Raymond Aubrac

Raymond Aubrac
Raymond Aubrac en février 2008.

Raymond Aubrac, de son vrai nom Raymond Samuel, le 31 1914 à Vesoul, est un résistant français à l'régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ingénieur civil des Lucie dès 1940 dans la Résistance lors de la Seconde Guerre mondiale. Sous le pseudonyme Aubrac, aux côtés d'lyonnaise, à la création du mouvement Libération-Sud, plus tard intégré dans les MUR dont le bras armé fut l'général Delestraint.

À la Libération, il a été Marseille, puis responsable du déminage au ministère de la Reconstruction. Compagnon de route du Maroc et fonctionnaire de la FAO.

Ami d'1946, il a été sollicité par Nord Vietnam, pendant la 1967 et 1972.

Sommaire

Biographie

Formation et itinéraire jusqu'en 1940

Raymond Samuel est fils de commerçants Vesoul et à [1]. Son père Albert est à Vesoul, sa mère, Hélène Falk née à [2]. Le père est plutôt conservateur alors que la mère est sensible aux idées progressistes[2]. Le jeune Raymond passe son enfance et sa jeunesse dans une dizaine de villes de province, fréquente les Lycée Saint-Louis, échoue au concours d'entrée de École nationale des ponts et chaussées en 1934[2], dans la même promotion que le prince laotien Souphanouvong, future figure de proue de l'aile gauche [3]. Pendant ces années étudiantes, Raymond fréquente l'Université ouvrière, un cercle d'études marxistes enseignent des intellectuels communistes comme Georges Cogniot mais, s'il reste proche du Parti communiste, il n'en devient pas adhérent[3]. Comme la majorité des élèves de grandes écoles, il suit la « PMS » (préparation militaire supérieure) qui lui permettra d'être officier pendant son service militaire[3]. Auparavant, bénéficiaire d'une bourse d'études, il était parti aux 1937 pour le Massachusetts Institute of Technology et l'université Harvard[1] il a l'occasion de suivre les cours de génie sur la Ligne Maginot au moment éclate la Seconde Guerre mondiale. Il a retrouvé à Strasbourg Lucie Bernard qu'il avait déjà rencontrée à Paris dans des réunions d'étudiants communistes et qu'il épouse le 14 1939[1]. Fait prisonnier par les Allemands le 21 1940, il s'évade avec l'aide de sa femme et tous deux gagnent la zone libre[1].

Les années de résistance

Le couple Samuel s'installe à Lyon Raymond a des tantes maternelles. Raymond trouve un emploi d'ingénieur dans un cabinet de brevets et Lucie obtient un poste au lycée de jeunes filles Edgar-Quinet[4]. En octobre 1940, de passage à Jean Cavaillès, professeur de philosophie et qui a été son collègue à Strasbourg. Celui-ci lui présente [4]. Cette rencontre est décisive. Raymond et elle consacrent alors tout leur temps libre aux activités de cette organisation : diffusion de tracts, recrutement, sabotages... À partir du mois de mai 1941, après la naissance de Jean-Pierre, leurs fils ainé, ils aident Emmanuel d'Astier à concevoir un journal dont la parution du 1er numéro, deux mois plus tard, marque la naissance du mouvement Libération[4].

Sous divers pseudonymes dont celui d'Aubrac, Lucie et Raymond contribuent à faire de Libération le mouvement de résistance le plus important en zone Sud après le mouvement Henri Frenay[1]. Les époux Aubrac, puisqu'il convient désormais de les appeler ainsi, appartiennent au noyau central du mouvement « non en vertu de nos mérites, écrira plus tard Raymond, mais comme souvent dans les organisations clandestines, du fait du hasard, des contacts et de l'amitié »[5]. C'est ainsi que Raymond a eu l'occasion de rencontrer tous les dirigeants de Libération-Sud, mais aussi Yves Farge de Londres comme Yvon Morandat[6]. Emmanuel d'Astier apprécie les talents d'organisateur de Raymond Aubrac et en été 1942, il lui confie la direction de la branche paramilitaire du mouvement qui vient d'être créée[1].

Au printemps 1941, Raymond avait été congédié du cabinet de brevets il travaillait, le patron de celui-ci, André Armengaud ayant expliqué qu'avec le développement de ses affaires avec Berlin, il ne souhaitait pas laisser son bureau de Lyon sous la responsabilité d'un Juif. Raymond se met alors au service d'une entreprise de travaux publics[4].

À partir de 1942 et de l'arrivée en France de Combat et de Armée secrète est le nom donné au regroupement des branches militaires des différents mouvements. Le commandement en est confié au général [7]. En novembre 1942, la zone Sud a été envahie par les Allemands, et les résistants sont pourchassés directement par la Klaus Barbie, mais c'est par la police lyonnaise qu'Aubrac est arrêté le 15 mars 1943. Il obtient sa mise en liberté provisoire le 10 mai[1]. Le 24 mai[8] Lucie organise, avec la participation de son mari[9], l'évasion de l'hôpital de l'Antiquaille, de leurs compagnons Serge Ravanel, Maurice Kriegel-Valrimont et François Morin-Forestier[10],[11]. Le 21 juin, Raymond est à nouveau arrêté, cette fois-ci par la Gestapo, à Frédéric Dugoujon, leur hôte de la villa Castellane, Henri Aubry, du mouvement Bruno Larat, Lassagne, de Libération-Sud, le colonel Lacaze, du 4e bureau de l'[12]. René Hardy parvient à s'enfuir dans des conditions controversées qui le rendent suspect de trahison[12].

