Instruction 2020 - Valeur en Douane
Instruction 2020 - Valeur en Douane
Instruction 2020 - Valeur en Douane
La présente instruction a vocation à fournir aux opérateurs économiques et aux services de l’État
une analyse synthétique des règles régissant la détermination de la valeur en douane des
marchandises importées ou exportées.
Pour aller plus loin, il convient de se référer aux fiches techniques publiées sur le site internet :
https://www.douane.gouv.fr/ (dossiers « valeur en douane » ou « les fondamentaux de l’import-
export »).
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SOMMAIRE
INTRODUCTION GÉNÉRALE
ABRÉVIATIONS UTILISÉES
BASES JURIDIQUES
PARTIE I - LA VALEUR EN DOUANE À L’IMPORTATION
INTRODUCTION
I. Les bases juridiques
II. Caractéristiques générales
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INTRODUCTION GÉNÉRALE
Assiette des droits de douane et autres droits ad valorem, dus en raisons de l’importation des
marchandises dans l’Union européenne, la valeur en douane fait partie, avec l’espèce tarifaire et
l’origine des marchandises, des éléments constituant la base de l’établissement de la dette
douanière, terme désignant le montant des droits à acquitter.
La valeur en douane des marchandises importées est déterminée selon le Règlement [UE]
n°952/2013 du Parlement et du Conseil du 9 octobre 2013 établissant le Code des Douanes de
l’Union et plus particulièrement par les dispositions figurant au Titre II, Chapitre 3.
Cette réglementation est d’application directe et générale. Elle concerne aussi bien les marchandises
exemptes de droits de douane que celles qui en sont passibles, y compris celles faisant l’objet d’une
déclaration en douane pour un régime autre que la mise à la consommation.
- la TVA à l’importation : l’article 292 du Code Général des Impôts dispose que la base
d’imposition à la TVA est constituée par la valeur définie par la législation douanière
conformément aux règlements communautaires en vigueur, valeur à laquelle s’ajoutent
certains éléments ;
- l’octroi de mer : l’article 9-1 de la loi n° 2004-639 du 2 juillet 2004 relative à l’octroi de
mer prévoit que l’assiette de l’octroi de mer est constituée par la valeur en douane au lieu
d’introduction des marchandises dans chaque collectivité relevant de l’article 73 de la
Constitution du 4 octobre 1958 en vigueur ;
- certaines taxes fiscales affectées sont également concernées, sous réserve des dispositions
particulières des impositions nationales en cause.
Par ailleurs, la valeur en douane est utilisée à des fins statistiques et constitue un élément essentiel
de la valeur statistique à l’importation, appréciée au point d’entrée sur le territoire national, qui
permet d’établir le chiffre du commerce extérieur (article 4 du règlement n°113/2010 du Parlement
européen et du Conseil du 9 février 2010).
La valeur à déclarer à l’exportation est celle définie à l’article 36 du Code des Douanes National
codifié par le décret n°48-1985 du 8 décembre 1948. Elle sert essentiellement à l’établissement des
statistiques du commerce extérieur de la France et, le cas échéant, à l’application des droits et taxes
ad valorem perçus en raison de la sortie du territoire national.
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ABRÉVIATIONS UTILISÉES
CDU : Code des Douanes de l’Union applicable depuis le 1er mai 2016.
BASES JURIDIQUES
Article 5 Définitions
Articles 12 à 15 Communication d’informations à la douane
Article 18 Représentant en douane
Articles 22 à 30 Décisions relatives à l’application de la législation douanière
Article 51 Conservation des documents
Article 53 Conversions monétaires
Articles 77 à 80 Dette douanière à l’importation
Article 85 Calcul des droits à l’importation / exportation (règle générale)
Article 86 Calcul des droits à l’importation / exportation (règle particulière)
Article 87 Lieu de naissance de la dette douanière
Article 127 Dépôt d’une déclaration sommaire d’entrée
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Concernant les régimes douaniers :
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PARTIE I.
Introduction
Les articles 69 à 76 du CDU, 71 et 145 à 147 du RDC et 127 à 146 du REC reprennent, pour
l’essentiel, les dispositions de l’Accord de l’OMC sur l’évaluation (l’Accord), auparavant connu
sous le nom d’Accord sur la mise en œuvre de l’Article VII de l’Accord Général sur les Tarifs
Douaniers et le Commerce de 1994 (Accord du cycle d’Uruguay - OMC).
L’Accord, qui est ouvert à l’accession de tous les pays, membre de l’OMC (164) ou non , est
appliqué par les pays industrialisés (à l’exception de la Suisse) et par la majorité des pays en
développement. Il a été approuvé par la Communauté économique européenne le 10 décembre 1979
et publié au Journal officiel des Communautés européennes le 17 mars 1980 (Règlement 1221/80).
