État terroriste

État terroriste

Terrorisme d'État

Le terrorisme d'État consiste en l'exercice illégitime par l'Thomas Hobbes selon lequel l'individu accepte d'abdiquer une partie de sa liberté en échange de la protection de l'État et qu'elle ne vise pas au maintien, menacé, de l'État mais à un accroissement de ses prérogatives. Le terrorisme d'État est donc un enjeu taxinomique puisqu'il met en cause non seulement l'image protectrice de l'État mais aussi la nature des rapports que l'État entretient avec la violence[1].

Sommaire

Origine

Le terrorisme d'État est à l'origine une variante du terrorisme. Or la notion même de « terrorisme » est issue de l'histoire révolutionnaire française et du régime de la Terreur. Comme le remarque Jean-François Gayraud[2], il y eut une expérience concrète avant qu'apparaisse le terme. Selon ses mots, il s'agit « d'une vaste machine politique » qui a organisé des assassinats et des exécutions, soutenue par le pouvoir judiciaire puisque le pouvoir politique avait voté des lois d'exception. Par la suite, l'expression « terrorisme dÉtat » a été forgée, dans le cadre de la URSS pour désigner l'opération Condor : une stratégie de répression des mouvements insurrectionnels d'extrême-gauche mise en place par les régimes autoritaires d'Amérique du Sud dans les torture. La « disparition forcée » fut un des phénomènes marquants de cette période (voir à ce sujet le mouvement de Las madres de la plaza de Mayo en Terrorisme d'État et secret d'État

Par définition, le terrorisme d'État reste difficile à identifier puisqu'il relève du secret et que la difficulté tient à mettre en relation de façon formelle la perpétration des actes relevant du terrorisme et l'État qui en est le commanditaire. Ceci est compliqué par le rideau qui empêche de faire la distinction entre l'autorité qui a donné l'ordre et celui qui n'est pas au courant. Le concept reste souvent totalement tabou dans le cadre des relations diplomatiques entre deux pays. Dans le traitement médiatique, les journalistes évitent égalementpar manque d'éléments de preuvede procéder à une attribution en direction d'un État et préfèrent s'en tenir d'abord à la réserve.

Webster G. Tarpley définit ainsi le terrorisme d'État moderne : « [il est] le moyen par lequel les oligarchies mènent contre les peuples une guerre clandestine qu'il serait politiquement impossible de mener ouvertement[3]. »

Dans ces conditions, rares sont les affaires les États sont mis en cause au plus haut niveau de façon flagrante. En 1985, l'attentat du Rainbow Warrior, attribué à attentat de Lockerbie attribué à l'État libyen en 1988 et qui donnera lieu à un processus qui aboutira 15 ans après à la reconnaissance par la Libye de sa responsabilité. Un processus similaire, conduit par un collectif de victimes, Les Familles du DC10 d'UTA, se produira pour l'attentat commis le 19 septembre 1989 vol 772 UTA, pour lequel la Libye, encore elle, reconnaîtra sa responsabilité et indemnisera les familles des 170 victimes.

Noam Chomsky écrivait en 1989 que « l'Opération Mongoose, qui jusque ici gagne le prix de la plus grande entreprise isolée de terrorisme international au monde, lancée par l'administration Kennedy juste après la [4]. Elle avait un budget de 50 millions de dollars par an, employait 2500 personnes dont environ 500 américains, et resta malgré tout secrète pendant 14 années, de 1961 à 1975. Elle fut révélée en partie par la « par quelques bonnes enquêtes journalistiques ».

La notion de terrorisme d'État peut également être utilisée dans le cadre d'une critique politique : c'est le cas pour Noam Chomsky qui considère les [5]. Il s'appuie en particulier sur un jugement rendu par la Nicaragua[6].

Le thème du Terrorisme d'État américain a été repris par d'autres commentateurs critiques, comme l'historien Jean-Michel Lacroix, pour qui « On ne saurait oublier que si les États-Unis condamnent [après le 11 Septembre] le terrorisme d'État, c'est après l'avoir appuyé en Indonésie, au Cambodge, en Iran ou en Afrique du Sud » [7].