Raymond Aubrac est emprisonné à la 21 octobre 1943 pendant son transfert de l'École de santé militaire à la prison grâce à une opération montée par Lucie[1]. Après cette évasion, Lucie enceinte, Raymond et leur fils Jean-Pierre entrent dans la clandestinité, de refuge en refuge[13]. Ils parviendront à rejoindre Londres en février 1944. Auparavant, ils auront appris, en décembre 1943, que les parents de Raymond et son frère Paul ont été arrêtés comme Juifs, dirigés sur Auschwitz[14]. Lucie accouche, le 12 février 1944, d'une fille, Catherine[15].

Il ne semble pas que pendant ces années de Résistance, Aubrac se soit associé à des tentatives de noyautage communiste de la Résistance non communiste : sollicités en ce sens par Maurice Kriegel-Valrimont, qu'ils avaient par ailleurs en estime, Raymond et Lucie Aubrac n'ont pas donné suite[16].

Alger (février-août 1944)

Lucie Aubrac avait été désignée pour siéger à l'Comité français de la libération nationale (CFLN) demande à Raymond de venir le rejoindre et c'est donc ce dernier qui siège à l'assemblée , selon ses propres dires, il s'ennuie[17]. Après avoir été reçu par Passy, chef du France libre. Au Conseil des ministres, la nomination d'Aubrac soulève les objections de René Mayer qui déclarent « qu'il y a déjà trop d'israélites au commissariat à l'intérieur ». De Gaulle avait clos le débat, mais Aubrac ayant eu vent de l'incident démissionne de l'Assemblée et s'engage dans les parachutistes avec son grade de sous-lieutenant[18]. Convoqué quelques semaines plus tard par de Gaulle[19], Aubrac se voit proposer un certain nombre de postes mais refuse de sortir de l'alternative entre directeur des affaires politiques et parachutiste[18]. Après le débarquement en Normandie, un compromis sera trouvé et Aubrac aurait être représentant du Gouvernement dans la zone libérée, au centre de la France, par l'opération aéroportée Caïman qui n'aura finalement pas lieu. Le 6 1944, alors que se prépare le commissaire régional de la République pour une zone qui correspond, en gros à la Provence et la [20].

Commissaire de la République à Marseille (fin 1944)

Après le débarquement de Provence, le 15 1944, Aubrac réside donc à Marseille jusqu'en janvier 1945 il est remplacé par Paul Haag. Dans les mémoires qu'il publie en 1996, Raymond Aubrac met en avant les deux handicaps qui conditionnaient l'exercice de ses fonctions : son jeune âge et son impréparation pour exercer ses fonctions et ensuite son isolement, résultant en partie du manque de préparation : il n'avait guère eu le temps de choisir ses collaborateurs[21]. Il souffre aussi de l'éloignement de sa femme Lucie au sujet de laquelle il écrit « Lucie, dont la perspicacité et l'intuition ont été, tout au long de ma vie, mon plus sûr soutien, n'était pas à mes côtés »[21]. Lucie a en effet pris sa place à l'Assemblée consultative de Paris, mais il semble qu'elle ait rejoint son mari à Marseille au bout de quelques semaines[1],[22]. Aubrac met également en avant les questions qui l'ont le plus absorbé pendant son mandat : le ravitaillement, les forces de l'ordre, l'épuration, les réquisitions d'entreprises, le relèvement des salaires et les rapports avec les autorités alliées[21].

De Gaulle avait averti l'intéressé que le choix du commissaire de la République à Marseille avait été difficile : «  Avec l'accord de la Résistance, le choix s'est porté sur vous [...] »[20]. Il aurait été question de nommer [23], mais de Gaulle mesure au plus près les postes de l'appareil d'État qu'il convient d'accorder au communistes[24]. Le contexte de la période Aubrac est en poste à Marseille est en effet un moment crucial des rapports entre de Gaulle et les communistes : la dissolution des milices patriotiques, dominées par les communistes, le 28 octobre 1944 est condamnée par le Maurice Thorez qui condamnera les milices patriotiques quelques semaines plus tard[25]. Adrien Tixier. C'est dans ce contexte politique qu'il faut apprécier le passage d'Aubrac à Marseille.

Aubrac qui, à l'époque n'est pas encore identifié comme proche des communistes[23] s'acquittera de sa tâche en s'appuyant largement sur la Jean Cristofol provoquant l'hostilité croissante de la part des socialistes locaux dont la figure de proue était déjà [26]. La police que le commissaire régional trouve à son arrivée a été largement compromise avec le régime de Vichy[23]. Pour que l'épuration soit menée par les forces de l'ordre plutôt que par les milices patriotiques, Aubrac institue le 23 août 1944 les Forces républicaines de sécurité (FRS), précurseurs des Francs-tireurs et partisans et des milices patriotiques. Selon les mots de l'historien Philippe Buton, « Première forme d'une « police démocratisée », ces FRS et leurs 3 100 policiers se distinguent des milices patriotiques par leur statut officiel, mais s'en rapprochent par le poids décisif du PCF en leur sein[27]. »