Il institue un comité technique de l'évaluation en douane, qui se réunit deux fois par an, en vue
d'assurer l'uniformité d'interprétation et d'application de l'Accord. Parmi ses attributions, le Comité
technique est appelé à rendre des avis sur des questions techniques particulières à la demande de
membres. Les instruments publiés par ce comité sont disponibles, à la demande, auprès du bureau
de la politique tarifaire ou commerciale de la douane française ou sur le site de l’organisation
mondiale des douanes.
La valeur transactionnelle est la principale méthode d’évaluation en douane. Elle est définie à
l'article 70 du CDU et se réfère au prix des marchandises. Cette valeur doit être éventuellement
ajustée pour tenir compte des éléments limitativement énumérés aux articles 71 et 72 du CDU.
Lorsque la valeur en douane ne peut être déterminée selon les dispositions de l’article 70 du CDU,
les différentes méthodes d’évaluation secondaires doivent être employées dans l’ordre de leur
énonciation à l’article 74 du CDU.
Les méthodes secondaires conduisent également à se référer à des éléments objectifs, à partir de
valeurs déjà acceptées par la douane, pour des marchandises identiques ou similaires en provenance
du même pays d’exportation. À défaut, il sera fait référence à des données se rapportant à la
marchandise elle-même ou à des marchandises identiques ou similaires.
Les méthodes prévues à l’article 74-3 du CDU et 144 du REC permettent, en dernier recours,
l’utilisation de tous les moyens raisonnables, non expressément interdits, pour évaluer la
marchandise.
Dans tous les cas, le CDU exclut la possibilité de se référer à des valeurs minimales, arbitraires ou
fictives.
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SOUS - PARTIE I
CHAPITRE I.
La facture qui se rapporte à la valeur transactionnelle déclarée est requise comme document
d’accompagnement de la déclaration en douane (article 145 REC et article 163 CDU).
Ceci signifie que toutes les transactions qui peuvent être économiquement et légalement qualifiées
de vente doivent, de la manière la plus large possible, pouvoir être utilisées comme valeur
transactionnelle et ainsi refléter la valeur économique réelle des marchandises importées.
En l’absence de vente, il n’y a pas de valeur transactionnelle et seules les méthodes secondaires
s’appliquent pour évaluer les marchandises importées.
Lorsqu’il est établi que l’opération considérée constitue effectivement une vente, elle doit présenter
certaines caractéristiques pour être acceptable aux fins de l’évaluation en douane.
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La transaction retenue pour l’évaluation en douane doit être une vente pour l’exportation à
destination du TDU, dont la définition figure à l’article 4 du CDU.
Cette condition est remplie dès lors que la transaction a été conclue dans le but de transférer les
marchandises vers le TDU. Le mouvement des marchandises à l’échelle internationale doit être,
directement ou indirectement, corrélé à la vente retenue afin d’établir la valeur transactionnelle.
La vente doit être intervenue immédiatement avant l’introduction des marchandises dans le TDU.
En vertu des dispositions de l’article 128-1 du REC, la vente à retenir pour l’application de la
méthode de la valeur transactionnelle est celle intervenue immédiatement avant l’introduction des
marchandises dans le TDU, à condition, toutefois, qu’elle constitue une vente pour l’exportation à
destination du TDU.
En cas de ventes multiples avant importation, la dernière vente de la chaîne commerciale,
intervenue avant l’introduction des marchandises dans le TDU est celle pertinente pour l’utilisation
de la méthode de la valeur transactionnelle.
Le lieu où les marchandises sont considérées comme introduites dans le TDU est défini à l’article
137 du REC.
En l’absence de vente intervenue avant l’introduction des marchandises dans le TDU, la méthode de
la valeur transactionnelle ne pourra pas être utilisée.
Cependant, le second paragraphe de l’article 128 prévoit, dans certains cas spécifiés, l’utilisation de
la méthode de la valeur transactionnelle quand bien même aucune vente n’est intervenue avant
l’introduction des marchandises dans le TDU.
Lorsque les marchandises sont vendues pour l’exportation à destination du TDU, non pas avant leur
introduction mais alors qu’elles se trouvent sur le territoire en dépôt temporaire ou sont placées sous
un régime particulier autre que le transit interne, la destination particulière ou le perfectionnement
passif, la valeur transactionnelle est alors déterminée sur la base de cette vente.