Méthodes de terrorisme d'État

Les tribunaux expéditifs, la torture, les explosions terroristes, le [8].

[9],[10]. »

Les citoyens des nations occidentales sont généralement protégés des procès injustes par des protections constitutionnelles ou législatives et les procédures judiciaires, bien que, par exemple, récemment aux États-Unis, ces protections auraient été écartées dans l'affaire Hamdi v. Rumsfeld en 2004[réfnécessaire]. Les autres nations peuvent avoir des institutions plus faibles et des régimes instables qui permettent aux gouvernements d'avoir une influence plus importante sur le déroulement des procès.

Amnesty International signale qu'en 2003, dans 132 pays la torture a été pratiquée par des membres des forces de sécurité, de la police ou dautres agents de lÉtat[11].

Attentats

Cinq membres de l'administration attentat de l'AMIA à Hezbollah par mesure de rétorsion contre l'[12].

Assassinats

Les assassinats ou meurtres politiques ont lieu quand des agents de l'État tuent des citoyens jugés comme des menaces, ou pour intimider des communautés. Ils peuvent être réalisés par des militaires, les services de renseignement, les forces de polices ou des milices paramilitaires (type « SDF, les enfants des rues, les leaders de syndicats, les peuples indigènes, les religieux, les activistes, les journalistes et les universitaires. Ces escadrons protègent généralement leurs donneurs d'ordre par l'illusion d'une criminalité spontanée. Souvent, les corps sont dissimulés, augmentant la détresse des familles et des communautés. Ces cas sont connus sous le nom de « disparitions forcées », particulièrement en Amérique du Sud.

Le « Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires » de l'ONU a été créé en 1980 pour enquêter sur le phénomène global des disparitions inexpliquées.

L'élimination d'opposants politiques, s'ils se déroulent à l'étranger, est en règle générale organisé, directement ou indirectement, par les services secrets de l'État incriminé.

Voici quelques exemples en ce domaine :

  • dissident bulgare, auteur de romans et de pièces de théâtre a été assassiné en 1978 par les services secrets parapluie bulgare.
  • Moussa Koussa, responsable des services secrets lybiens, a été expulsé du Royaume-Uni en juin 1980 après avoir déclaré que son pays allait exécuter deux opposants sur le sol britannique et il est soupçonné d'avoir coordonné une demi-douzaine d'éliminations physiques en Europe [14].
  • Les « éliminations ciblées » de dirigeants palestiniens, ordonnées par [16].

Cas de la péninsule Coréenne

Article détaillé : Relations inter-Corées.

Des affrontements entre les forces armées ou les services secrets de la Corée du Sud au cours d'opérations d'espionnage, d'actes de terrorisme, d'pêches ont fait depuis la fin des opérations militaires en Corée des centaines de victimes civiles et militaires [17]. Ces deux États sont juridiquement encore en guerre, aucun traité de paix n'ayant était signé entre les deux parties suite à l'subversifs et des équipes de guérillas qui furent vite neutralisés[18] avec quelques fois de lourdes pertes dans les deux camps. Plusieurs attentats sont commis contre des membres du gouvernements du Sud jusqu'aux années 1980 dont deux contre le président Park Chung-hee en 1968 et 1974.

Les années records d'infiltrations ont été 1967 et 1968 avec 743 agents armés recensés sur les 3 693 infiltrés connus entre 1954 et 1992[19].

Après la guerre de Corée ou au cours de la période de la Guerre froide, un total de 3 795 Sud-Coréens, essentiellement des pécheurs, ont été enlevés et emmenés en Corée du Nord. Par la suite, par des négociations du gouvernement de la Corée du Sud et des efforts par l'intermédiaire de l'Office coréen de la 2007[20]. Le [21] au cours des années 1970 et 1980 par les services secrets nord-coréens[22], cinq d'entre ont regagné le Japon le 15 octobre 2002[23]. Plusieurs témoignages font également état d'enlèvements de femmes de diverses nationalités à Macao, en Thaïlande, en Italie, aux Pays-Bas, en Roumanie, au Liban et en Syrie [24].