À la Libération, surtout dans la zone Sud, il se développe un mouvement de gestion ouvrière des entreprises souvent lié aux organisations ouvrières locales. À Marseille, l'animateur du mouvement est Lucien Molino, cadre communiste et secrétaire de l'Union départementale CGT des [28]. Aubrac le reçoit dès son arrivée à Marseille, le 24 août[29]. Entre le 10 septembre et le 5 octobre, il ordonne la réquisition de quinze entreprises comprenant au total 15 000 ouvriers. Pour Aubrac, c'est en consultant les responsables syndicaux qu'on peut choisir parmi les principaux ingénieurs de chaque entreprise celui qui réunit compétence, autorité et confiance du personnel[29]. Les directeurs sont donc nommés après accord de la CGT, mais aussi, on institue des cours de syndicalisme, des permanents syndicaux et politiques sont rétribués par les entreprises[28]. Cette affaire de réquisitions contribue à le faire passer pour proche des communistes aux yeux des socialistes de la région et sera l'un des éléments de son départ[1]. Plus tard, dans ses mémoires, Aubrac explicitera ainsi la situation politique à Marseille : « La rivalité politique à Marseille est une vieille histoire. Il m'est apparu après la Libération, tandis que les partis classés plus à droite n'étaient pas encore restructurés dans la région, que les socialistes marseillais avaient cherché des alliés dans les couches les plus modérées de l'opinion [...][26] ».

Le déminage et le ministère de la reconstruction (1944-1948)

De retour à Paris, Aubrac rencontre le ministre de la Reconstruction Raoul Dautry qui lui propose le poste de commissaire aux Travaux pour la Bretagne. Quelques semaines plus tard, il est nommé inspecteur général, responsable des opérations de 3 000 démineurs civils et 48 500 prisonniers de guerre. Les pertes sont grandes : 500 tués et 700 blessés parmi les Français et environ 2 000 tués et 3 000 blessés parmi les Allemands. La question s'était posée de savoir si l'emploi de prisonniers de guerre était conforme aux CEA qu'il avait pour mission de créer avec François Billoux et MRP [1],[30].

BERIM (1948-1958)

En 1948, Aubrac, qui se définira à cette époque comme « compagnon de route » du Parti communiste[31] quitte l'administration et le grade honorifique d'inspecteur général auquel il avait été promu et fonde un bureau d'études, BERIM[32] (Bureau d'études et de recherches pour l'industrie moderne), qui est un [33].

Dès l'été 1948, BERIM développe ses activités dans les pays de l'Est de l'Europe, Aubrac voyage beaucoup, mais c'est avec la Tchécoslovaquie qu'il aura l'activité professionnelle la plus intense. BERIM fait ainsi partie d'une nébuleuse d'entreprises de diverses natures : financière, bureau d'étude, export-import, proches du PCF et qui sont le point de passage obligé pour tout échange industriel ou commercial avec les pays de l'Est. Aubrac est ainsi en relation avec [34]. La plus grosse affaire qu'Aubrac doit traiter concerne une transaction compliquée à propos d'un guerre froide, les États-Unis, la Tchécoslovaquie et l'Allemagne. Cette affaire s'étale de 1948 à 1952. L'un des interlocuteurs tchèques d'Aubrac est Procès de Prague[34]. Dans ses mémoires, Aubrac écrit que c'est en 1956, lorsqu'il a retrouvé London à sa sortie de prison, qu'il a découvert les horreurs de la police de Staline, ce qui marquera de façon déterminante ses réflexions politiques et ses choix de vie. La découverte des horreurs du stalinisme n'est pas contradictoire avec une image plutôt positive de ces « sociétés socialistes la pesanteur d'une économie difficile faisait apprécier par contraste un effort d'équité sociale dans les domaines de l'éducation et de santé publique en même temps que l'absence de chômage »[34].

À partir de 1953, toujours dans le cadre de BERIM, Aubrac établit des contacts avec la Chine. Il s'agissait à l'époque d'établir des relations commerciales entre la France et la Chine. En août 1955, il organise le voyage d'[35]. Le récit d'Artur London, le besoin de changement[35] et une baisse de son intérêt pour BERIM – qui se spécialise de plus en plus dans les échanges commerciaux plutôt que dans les activités de bureau d'études[34] –, tels sont les éléments poussant Aubrac à quitter le BERIM en 1958 pour devenir conseiller technique au Maroc.

Le Maroc et la FAO

En 1958, le Maroc est un pays ayant récemment accédé à l'indépendance. Le vice-président du Conseil du Abderrahim Bouabid, propose à Aubrac de travailler en liaison avec le Gouvernement du Maroc. Aubrac accepte et s'installe au Maroc pour cinq ans. De fait, de 1958 à 1976, sa carrière professionnelle sera consacrée à ce qu'on appelait couramment les pays en voie de développement[36]. Conseiller technique au Maroc, il s'occupe aussi bien de l'implantation de nouvelles industries que du développement de surfaces irriguées. « Le jeune Maroc, écrit Aubrac, était planificateur »[36]. Il se trouve donc à l'aise dans le milieu des ministres progressistes du jeune État et des conseillers français, souvent formés à l'commissariat au Plan. La grande affaire de son passage au Maroc est le développement de la culture de la René Dumont lors d'une visite effectuée en décembre 1959[36].

À partir de 1964, Aubrac est en poste à Rome à la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, , avec le titre de directeur, il s'occupe, entre autres choses de la mise en place de bases de données informatiques[37].