Lorsque la marchandise a fait l’objet d’une vente, la valeur transactionnelle constitue la valeur à
déclarer en douane, à condition que les conditions prévues à l’article 70-3 du CDU soient remplies,
c’est-à-dire :
qu’il n’existe pas de restrictions concernant la cession ou l’utilisation des marchandises par
l’acheteur, autres que l’une quelconque de celles qui :
• sont imposées ou exigées par la loi ou par les autorités publiques de l’Union ;
• limitent la zone géographique dans laquelle les marchandises peuvent être
revendues ;
• n’affectent pas substantiellement la valeur en douane des marchandises.
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que la vente ou le prix ne soit pas subordonné à des conditions ou à des prestations dont la
valeur n’est pas déterminable pour ce qui se rapporte aux marchandises à évaluer.
Si la valeur est déterminable, elle sera considérée comme faisant partie du prix (article 133
du REC), sauf si elle se rapporte à un élément mentionné à l’article 71 du CDU ou à une
activité à laquelle s’applique l’article 129-2 du REC ;
que l’acheteur et le vendeur ne soient pas liés (au sens de l’article 127 du REC) ou que les
liens n’aient pas influencé le prix. Pour déterminer l’influence des liens entre les parties, il
faut se référer à l’article 134 du REC.
Dans le cas où la vente ne répond pas à ces conditions, la valeur en douane sera déterminée par
application des méthodes secondaires.
Par ailleurs, en vertu de l’article 140 du REC, si les autorités douanières ne sont pas convaincues,
sur la base de doutes fondés, que la valeur transactionnelle déclarée représente le montant total payé
ou à payer défini à l’article 70-1 du CDU, elles peuvent demander au déclarant de fournir des
informations supplémentaires.
Si les informations supplémentaires demandées au déclarant n’ont pas permis de dissiper ces
doutes, elles peuvent décider de rejeter la valeur transactionnelle déclarée.
Enfin, même si toutes les conditions sont remplies mais que l’opérateur ne peut pas déterminer la
valeur transactionnelle de manière définitive au moment de l’importation, et s’il ne dispose pas des
autorisations adéquates (autorisation de valeur provisoire ou autorisation d’ajustement – voir infra),
la valeur devra être déterminée pas application des méthodes secondaires.
Le prix effectivement payé ou à payer (article 70-1 et 70-2 du CDU) est la contrepartie financière de
la marchandise. Il correspond à l’intégralité du paiement effectué ou à effectuer par l’acheteur au
vendeur ou au bénéfice de celui-ci pour les marchandises importées (article 129 du REC).
Pour autant, comme en dispose l’article 129-2 du REC, les activités y compris celles se rapportant à
la commercialisation, menées par l’acheteur ou par une entreprise liée à l’acheteur pour le compte
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de ce dernier ou pour le compte de l’entreprise, autres que celles pour lesquelles un ajustement est
prévu à l’article 71 du CDU, ne sont pas considérées comme un paiement indirect au vendeur.
En matière de fret postal, l’article 139 du REC rappelle que les taxes postales frappant jusqu’au lieu
de destination les marchandises acheminées par la Poste sont à incorporer en totalité dans la valeur
en douane de ces marchandises, à l’exception des taxes postales supplémentaires éventuellement
perçues sur le territoire douanier de l’Union.
Lorsque les marchandises déclarées pour un régime douanier constituent une partie d’une plus
grande quantité des mêmes marchandises achetées dans le contexte d’une transaction unique, le prix
payé ou à payer (article 70-1 du CDU) est calculé proportionnellement au prix pour la quantité
totale achetée.
Une répartition proportionnelle du prix effectivement payé ou à payer s’applique également en cas
de perte partielle d’un envoi ou en cas de dommage subi par les marchandises avant la mise en libre
pratique de celles-ci.
Une réduction de prix ou remise désigne généralement une diminution du prix facturé par le
vendeur à l’acheteur.
On emploie également indifféremment des termes tels que remises, rabais, ristournes, avoirs, etc.
La réduction peut apparaître sur la facture qui comporte alors l’indication du prix brut, de la
réduction et, dans la plupart des cas, du prix net. Elle peut également ne pas apparaître, le prix net
étant seul mentionné.
De manière générale, les réductions de prix accordées par le vendeur à l’acheteur sont admises en
déduction du prix considéré pour la détermination de la valeur en douane, sous réserve :
Les remises et les réductions découlant de modifications apportées au contrat après l’acceptation de
la déclaration en douane ou dont les montants ne sont pas connus lors du dédouanement ne sont pas
prises en considération (article 130-3 du REC).
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IV. Les réductions pour paiement anticipé
Comme précisé à l’article 130-2 du REC, les réductions pour paiement anticipé (escomptes) sont
prises en considération pour les marchandises dont le prix n’a pas été effectivement payé au
moment de l’acceptation de la déclaration en douane.