Le 21 janvier 1968, une attaque de la Maison Bleue, la résidence présidentielle de Séoul, par un commando des forces spéciales du Nord de 31 hommes se solde par 28 tués et un prisonnier du côté nord-coréen, 68 morts civils et militaires et 66 blessés du côté de la Corée du Sud, et par trois soldats tués et trois blessés du côté américain[25].

Le 11 décembre 1969, un avion de ligne YS-11 reliant Kangnung à Séoul est détourné par un agent nord-coréen sur Pyongyang avec 51 personnes à bord (pirate de l'air inclus). Celui ci est endommagé à l'atterrissage[26] et 11 personnes n'ont jamais regagné la Corée du Sud [27].

Le 9 novembre 1983, un attentat à Rangoon contre le président sud-coréen pagode Shwedagon fait 17 morts dans son entourage, dont quatre ministres[28].

Le 29 novembre 1987, un Korean Air reliant [29] et le second, une femme, Kim Hyun-Hee passant aux aveux[30] est condamnée à mort le 25 avril 1989 par le tribunal de Séoul pour cet acte puis est finalement Roh Tae-woo.

Terrorisme et manipulation

Dénonciation par l'extrême gauche

L'expression de « terrorisme d'État » est aujourd'hui employée dans certains milieux d'extrême gauche pour dénoncer ce qu'ils estiment être un amalgame injustifié entre le terrorisme et ce qu'ils appellent la « lutte révolutionnaire ». En effet les actions de certains groupes qualifiées de terroristes relèveraient de la résistance légitime. Le terrorisme d'État serait également la cause de la sclérose des sociétés puisqu'il permettrait d'étouffer les revendications du peuple en instillant un sentiment d'insécurité qui entraînerait une mobilisation de chacun derrière les gouvernements en place.[pas clair]

Dans cette optique, il existe donc des degrés d'implication très différents de l'État, depuis le terrorisme actif, le soutien à des organisations terroristes indépendantes, jusqu'à l'inaction délibérée. On peut rapprocher ces concepts de notions de droit pénal individuel français ou l'on parle de « meurtre », « complicité de meurtre », ou de « non-assistance à personne en danger ».

Par ces actions terroristes, un état peut contrôler sa population : une population terrorisée par des attentats, attribués sciemment à des [31], la médiatisation des attentats ou des risques d'attentats a pour effet de détourner l'attention de la population de certaines réalités économiques, sociales ou politiques. Le terrorisme d'État serait donc utilisé par les gouvernants pour justifier le renforcement de mesures de surveillance et de contrôle de la population, voire l'instauration de tribunaux d'exception. Si les actions violentes de « mouvements de résistances armés » sont considérés comme légitimes dans une certaine rhétorique d'extrême-gauche[32], elles sont par contre condamnées lorsqu'elles sont attribuées au camp adverse, soit à l'extrême-droite ou à l'« État bourgeois ».

Autres attributions contestées

Articles détaillés : Attentats du 11 mars 2004 à Madrid.

Attribuer un attentat à tel ou tel groupe ennemi, ou attribuer à un État un acte terroriste, est une méthode de propagande a haut risques. Ainsi, les Euskadi ta Askatasuna (ETA) alors que l'enquête s'orientait rapidement vers les groupes islamistes ont fait chuter le gouvernememt en place lors d'élections ayant lieu peu après .

Les mouvements d'extrême-gauche accusèrent les services secrets italiens d'avoir manipulé l'opinion publique en commanditant l'1980, alors que le gouvernement italien avait d'abord soupçonné les Organisation de libération de la Palestine. En l'occurrence, l'extrême-droite a bien été jugée responsable de l'attentat et des néonazis condamnés.

Un degré au-dessus, il arrive aux services secrets eux-mêmes d'utiliser la couverture de groupes terroristes. Le cas le mieux établi est la Main Noire, prétendu groupe de colons français anti-indépendantistes au Maroc, en fait émanation des services coloniaux français.

Plus récemment, on a soupçonné le FSB d'avoir monté certains attentats en Russie pour les attribuer à des groupes tchétchènes[33].

Voir aussi

Bibliographie


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article État terroriste de Wikipédia en français (auteurs)

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