Chi Minh et le Vietnam

À la fin de la Seconde Guerre mondiale et après l'écroulement du Japon qui avait occupé l' Chi Minh proclame la création de la République démocratique du Vietnam dont il devient président en mars 1946. Au mois de juillet, il est en France pour tenter de négocier, la reconnaissance par la France de l'indépendance du Vietnam[38]. Aubrac est invité par une association de travailleurs vietnamiens qu'il avait connue, lorsqu'il était commissaire de la République à Marseille, à la réception en l'honneur du dirigeant vietnamien au parc de Bagatelle. Aubrac et Chi Minh sympathisent et finalement, Chi Minh demande à séjourner dans la maison des Aubrac à Soisy-sous-Montmorency plutôt qu'à l'hôtel il souffre de n'avoir pas de jardin[39]. Dans ses mémoires, Aubrac concède que cette installation n'était probablement pas un pur hasard, et que l'appartenance du Vietnamien à la haute hiérarchie du mouvement communiste international impliquait sans doute que ce soit les camarades français qui avaient pu arranger la chose, Lucie et Raymond Aubrac, clairement influencés par les analyses du Parti communiste pouvant être considérés comme des sympathisants actifs[39]. Pendant l'été 1946, Chi Minh partage la vie de la famille Aubrac. Pendant ce séjour, Lucie met au monde une fille, Babette, et Chi Minh, en visite à la maternité décide qu'il en sera le parrain, sans aucune référence religieuse, évidemment. Jusqu'à la fin de sa vie, quelles que soient les circonstances, l'oncle fera parvenir à Babette un petit cadeau ou un souvenir à chacun de ses anniversaires. Jusqu'en 1952, Tran Ngoc Danh, représentant de Chi Minh à Paris, rend souvent visite à la famille Aubrac[39].

Connu pour être l'ami d' Chi Minh, Aubrac est sollicité à deux reprises pendant la Vincent Auriol, président de la République d'abord, et René Mayer, président du Conseil, ensuite. Il ne donne pas suite à ces demandes[39].

Au milieu de l'année 1967, alors que la Henry Kissinger, professeur de sciences politiques et alors simple consultant du gouvernement Johnson prend contact avec Pugwash[40], un groupe de scientifiques américains, soviétiques, britanniques et français, qui s'efforçait de réduire les menaces sur la sécurité mondiale[40], en vue d'établir des contacts avec le Nord-Vietnam en vue d'une possible négociation[40]. Cette démarche de Kissinger aboutit au voyage secret à [40], microbiologiste de l'Institut Pasteur[40]. Le 24 juillet, Aubrac rencontre Chi Minh[40] qu'il trouve affaibli – il a 77 ans – et le lendemain, avec Marcovitch, ils ont une rencontre plus longue avec Pham Van Dông[40], ministre des Affaires étrangères. L'objet des discussions est l'arrêt des bombardements américains sur le Nord-Vietnam et les négociations qui pourraient en résulter[40]. Jusqu'au mois d'octobre, Aubrac a de nombreux entretiens à Paris avec Kissinger et le représentant nord-vietnamien en France, Maï Van , sans effet immédiat[41],[40], mais le 31 mars 1968, dans une intervention télévisée, en même temps qu'il annonce sa décision de ne pas se représenter aux élections présidentielles, Johnson annonce l'arrêt des bombardements[40], ce qui débouchera, le 3 mai sur un accord avec le Nord-Vietnam pour que des négociations s'ouvrent à Paris[42]. En décembre 1968, alors que Richard Nixon s'apprête à prendre ses fonctions avec Kissinger comme conseiller, Aubrac rencontre à nouveau Kissinger à New York. Jusqu'en 1972, il le rencontrera plus d'une douzaine de fois. Dans la même période, il assure ainsi la liaison avec Maï Van et les Vietnamiens de Paris[40]. Ces contacts ont lieu parallèlement à conférence officielle de Paris, Mékong à partir de sa sortie du territoire chinois[43].

En 1972, alors que la conférence de Paris s'éternise et que Nixon intensifie les bombardements qui menace les digues du delta du Tonkin, le secrétaire général de l'ONU, Nations unies dans les négociations de Paris, fait appel, lui aussi, aux bons offices d'Aubrac. Devant l'inefficacité de Waldheim, Aubrac tente de faire intervenir le pape Paul VI. Le 4 juillet, il obtient une audience auprès du Saint-Siège, Mgr Casaroli. Le 9 juillet, Paul VI consacre son exhortation dominicale, depuis sa fenêtre de la place Saint-Pierre, au Vietnam, il appelle à une solution « sur la base du respect des principes d'indépendance, d'unité et d'intégrité territoriale » et insiste sur les clauses des accords de 1954 « qui préservent d'opérations militaires offensives ». En même temps, le pape fait parvenir par le nonce apostolique de Paris des messages aux différentes délégations. Le matin même du 9 juillet, il avait reçu le secrétaire d'État américain William P. Rogers et il lui avait « parlé fort » des bombardements. De fait, les bombardements ne cessent pas, mais l'aviation américaine reçoit l'ordre d'épargner les digues. À la suite des accords de Paris, du 23 1973, qui prévoient un cessez-le-feu, Aubrac assiste Waldheim à la conférence internationale réunie pour prolonger les accords de Paris et mettre sur pied un programme de reconstruction. C'est dans le prolongement de cette conférence qu'il se trouve à Hanoï le 30 1975, jour les blindés nord-vietnamiens rentrent dans Saïgon. Il raconte : « Et comme tous les habitants de Hanoï, je sortis dans la rue […] des centaines de milliers de gens étaient dehors. La foule était silencieuse, paisible ou plutôt apaisée. J'ai vu dans ma vie bien des foules. Celles du Front populaire et de la Libération de Marseille. Jamais je n'ai rien vu de semblable. La paix, c'était donc cela. »[44]

Derniers engagements, prises de position et reconnaissances

En Une autre voix juive », qui regroupe des personnalités juives solidaires du peuple palestinien, pour une paix juste et durable au Proche-Orient.