Dès lors, lorsqu’au moment de l’évaluation en douane, l’acheteur bénéficie d’un escompte de la part
du vendeur pour paiement anticipé selon des échéances préfixées, il sera pris en considération dans
la valeur transactionnelle, déterminée de façon définitive, bien que le paiement de la marchandise ne
soit pas encore intervenu.
Lorsque les marchandises déclarées constituent une partie d’une plus grande quantité des mêmes
marchandises achetées dans le contexte d’une transaction unique, le prix payé ou à payer (article 70-
1 du CDU) est calculé proportionnellement au prix payé ou à payer pour la quantité totale achetée
(article 131-1 du REC).
VII. Les pertes partielles d’un envoi de marchandises, les marchandises manquantes ou les
dommages subis par les marchandises
L’article 131-2 du REC prévoit également qu’une répartition proportionnelle du prix effectivement
payé ou à payer s’applique en cas de perte partielle d’un envoi ou en cas de dommage subi par les
marchandises avant la mise en libre pratique des marchandises à évaluer.
Ces dispositions permettent donc de prendre en considération tous les dommages ou les pertes de
marchandises survenus en cours de transport et constatés avant le dédouanement, quelle que soit la
nature du contrat de vente (FOB / FAB, CIF / CAF, etc – Règles Incoterms® 2020).
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VIII. Ajustements de prix postérieurs à l’importation, sur la base de dispositions
contractuelles valides au moment du dédouanement
Si des éléments du prix ne sont pas encore connus au moment du dédouanement, ce qui peut être le
cas quand le prix se base sur un élément inconnu au moment du dédouanement (marge
commerciale, etc.), l’opérateur, pour pouvoir déterminer le prix en vertu de l’article 70-1 du CDU,
devra solliciter, de la part de l’administration des douanes, une autorisation de valeur provisoire ou
une autorisation d’ajustement de la valeur en douane (cf. p.20 et 21).
Ces dispositions concernent aussi bien les éventuelles remises, que les paiements complémentaires,
calculés postérieurement à l’importation.
De la même manière, si une non-conformité avec les stipulations du contrat est constatée avant le
dédouanement, mais que le montant de l’indemnité n’est pas connu, il y a lieu de recourir à l’une
des autorisations.
CHAPITRE II.
Les éléments à ajouter au prix effectivement payé ou à payer, limitativement énumérés à l’article 71
du CDU, regroupent :
la valeur des contenants et des emballages (article 71-1 a) ii) et iii) du CDU) ;
les frais de transport et d’assurance tiers pour les marchandises importées (article 71-1
e) du CDU, article 138 du REC, annexe 23-01 du REC) ;
Conformément à l’article 71-2 du CDU, tout élément qui est ajouté au prix effectivement payé ou à
payer est fondé sur des données objectives et quantifiables.
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L’article 70-3 du CDU rappelle qu’aucun élément n’est ajouté au prix payé ou à payer, à l’exception
de ceux mentionnés à l’article 71 du CDU.
Attention, les paiements complémentaires peuvent toutefois se rapporter au prix effectivement payé
ou à payer, pour autant que les conditions visées aux articles 70 du CDU et 129 du REC soient
remplies.
Si la valeur des éléments à ajouter au prix effectivement payé ou à payer n’est pas définitivement
connu au moment de l’importation, deux possibilités sont notamment offertes au déclarant pour
sécuriser la déclaration de la valeur :
À défaut d’une autorisation spécifique préalable délivrée par l’administration des douanes,
l’opérateur devra utiliser une méthode secondaire d’évaluation en douane.
CHAPITRE III.
Les éléments à retrancher au prix effectivement payé ou à payer, limitativement énumérés à l’article
72 du CDU, regroupent :
les frais de transport après l’entrée des marchandises dans le TDU (article 72 a) du
CDU) ;
les montants des intérêts au titre d’un accord de financement conclu par l’acheteur et
relatif à l’achat des marchandises importées, que le financement soit assuré par le vendeur ou par
une autre personne, pour autant que l’accord de financement considéré a été établi par écrit et que
l’acheteur peut démontrer, si demande lui en est faite, que les conditions suivantes sont réunies :
• de telles marchandises sont effectivement vendues au prix déclaré comme prix
effectivement payé ou à payer ;
• le taux d’intérêt réclamé n’excède pas le niveau couramment pratiqué pour de telles
transactions au moment et dans le pays où le financement a été assuré (article 72 c) du CDU) ;
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les frais relatifs au droit de reproduire dans l’Union les marchandises importées (article
72 d) du CDU) ;
nonobstant l’article 71-1 c) (relatif aux redevances), les paiements effectués par l’acheteur
en contrepartie du droit de distribuer ou de revendre les marchandises importées, si ces
paiements ne sont pas une condition de la vente pour l’exportation des marchandises à destination
de l’Union (article 72-g) du CDU).
