%Hemolyse <50 à 1000 µg/mL);
du témoin sont en forme de faucille, ce qui confirme que • Les feuilles de U. molundense sont douées des propriétés
le sang provient d’un sujet drépanocytaire. Cependant, anti-inflammatoires. Cette activité est cependant faible
en présence d’extrait (décocté/percolât) les drépanocytes pour le décocté (%I = 35,8 ± 4,95) et moyenne pour le
reprennent la forme circulaire biconcave en conditions percolât (%I = 50,3 ± 3,31);
d’hypoxie. Ces résultats indiquent que nos principes actifs
réduisent l’ellipsoïdité des drépanocytes en conditions • Le décocté et percolât des feuilles de U. molundense sont
hypoxiques. Ainsi nos drogues pourraient prévenir toutes douées des propriétés antifalcémiantes in vitro.
les complications liées à la falciformation. Ces résultats Il est donc souhaitable qu’une étude phytochimique plus
sont conformes à ceux obtenus par Ngbolua et al. (2017). approfondie soit réalisée sur les feuilles de Uvariodendron
La bio-activité observée pourrait être due aux métabolites molundense afin d’identifier les molécules actives.
secondaires tels que les anthocyanes qui agit en empêchant
la polymérisation des molécules de désoxyhémoglobine S en
tactoïdes (polymère responsable de la falciformation des dré-
panocytes) comme précédemment rapporté dans les travaux
de Gbolo (2010); Mpiana et al. (2016); Ngbolua et al. (2017).
La République démocratique du Congo (RDC) est un réser-
voir de la biodiversité (Asimonyio et al., 2015 a,b; Kambale
et al., 2016 a,b,c; Omatoko et al., 2015). Selon l’Organisa-
tion Mondiale de la Santé, plus de 80% de la population en
Afrique d’une manière générale et en RDC en particulier,
recourent aux PFNLs à propriétés médicinales pour résoudre
le problème de santé primaire (WHO, 2002). Le regain
d’intérêt pour les plantes médicinales dans la prise en charge
des maladies est non seulement un choix, mais aussi une
conséquence de la pauvreté et des coûts élevés des médica-
ments modernes (Ngbolua et al., 2011 a,b). C’est pourquoi,
il est urgent d’évaluer l’activité bio-thérapeutique de ces
ressources phytogénétiques à haut potentiel biopharmaceu-
tique en vue de leur valorisation à travers la création des
usines pour la production et la commercialisation des médi-
caments issus des connaissances traditionnelles (Ngbolua,
2014). La valorisation des plantes à valeur ajoutée permet
aux chercheurs d’aider les détenteurs du savoir traditionnel à
améliorer leurs conditions de vie conformément au protocole
de Nagoya sur l’accès et le partage juste et équitable des avan-
tages découlant de l’exploitation des ressources génétiques
(Ngbolua et al., 2016). Ainsi, Uvariodendron molundense Figure 12: Microphotographie optique du sang drépanocy-
taire témoin (A) et traité avec les extraits de Uvariodendron
est un PFNL à valeur économique potentielle énorme dont molundense à la concentration de 100 µg/mL, NaCl 0,9 %,
la transformation en revenu réel et son exploitation durable Na₂ S O₅ 2 %, 500x: Décocté (B) et Percolât (C)
peut contribuer au bien-être humain.
234 Djolu et al.: Profil phytochimique et pharmaco-biologique des feuilles de Uvariodendron molundense

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