Il continue à participer à la vie citoyenne, prenant des positions tranchées comme lorsqu'il signe ainsi, à l'appel de plusieurs organisations dont l'Union juive française pour la paix (UJFP) dont il est adhérent[45], en israéliennes au Liban, paru dans Libération et Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.

Il a également signé l'appel collectif de résistants de la première heure à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du 15 mars 1944. Ce texte enjoint notamment « les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. »[46]

Avec son épouse, il signe la préface du livre collectif L'Autre Campagne (La Découverte, 2007) faisant des propositions alternatives à celles des divers candidats aux élections présidentielles de 2007[47].

Le 17 mai 2009, à l'occasion du rassemblement citoyen organisé par le collectif CRHA (Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui), il prononce un discours au plateau des Glières et accepte, aux côtés de Stéphane Hessel, de devenir parrain de l'association.

Raymond et Lucie

Dans ses mémoires, Raymond Aubrac souligne que son mariage en 1939 a été une étape décisive dans son itinéraire« (leur) union fut — et est toujours restée — heureuse et fondée sur une profonde connivence : il n'est pas de décision qui n'ait été prise en commun »[48]. Les témoins qui les ont connus font état de leurs tempéraments très différents. Par exemple, Serge Ravanel, leur compagnon de Libération-Sud évoque la première fois qu'il a rencontré le couple : « À Lyon, j'avais rencontré Raymond Aubrac et Lucie, sa femme. Lui, ingénieur des Travaux publics, calme, d'un humour distant, libéral au sens que le siècle des Lumières a donné à ce terme. Elle, pétillante de vie et d'autorité, continuait de mener une existence légale comme professeur d'histoire... »[49]

Raymond Aubrac et le communisme

Étudiant, Raymond Samuel a été initié au marxisme lorsqu'il fréquentait l'Université ouvrière, mais sans faire le pas d'adhérer, comme Lucie, aux Jeunesses communistes. De son année d'études effectuée aux États-Unis, en 1937-1938, lui reste un intérêt durable pour ce pays[50], si bien qu'il apparait comme un « libéral » à son compagnon de cellule, Serge Ravanel, lorsque tous deux sont internés à la prison Saint-Paul de Lyon, puis à l'hôpital de l'Antiquaille, avec Maurice Kriegel-Valrimont, étiqueté communiste et Raymond Hégo, Ravanel se considérant plutôt de droite, comme François Morin-Forestier[51].

Par la suite, Aubrac se rapprochera suffisamment du mouvement communiste pour que la conclusion qu'il a rédigée pour ses mémoires soit centrée sur son rapport avec les idées communistes et le Parti communiste français. Il explique d'abord qu'il s'est senti plus proche du progressisme de sa mère que du conformisme de son père, et si lorsqu'il était étudiant il était intéressé par le marxisme, mais n'a pas adhéré au Parti communiste, c'est « parce qu'il ne se sentait pas de la famille »[50]. Antimunichois, comme le Parti communiste, mais hostile aux procès de Moscou et au Pacte germano-soviétique, il se félicite, lorsque la guerre éclate de ne pas avoir adhéré[50]. Après l'attaque de l'Union soviétique par Hitler, il voit à l'œuvre les hommes et les femmes du Parti communiste, et reste marqué par la dimension de leur courage et de leur dévouement. Les intrigues et les crimes du communisme stalinien étaient alors, écrit-il, soigneusement cachés[50]. C'est ainsi tout naturellement qu'il collabore avec les communistes lorsqu'il est commissaire de la République à Marseille, qu'il apprécie les ministres communistes de la Reconstruction, qu'il participe à la fondation du Mouvement de la Paix et qu'il travaille en bonne intelligence avec les municipalités communistes ou avec les « [50]. Il admire les réalisations sociales de ces pays. Les Procès de Prague, au début des « si j'avais été membre du Parti, écrit-il, je l'aurais quitté. »[50]. À propos de sa rencontre avec Chi Minh, Aubrac relève que : « Bien entendu, l'installation de Chi Minh chez nous, en 1946, ne s'explique pas sans une sorte de feu vert donné par ses amis communistes français […]. Par la suite […] si j'avais à un moment quelconque marqué publiquement mon opposition au Parti communiste, les Vietnamiens m'eussent retiré une confiance qui était la condition nécessaire à mes interventions. » Mais Aubrac tient à souligner que cette absence de critique vis-à-vis du Parti communiste n'était pas seulement dictée par des considérations diplomatiques : « Ce n'est pas pour conserver cette confiance que je n'ai jamais professé d'opinions anticommunistes. Même après l'effondrement du régime soviétique, même après la « libération » des démocraties populaires, je n'ai jamais éprouvé le besoin d'un tel geste. »[50]