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SOUS - PARTIE II
En l’absence de valeur transactionnelle (article 70-1 du CDU) ou si cette dernière n’est pas
acceptable pour l’évaluation en douane, il est nécessaire d’appliquer les méthodes secondaires
(article 74 du CDU) pour déterminer la valeur en douane.
Les méthodes secondaires sont à appliquer dans leur ordre d’énonciation et il n’est possible de
passer d’une méthode à l’autre que dans la mesure où la précédente n’est pas applicable. Le choix
de la méthode d’évaluation retenue dépend des éléments et informations à la disposition de
l’opérateur, voire de l’administration. Il doit être justifié et les éléments d’appréciation sont
communiqués à l’opérateur.
Les méthodes du dernier recours doivent être utilisées uniquement lorsque toutes les méthodes
précédentes se sont révélées inapplicables.
Il est nécessaire, lors de l’utilisation des méthodes secondaires, qu’une coopération s’instaure entre
l’administration et le déclarant en vue de parvenir à une détermination rapide et satisfaisante de la
valeur à déclarer.
Enfin, lorsque des éléments nécessaires à la détermination de la valeur en douane ne sont pas
connus au moment du dédouanement et que l’opérateur utilise une des méthodes secondaires,
l’opérateur est invité à solliciter, en amont des opérations de dédouanement, une autorisation de
valeur provisoire. À défaut, la méthode secondaire d’évaluation en douane à utiliser devra prendre
en considération la valeur des éléments manquants.
CHAPITRE I
Pour déterminer la valeur en douane des marchandises importées, il convient de se référer à une
valeur transactionnelle déjà acceptée et relative à des marchandises identiques, voire similaires.
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Chacune de ces deux méthodes est subordonnée à de strictes conditions d’application.
Les marchandises identiques sont définies à l’article 1-4 du REC comme étant « produites dans le
même pays [et] qui sont identiques en tous points, y compris les caractéristiques physiques, la
qualité et la réputation ».
Des différences d’aspect mineures n’empêchent pas des marchandises d’être considérées comme
identiques.
Définies à l’article 1-14 du REC, les marchandises similaires sont des « marchandises produites
dans le même pays qui, sans être pareilles à tous les égards, présentent des caractéristiques
semblables et sont composées de matières semblables, ce qui leur permet de remplir les mêmes
fonctions et d’être commercialement interchangeables ».
Conformément aux dispositions de l’article 74-2 a) du CDU et 141 du REC, pour pouvoir être
utilisées afin d’établir la valeur en douane, il est nécessaire que les marchandises identiques, voire
similaires, aient été :
vendues pour l’exportation à destination du TDU ;
exportées au même moment ou à peu près au même moment que les marchandises à
évaluer ;
vendues au même niveau commercial ;
vendues sensiblement dans les mêmes quantités.
En l’absence de telles ventes, il est possible de se référer à des ventes réalisées à un autre niveau
commercial ou dans des quantités différentes.
La valeur transactionnelle est ajustée pour tenir compte des différences qui peuvent exister entre les
frais afférents, d’une part, aux marchandises importées et, d’autre part, aux marchandises identiques
ou similaires considérées, par suite de différences de niveau commercial de vente, de quantités, de
modes de transport et de distances.
Lorsque plusieurs valeurs transactionnelles sont constatées pour des marchandises identiques ou
similaires, il faut prendre la valeur transactionnelle la plus basse pour déterminer la valeur en
douane des marchandises importées.
Les termes de « marchandises identiques » et « marchandises similaires » ne s’appliquent pas aux
marchandises qui incorporent ou comportent, selon les cas, des travaux d’ingénierie, d’étude, d’art
et de design, plans et croquis, pour lesquels aucun ajustement n’a été réalisé par application de
l’article 71-1-b iv) du CDU, du fait que ces travaux ont été exécutés dans l’Union.
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Une valeur transactionnelle de marchandises produites par une personne différente ne doit être prise
en considération que si aucune valeur transactionnelle de marchandises identiques ou similaires,
produites par la même personne que les marchandises à évaluer, ne peut être constatée.
Lorsque l’utilisation des méthodes comparatives ne permet pas de déterminer la valeur en douane, il
convient d’étudier la méthode suivante, c’est-à-dire la méthode déductive ou celle de la valeur
calculée.