Dans son livre, Les Aveux des archives, publié en 1996, au même moment que les mémoires d'Aubrac, la mémoire s'attarde, Printemps de Prague et il est exilé en France depuis 1982, le titre de son livre fait référence à [52]. Pour la rédaction du livre, Bartošek a rencontré Aubrac à trois reprises, en octobre 1994, novembre 1995 et janvier 1996 et lui a montré les pièces d'archives le concernant. Les commentaires d'Aubrac ont été reproduits dans le livre, ils concernent évidemment BERIM et ne diffèrent pas des passages qu'Aubrac consacre au bureau d'études dans ses mémoires[53]. L'ensemble des documents retrouvés dans les archives du Parti communiste tchèque (PCT), ou du ministère des Affaires étrangères concernant BERIM montrent que BERIM ne pouvait opérer à Prague qu'avec l'aval des communistes français, mais ceci n'est pas contradictoire avec la version qu'en donne Aubrac. Par contre, d'un procès-verbal d'entretiens de quatre pages, entre Rudolf Margolius[54], vice-ministre des Affaires étrangères et Aubrac, il ressort qu'Aubrac se comporte comme s'il représentait le PCF. Ainsi, à propos d'achats de métaux non ferreux « [...] le camarade Aubrac se réjouit de l'envoi de nos délégués qui décideront sur place et seront dotés de moyens financiers qui au début, devraient suffire en tant que caution. Le camarade Aubrac a déclaré que grâce à cette mesure s'offrirait finalement une possibilité d'aide plus efficace à nos camarades de France [...] »[55]. Selon Bartošek, après avoir lu ce procès-verbal, Aubrac, alors âgé de 80 ans, aurait déclaré : « Je ne sais pas. C'est peut-être vrai, ce n'est peut-être pas vrai. Je ne peux pas faire de commentaires -dessus, je ne sais pas. »[55]

L'historien [56] pour laquelle il a beaucoup fréquenté le couple Aubrac note qu'aucun autre élément connu des archives françaises ou soviétiques ne vient corroborer le rôle suggéré d'Aubrac par cet entretien[1].

La polémique autour de Caluire

Les arrestations de Caluire du 21 juin 1943, par lesquelles la Klaus Barbie parvient à mettre la main sur sept dirigeants de la Résistance intérieure française est un événement majeur de l'histoire de la Résistance parce que les Allemands finiront par reconnaître en l'un d'entre eux Conseil national de la Résistance. Les éléments, probablement multiples, qui ont conduit la Gestapo jusqu'à la maison du docteur Dugoujon se tenait la réunion n'ont jamais été établis avec une totale certitude[12]. C'est un événement majeur pour Aubrac, l'un des sept arrêtés, qui entraînera, de fait, la fin de ses activités de résistant sur le territoire français. L'organisation de son évasion a beaucoup contribué à la notoriété de sa femme Lucie après-guerre.

René Hardy, qui participait à la réunion est soupçonné dès le mois de juillet 1943 d'avoir trahi ; certains membres de Libération-Sud — dont Lucie Aubrac — sont convaincus de sa culpabilité et essayent de l'empoisonner, mais il bénéficie du soutien de la plupart des membres de Combat dont Henri Frenay[57]. Après-guerre, à l'issue de son premier procès qui s'ouvre en janvier 1947, il est acquitté au bénéfice du doute. En avril 1950, un second procès a lieu devant le tribunal militaire et Hardy est à nouveau acquitté bien qu'ayant perdu le soutien de Combat[12]. Ces deux procès permettent d'accumuler une masse documentaire importante sur l'affaire de Caluire.

En 1983, Klaus Barbie est extradé de prescription — mais pour réclusion à perpétuité. Le 4 juillet 1990, Barbie demande à comparaître devant un juge accompagné de son avocat 63 pages[58] que l'on appellera Testament de Barbie, qui circulera dans les salles de rédaction dès la mort de Barbie en 1991, mais ne sera connu du grand public qu'en 1997, avec la publication du livre de [59]. Dans ce « testament », Barbie présente Aubrac comme un agent à son service, qui aurait été « retourné » lors de sa première arrestation en mars 1943. Toujours selon ce document de Barbie, Lucie aurait été l'agent de liaison entre Aubrac et lui et elle aurait téléphoné à Barbie la date et le lieu de la réunion de Caluire[60],[58].

En mars 1997, juste après la sortie du film Lucie Aubrac, de « Aujourd'hui, aucune pièce d'archives ne permet de valider l'accusation de trahison proférée par Klaus Barbie à l'encontre de Raymond Aubrac, mais au terme de cette étude, on constate que des récits parfois fantaisistes ont été formulés[61]. » Le livre de Chauvy contenait cependant suffisamment d'ambiguïtés tendant à crédibiliser le Testament de Barbie pour que le couple Aubrac obtienne d'un tribunal la condamnation de Chauvy pour [1],[58].

Pour pouvoir répondre à la calomnie dont il estime être victime, Aubrac demande au journal Libération d'organiser une « réunion d'historiens ». Sous le nom de « table ronde », celle-ci se tient le samedi 17 mai 1997 dans les locaux du journal qui reproduit l'intégralité des débats dans un numéro spécial du 9 juillet[62]. Les participants à cette table ronde ont été choisis par Libération et Raymond Aubrac : Jean-Pierre Azéma, Henry Rousso et Dominique Veillon, spécialistes de l'histoire des « années noires » et de l'histoire de la Résistance. compagnon de la Libération, « historien amateur » (biographe de Jean-Pierre Vernant, en tant que « Résistant de la première heure » et Maurice Agulhon, historien du XIXe siècle[62].