CHAPITRE II
LA MÉTHODE DÉDUCTIVE
Elle consiste à déterminer la valeur en douane en prenant comme base de calcul une valeur fondée
sur le prix unitaire correspondant aux ventes sur le TDU :
En vertu des dispositions de l’article 142 du REC, les ventes suivantes ne sont pas prises en
considération afin de déterminer la valeur en douane :
Lorsque la quantité la plus élevée est vendue à un prix particulièrement faible (par exemple lorsqu’il
s’agit d’un lot avarié), ce prix ne peut être retenu, car il n’est pas significatif.
Une fois la valeur déterminée, les éléments infra doivent en être déduits :
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La valeur en douane de certaines marchandises périssables visées à l’annexe 23-02 du REC et
importées en consignation peut être directement déterminée sur la base de la méthode déductive. À
cet effet, les prix unitaires sont notifiés à la Commission par les États membres et diffusés par celle-
ci au moyen du TARIC, conformément à l’article 6 du règlement (CEE) no 2658/87 du Conseil.
CHAPITRE III
La méthode de la valeur calculée consiste à établir la valeur en douane à partir des éléments
constitutifs du prix, communiqués par le producteur de la marchandise considérée, c’est-à-dire :
• du coût de production (coût de la main d’œuvre, coût des matières consommées, coût
des outils, matrices, moules et objets similaires, coût d’assemblage, coût d’utilisation des machines
lors du processus de fabrication), qui regroupe toutes les dépenses inhérentes aux opérations visant
à créer des biens économiques ;
• du coût des contenants et le coût de l’emballage (voir l’article 71-1 a) ii) et iii) du
CDU) ;
• de la valeur, imputée dans les proportions appropriées, des apports (produits et
services mentionnés à l’article 71-1 b) du CDU), qui auraient été fournis directement ou
indirectement par l’acheteur, sans frais ou à coût réduit, pour être utilisés dans la production des
marchandises importées. La valeur des apports, mentionnés à l’article 71-1 b) iv) du CDU et
exécutés dans l’Union n’est incluse que dans la mesure où ces éléments sont mis à la charge du
producteur.
d’un montant représentant les bénéfices et les frais généraux égal à celui qui entre
généralement dans les ventes de marchandises de la même nature ou de la même espèce que les
marchandises à évaluer, qui sont faites par des producteurs du pays d’exportation à destination de
l’Union. Les frais généraux s’entendent comme les coûts directs et indirects de la production et de la
commercialisation des marchandises pour l’exportation, qui ne sont pas inclus en vertu de l’article
74-2 d) i) du CDU (matières et opérations de fabrication) ;
Le coût ou la valeur des éléments supra ne peut, en aucun cas, être compté deux fois dans la
détermination de la valeur calculée.
Cette méthode peut être utilisée uniquement si le producteur des marchandises exportées dans le
TDU est disposé à fournir les données nécessaires, issues de sa comptabilité générale, détaillant ses
coûts. L’utilisation de cette méthode suppose que l’administration des douanes puisse conduire
toutes les vérifications ultérieures nécessaires (article 143-1 du REC).
Si cette dernière n’est pas convaincue par la véracité ou l’exactitude des renseignements présentés,
la méthode de la valeur calculée ne pourra être retenue.
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CHAPITRE IV
Lorsque les méthodes secondaires précédemment évoquées (article 74-2 du CDU) se sont révélées
inapplicables, les méthodes du dernier recours (méthodes « fall back »), prévues aux articles 74-3 du
CDU et 144 du REC, doivent être mises en œuvre pour déterminer la valeur en douane des
marchandises importées.
Dès lors, il s’agit de déterminer la valeur en douane sur la base de données disponibles dans
l’Union, par des moyens raisonnables compatibles avec les principes et les dispositions générales de
l’Accord relatif à la mise en œuvre de l’article VII de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le
commerce (Accord de l’OMC sur l’évaluation) et les dispositions des articles 69 à 76 du CDU.
En pratique, les méthodes du dernier recours consistent, dans un premier temps, à tenter d’utiliser
les méthodes secondaires précédentes, dans leur ordre de priorité, mais avec une souplesse
raisonnable dans leur application. La valeur ainsi déterminée se fonde, dans la plus grande mesure
possible, sur des valeurs en douane déterminées antérieurement (Article 144-1 du REC).
Si l’article 144-1 ne peut être appliqué, c’est-à-dire si la valeur en douane ne peut être déterminée en
appliquant les méthodes secondaires avec une souplesse raisonnable, il faut se référer à l’article
144-2 du REC.
Dans ce cas d’autres méthodes appropriées peuvent être utilisées à condition qu’elles ne soient pas
expressément exclues. Ainsi, la valeur en douane, déterminée selon les méthodes du dernier recours,
ne peut se fonder sur les éléments suivants :
Il peut s’agir, par exemple, d’avoir recours à des tarifs de ventes pour l’exportation à destination du
pays d’importation ou encore une évaluation à partir du montant des loyers.