Les historiens des arrestations de Caluire retiennent de ce débat que Lucie Aubrac a précisé que les livres qu'elle avait écrits comme Ils partiront dans l'ivresse ou Cette exigeante liberté[63] n'étaient pas des ouvrages historiques mais des récits qui se voulaient « justes »[64], et que Raymond Aubrac ne savait pas expliquer pourquoi il avait donné plusieurs versions concernant la date exacte il avait été reconnu par la Gestapo comme Aubrac. La raison pour laquelle Aubrac n'avait pas été transféré à Paris, comme ses camarades reste également un sujet d'interrogation pour les historiens présents dont aucun ne déclare donner un quelconque crédit aux accusations de Barbie-Vergès[65].

Cette « table ronde » fut par ailleurs l'occasion d'une vaste polémique entre historiens sur la façon de traiter des témoins comme les Aubrac. Du côté des historiens ayant participé à la table ronde, Henri Rousso, par exemple, justifie l'interrogatoire quelque peu sévère du couple Aubrac, car, écrit-il un film comme Lucie Aubrac produit une confusion entre l'héroïne et la star, le héros, libre devant l'histoire n'ayant de compte à rendre à personne[66]. Pour un historien comme Serge Klarsfeld, au contraire, il est inconvenant de soupçonner à l'excès des héros de la Résistance « Personnellement, quand je suis confronté à l'un de ces acteurs ayant joué le rôle du « méchant », je ne lui reproche jamais que les actes qu'il a commis et je me sens blessé de voir reprocher à ceux qui ont joué le rôle du « gentil » les actes qu'ils auraient pu commettre[67]. »

En 2009, douze ans après la sortie du livre de Chauvy et dix-neuf ans après la rédaction du Testament de Barbie, aucun élément n'est venu étayer la thèse de Barbie ou donner un sens particulier aux contradictions relevées par Chauvy[68].