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SOUS-PARTIE III
CHAPITRE I
Depuis le 1er mai 2016, les déclarations incomplètes sont couvertes par une procédure dénommée
« déclaration simplifiée » (article 166 et suivants du CDU) dont relève l’autorisation de valeur
provisoire.
Les autorités douanières peuvent accepter le placement de marchandises sous un régime douanier
sur la base d’une déclaration simplifiée qui omet une partie des énonciations ou des documents
exigés dans le cadre d’une déclaration en douane établie selon les modalités de droit commun.
Dans ce cas, l’article 167 du CDU prévoit que « le déclarant doit déposer au bureau de douane
compétent, dans un délai déterminé, une déclaration complémentaire comportant les énonciations
nécessaires pour le régime douanier concerné ». Les conditions sont précisées aux articles 146 et
147 du RDC.
Dans un premier temps, les marchandises sont dédouanées sur la base d’une déclaration simplifiée
de la valeur, provisoirement déterminée sur la base des éléments connus et d’une estimation des
éléments inconnus (phase 1), avant d’être régularisée, par le dépôt d’une déclaration
complémentaire comportant l’ensemble des éléments nécessaires au calcul de la valeur en douane
réelle et définitive (phase 2). L’autorisation de valeur provisoire peut être délivrée pour des flux à
l’import comme à l’export, quelle que soit la méthode d’évaluation en douane utilisée (valeur
transactionnelle ou méthodes secondaires).
En tant que décision relative à l’application de la législation douanière, cette autorisation est
soumise aux règles générales de délivrance des décisions douanières (article 22 et suivants du
CDU).
L’autorisation de valeur provisoire peut être ponctuelle, sollicitée par l’opérateur en amont de la
déclaration en douane, et ne concerner qu’une opération douanière particulière. Dans ce cas, elle
relève exclusivement de l’article 166-1 du CDU.
Pour les flux réguliers, l’utilisation de cette procédure doit faire l’objet d’une autorisation
formalisée, délivrée en amont des opérations, par le pôle de gestion des procédures du bureau de
dédouanement, conformément à l’article 166-2 du CDU. L’autorisation de valeur provisoire utilisée
de manière régulière est accordée si les conditions d’octroi prévues à l’article 145 du RDC sont
remplies.
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CHAPITRE II
L’AUTORISATION D’AJUSTEMENT
En vertu de l’article 73 du CDU, les autorités douanières peuvent délivrer une autorisation
d’ajustement lorsque certains éléments, de la valeur transactionnelle uniquement, ne sont pas
quantifiables lors du dédouanement. L’autorisation d’ajustement permet de déclarer une valeur en
douane définitive par application d’un taux d’ajustement (ou d’un forfait – voir infra) calculé sur la
base de données antérieures fournies par l’opérateur.
Ainsi, il est possible de déposer une demande d’autorisation d’ajustement lorsque le prix lui-même
est sujet à variation (à la hausse comme à la baisse) après dédouanement (paiements
complémentaires, etc.).
Directement appliqué au prix facturé par article sur la déclaration en douane, le taux d’ajustement
correspond à l’élément de la valeur transactionnelle dont le montant n’est pas connu lors du
dédouanement.
Un forfait d’ajustement peut remplacer le taux d’ajustement et couvrir les éléments à réintégrer dans
la valeur transactionnelle lorsque les frais sont fixes ou ne sont pas fonction du prix facturé
(exemple : poids / distance pour des frais de transport) et que son utilisation est jugée pertinente.
Cette autorisation est délivrée, en amont des opérations d’importation envisagées, par le bureau de
la politique tarifaire et commerciale de la Direction générale des douanes et droits indirects.
En tant que décision relative à l’application de la législation douanière, cette autorisation est
soumise aux règles générales de délivrance des décisions douanières (article 22 et suivants du
CDU).
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DEUXIÈME PARTIE
La valeur des marchandises à l’exportation est définie par l’article 36 du Code des douanes
(national) qui dispose :
Cette définition étant une définition nationale, le point de sortie auquel elle se réfère est le point de
sortie du territoire national.
Toutefois, les principes d’évaluation retenus à l’importation sont, de manière générale, applicables à
l’exportation.
La valeur des marchandises exportées doit correspondre à l’intégralité du prix que paie l’acheteur en
contrepartie de la fourniture des marchandises.
La valeur étant déterminée au point de sortie, le prix à prendre en considération dans le cas d’une
succession de ventes est le prix pour la dernière vente intervenue avant l’exportation.
Transport maritime : lorsque la marchandise est expédiée à l’étranger par la voie maritime, la
valeur en douane est la valeur FOB / FAB - Incoterms® 2020 - de la marchandise, port
d’embarquement convenu, s’il s’agit d’un port national.
Il convient donc de ramener le prix des marchandises exportées à la valeur FOB / FAB lorsque
celles-ci sont facturées autrement.
Lorsque le prix facturé est un prix qui ne comprend pas les frais de mise à bord du navire, il est
admis, par tolérance administrative et souci de simplification, que ces frais, qui ne sont en général
pas connus au moment du dépôt de la déclaration d’exportation, ne soient pas pris en considération.
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Transport aérien : lorsque la marchandise est transportée par voie aérienne, la valeur en douane est
la valeur franco-aéroport de départ, s’il s’agit d’un aéroport national. Cette valeur correspond à la
valeur de la marchandise majorée des frais de transport et d’assurance jusqu’à l’aéroport
d’embarquement.
Elle ne comprend donc pas, notamment, les frais de manutention et de chargement à l’aéroport de
départ ou les honoraires de commissionnaire en douane et la commission de transit.
Transport terrestre : lorsque la marchandise est transportée par route, chemin de fer ou par voie
fluviale, la valeur en douane est la valeur franco-frontière française.
B. Les commissions
Le prix facturé à l’acheteur peut servir de base à la valeur à l’exportation sans qu’il y ait lieu :
d’en déduire la commission éventuellement versée par l’exportateur à un représentant, agent
ou commissionnaire établi à l’étranger ;
d’y ajouter la commission éventuellement due par l’acheteur à un représentant, agent ou
commissionnaire établi en France.
Cependant :
si l’exportateur a versé une commission à un intermédiaire établi en France à l’occasion de la
vente, cette commission est normalement comprise dans le prix facturé à l’acheteur étranger et
ne doit pas être déduite pour l’établissement de la valeur à l’exportation ;
la commission éventuellement versée par l’acheteur à un intermédiaire établi à l’étranger, à
l’occasion de la vente, ne doit pas être ajoutée au prix facturé pour la détermination de la
valeur à l’exportation.
Lorsque la vente donnant lieu à l’exportation est faite par un commissionnaire agissant pour le
compte du vendeur, mais en son propre nom, la valeur à l’exportation est déterminée :
sur la base du prix facturé à l’acheteur par le commissionnaire si celui-ci est établi en France ;
sur la base du prix facturé par le vendeur au commissionnaire si celui-ci est établi à
l’étranger ; lorsque, dans ce dernier cas, le prix facturé ne comprend pas la rémunération du
commissionnaire, cette rémunération n’est pas ajoutée au prix ; elle n’est toutefois pas à
déduire lorsqu’il la comprend.
Lorsque les frais afférents aux études et aux outillages spéciaux nécessaires à la fabrication des
marchandises exportées ont été engagés par le fabricant des marchandises, l’incidence de ces frais
est normalement comprise dans le prix facturé et, par voie de conséquence, dans la valeur à
l’exportation.
Lorsque les études et outillages nécessaires à la fabrication de la marchandise exportée ont été mis
gratuitement à la disposition du fabricant des marchandises, le prix facturé par le fabricant à
l’acheteur étranger ne comprend pas l’incidence des frais afférents ; ce prix peut néanmoins, sans
être ajusté à ce titre, servir de base à la valeur à l’exportation.
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D. Redevances et droits de licence (y compris droits d’auteur, droits de reproduction)
Si la valeur du droit intellectuel attaché à la marchandise exportée est incluse dans le prix, elle est
également incluse dans la valeur à l’exportation déterminée sur la base de ce prix.
Si la valeur du droit intellectuel est payée sous forme de redevance ou de droit de licence, il n’y a
pas lieu de l’incorporer dans la valeur à l’exportation.
Les droits de sortie et, par assimilation, les prélèvements à la sortie, sont exclus de la valeur à
l’exportation.
Par conséquent, lorsque le prix facturé pris pour base de l’évaluation comprend au surplus ces
éléments, ceux-ci doivent en être déduits. Dans le cas où l’exportateur les facturerait séparément à
son acheteur, leur montant ne serait pas à ajouter au prix facturé pour déterminer la valeur à la
sortie.
Le montant des restitutions et autres aides octroyées lors de l’exportation des marchandises ne sont
ni à ajouter ni à retrancher du prix facturé pour la détermination de la valeur à l’exportation.
Toutefois, si le prix facturé a été établi sans tenir compte de ces aides et que l’exportateur a porté
leur montant en déduction sur la facture ou a crédité son client étranger de tout ou partie de leur
montant, cette déduction ou ce crédit est pris en considération pour l’établissement de la valeur.
Hélène GUILLEMET
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