Distinctions

Notes et références

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m ISBN 2-221-09997-4), p. 354-355.
  2. a, b et c Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, Éditions Odile Jacob, 1996 ; 2e édition de poche, 2000 (ISBN 2-7381-0850-4), p. 16-26.
  3. a, b et c Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 29-42.
  4. a, b, c et d Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 71-80.
  5. Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 81.
  6. Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 82-88.
  7. Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 98-101.
  8. Laurent Douzou, article « Serge Ravanel », dans François Marcot (dir.), Dictionnaire Historique de la Résistance, opcit., p. 510-511.
  9. Lucie Aubrac, Ils partiront dans l'ivresse, Seuil, coll. « Points », Paris, 1997 (ISBN 2020316544 et 978-2020316545), p. 34-37.
  10. François Morin, pseudonyme Forestier, était du mouvement Combat.
  11. « Morin-Forestier François », sur memoresist.org, consulté le 14 décembre 2009.
  12. a, b, c et d Dominique Veillon, article « 21 juin 1943Les arrestations de Caluire », dans François Marcot (dir.), Dictionnaire Historique de la Résistance, opcit., p. 625-626.
  13. Laurent Douzou, article « Lucie Aubrac », dans François Marcot (dir.), Dictionnaire Historique de la Résistance, Robert Laffont 2006 (ISBN 2-221-09997-4), p. 353-354.
  14. Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 139.
  15. Laurent Douzou, Lucie Aubrac, éd. Perrin, Paris, septembre 2009 (ISBN 978-2-262-02746-9), p. 146.
  16. Témoignage de Raymond Aubrac du 7 juillet 1987 donné à Philippe Buton et rapporté dans Les Lendemains qui déchantent, Presses de la fondation nationale des sciences politiques, 1993 (ISBN 2-7246-0636-1), p. 70.
  17. Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 145-148.
  18. a et b Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 149-145.
  19. La chronologie de cette affaire n'est pas claire : dans ses mémoires Aubrac parle de plusieurs semaines mais donne le 4 avril comme date de la convocation par de Gaulle.
  20. a et b Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 154-155.
  21. a, b et c Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 159-162.
  22. Lucie était à Marseille le 15 septembre jour de la visite de de Gaulle (Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 159-162).
  23. a, b et c Philippe Bourdrel, L'épuration sauvage 1944-1945, Perrin, 2002 (ISBN 2-262-01750-6), p. 130-134.
  24. Il n'y aura aucun commissaire régional communiste, et seulement deux préfets, opcit., p. 127).
  25. Roger Bourderon, article « Milices patriotiques » dans François Marcot (dir.), Dictionnaire Historique de la Résistance, Robert Laffont, 2006 (ISBN 2-221-09997-4), p. 195-196.
  26. a et b Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 203.
  27. Philippe Buton, Les Lendemains..., opcit., p. 140.
  28. a et b Philippe Buton, Les Lendemains..., opcit., p. 148-149.
  29. a et b Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 174-175.
  30. Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 209-226.
  31. Dans l'entretien qu'il a accordé à l'historien tchèque, Berliet à la Libération […] (Mosnier) était communiste. Yves Farge (qui avait nommé Mosnier) n'était pas communiste, il était comme moi, un peu fellow traveller. », dans : Karel Bartosek, Les Aveux des archivesPrague-Paris-Prague, 1948-1968, éditions du Seuil, 1996, (ISBN 2-02-025385-2), p. 121. »
  32. Entreprise toujours existante en 2009 « La ville », site de BERIM, berim.fr.
  33. Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 244-247.
  34. a, b, c et d Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 247-255.
  35. a et b Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 255-277.
  36. a, b et c Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 279-316.
  37. Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 427-442.
  38. Philippe Robrieux, Histoire intérieure du Parti communiste, tome 4, Fayard, 1984, p. 296-300.
  39. a, b, c et d Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 227-240.
  40. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Pierre Journoud, « Des artisans de paix dans le secret de la diplomatieVers un règlement pacifique de la guerre au Vietnam, 1967-1973 », 6 avril 2001, Institut Pierre Renouvin (université Paris-I).
  41. Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 319-354.
  42. Philippe Richer, L'Asie du Sud-Est, Imprimerie nationale, 1981 (ISBN 2-11-080758), p. 320-321.
  43. Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 355-368.
  44. Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 369-411.
  45. L'UJFP revendique Raymond Aubrac comme l'un de ses adhérents fidèles : « Communiqués de l'UJFPEn hommage à Lucie Aubrac », 17 mars 2007.
  46. Créer c'est résister, résister c'est créer, treize personnalités du Conseil national de la Résistance, pour le 60e anniversaire du programme.
  47. Pour un autre Programme, la préface de Lucie et Raymond Aubrac, sur lautrecampagne.org.
  48. Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 454-456.
  49. Serge Ravanel, L'Esprit de résistance, Éditions du Seuil, (ISBN 2-02-019028-1), p. 77.
  50. a, b, c, d, e, f et g Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 447-453.
  51. Serge Ravanel, L'Esprit de résistance, opcit., p. 106.
  52. Karel Bartošek, Les Aveux des archives..., opcit.
  53. Karel Bartošek, Les Aveux des archives..., opcit., p. 119-122
  54. Margolius, un des principaux interlocuteurs d'Aubrac fut condamné à mort au Procès de Prague en 1952.
  55. a et b Karel Bartošek, Les Aveux des archives, opcit., p. 123-127.
  56. Laurent Douzou, La Désobéissance, histoire d'un mouvement et d'un journal clandestins : Libération-Sud (1940-1944).
  57. Lucie Aubrac, Ils partiront dans l'ivresse, opcit., p. 108-109
  58. a, b et c « Aubrac-Amouroux : un face-à-face pour lHistoire », entretien avec Lucie et Raymond Aubrac, par Le Figaro, 1997 ; sur lefigaro.fr.
  59. Gérard Chauvy, Aubrac, Lyon, 1943, Albin Michel, 1997 (ISBN 2-226-O8885-7), p. 371-423.
  60. Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, opcit., p. 442-445.
  61. Gérard Chauvy, Aubrac..., opcit., p. 266-268.
  62. a et b « Les Aubrac et les historiens », Libération, 9 juillet 1997 (l'intégralité des débats et d'autres articles parus dans le cours du mois de juillet).
  63. Lucie Aubrac, Corinne Bouchoux Cette exigeante liberté, L'Archipel, avril 1997.
  64. Dossier de Libération, 9 juillet 1997, p. XVI
  65. Dossier de Libération, 9 juillet 1997, p. XXII-XXIII
  66. Henri Rousso, De l'usage du « mythe nécessaire », Libération, 11 juillet 1997.
  67. Serge Klarsfeld, « Affaire Aubrac : Serge Klarsfeld répond à Jean-Pierre Azéma », Libération, 1er septembre 1997.
  68. Laurent Douzou, Lucie Aubrac, opcit.
  69. Décret du 13 juillet 2010 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier sur Legifrance.gouv.fr. Consulté le 15 juillet 2010

Bibliographie

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : Ouvrage utilisé comme source pour la rédaction de cet article

Autobiographie
  • Raymond Aubrac, la mémoire s'attarde, Éditions Odile Jacob, 1996 ; 2e édition de poche, 2000 (ISBN 2-7381-0850-4).Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Raymond Aubrac et Renaud Helfer-Aubrac, Passage de témoin, Éditions Calmann-Lévy, 2011 (ISBN 978-2-7021-4201-1).


Marseille, 1944
  • Jacqueline Cristofol, Bataille pour Marseille, Deferre, Cristofol, Aubrac, Flammarion, 1997 (ISBN 2080674811).
  • Pierre Guiral, Libération de Marseille, tome VII de Libération de la France, Hachette, 1974.
BERIM, 1948-1958
  • Vincent Auriol, Journal du septennat, 1947-1954, volume VII, Armand Colin, 1971.
Négociations USA-Vietnam
  • (en) Robert S. McNamara, Brian VanDeMark, In retrospect: the tragedy and lessons of Vietnam, Times books, 1995.
  • (en) Arthur J. Dommen, The Indochinese experience of the French and the Americans: nationalism and communism in Cambodia, Laos, and Vietnam, Indiana University Press, 2001 (ISBN 0253338549)
Lucie Aubrac
Lucie et Raymond Aubrac
Autre
  • Collectif, Georges Debrégeas et Thomas Lacoste (dir.) (préface de Lucie et Raymond Aubrac), L'Autre Campagne80 propositions à débattre d'urgence, éd. La Découverte, coll. « Cahiers libres », Paris, 2006, 293 p. (ISBN 2707150673 et 978-2707150677).

Filmographie

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