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Lycée Saint-Louis. PSI*2. Année 2024–2025.

Programme de colle – Suites et séries de fonctions

Dans tout ce chapitre, I désigne un intervalle non banal de R. Si J est un intervalle 2) On prend I = [0, 1[ et fn (t) = tn et f = 0̃. Il y a convergence simple vers f ,
contenu dans I et si f est une fonction de I dans K = R ou C qui est bornée sur J, on mais pas uniforme.
posera 3) On fixe a ∈ ]0, 1[ et on prend I = [0, a] et fn (t) = tn et f = 0̃. Il y a convergence
kf kJ∞ = sup{|f (t)|, t ∈ J}. uniforme vers f , donc convergence simple.
En particulier, si f est bornée sur I tout entier, on notera kf kI∞ la norme uniforme
usuelle de f sur I, que l’on peut aussi écrire kf k∞ , sans préciser l’intervalle. La convergence uniforme dépend fortement de l’intervalle.
Une phrase comme (t 7→ tn )n∈N converge uniformément ne veut rien dire.
1. Modes de convergence d’une suite ou d’une série de fonction
On précise donc souvent kfn − f kI∞ pour insister sur l’intervalle.
(a) Convergence simple d’une suite ou d’une série de de fonctions
Rappel. — Soit (fn ) une suite de fonctions d’un intervalle non banal I à valeurs 4) On prend I = ] − 1, +∞[ et fn (t) = ln(1 + nt ) pour n > 1 et f = 0̃. Il y a
dans K et f une fonction de I dans K. On rappelle la définition de «La suite (fn ) convergence simple mais pas uniforme, car fn − f n’est même pas bornée sur I.
converge simplement vers f »lorsque, pour tout t ∈ I, la suite numérique (fn (t)) 5) On prend un segment [a, b] contenu dans ]−1, +∞[ et fn : t ∈ [a, b] 7→ ln(1+ nt )
converge vers f (t) : pour n > 1 et f = 0̃ sur [a, b]. On va démontrer qu’il y a convergence uniforme
donc convergence simple.
∀t ∈ I, ∀ε ∈ R∗+ , ∃n ∈ N, ∀n > n0 , |fn (t) − f (t)| 6 ε.

L’unicité de la limite d’une suite numérique montre l’unicité de f si elle existe. Méthodes. — Pour montrer que (fn ) converge uniformément vers f , il suffit :
On dit, dans ce cas, que f est la limite simple de la suite (fn ). • de trouver une suite (αn ) ne dépend pas de t et convergeant vers zéro telle
que ∀t ∈ I, |fn (t) − f (t)| 6 αn ;
Rappel analogue pour les séries de fonctions : on dit que la série de fonctions
• ou bien d’étudier les variations de la fonction δn := fn − f et de lire kδn kI∞
n>0 fn converge simplement vers S : I → K lorsque, pour tout t ∈ I, la série
P
dans le tableau de variations.
numérique n>0 fP n (t) converge et a pour somme S(t). On dit alors que S est la
P
somme de la série n>0 fn .
Dans cet exemple 5, on étudie un premier cas, où 0 6 a < b. On sait que
Les notations fn , f et S introduites ci-dessus seront reprises sans les redéfinir à ∀y ∈ ] − 1, +∞[, ln(1 + y) 6 y, et que ln(1 + y) > 0 si y > 0. On en déduit que
chaque fois. ∀t ∈ [a, b], 0 6 fn (t) 6 nt 6 nb , donc que kfn − f k 6 nb . La suite de terme général
(b) Convergence uniforme d’une suite de fonction n
b
converge vers zéro, donc la suite (fn ) converge uniformément vers f = 0̃ sur
Définition. — La suite de fonctions (fn )n∈N converge uniformément vers f le segment [a, b] avec a > 0.
lorsque On étudie maintenant le cas général où [a, b] est un segment quelconque inclus
dans ] − 1, +∞[. Comme fn = fn − f est croissante sur [a, b], on en déduit que
∀ε ∈ R∗+ , ∃n ∈ N, ∀t ∈ I, ∀p > n, |fp (t) − f (t)| 6 ε.
kfn − f k[a,b]
∞ = max (|fn (a)|, |fn (b)|) .
Reformulation de la définition. — La suite (fn ) converge uniformément
vers f sur I lorsque les différences δn = fn − f sont bornées sur I et que la suite Attention à la lecture du tableau de variations !
des normes (kδn kI∞ ) = (kfn − f kI∞ ) converge vers zéro.
Pour K = R, on visualise cette condition par le dessin d’un tube de section Comme max(|fn (a)|, |fn (b)|) 6 |fn (a)| + |fn (b)|, qui tend vers zéro quand n tend
verticale 2ε centré sur le graphe de f , dans lequel se trouvent tous les graphes vers l’infini, on a bien démontré la convergence uniforme.
des fn à partir d’un certain rang. Les exemples précédents rendent légitime la définition suivante
Définition. — L’unicité de la limite d’une suite numérique montre l’unicité de Définition. — Soient (fn ) une suite de fonctions définies sur I et f une fonction
f si elle existe. On dit, dans ce cas, que f est la limite uniforme de la suite (fn ). définie sur I. On dit que la suite (fn ) converge uniformément vers f sur tout
Théorème. — La convergence uniforme (vers f ) implique la convergence simple segment de I lorsque, pour tout segment [a, b] ⊂ I, la suite (fn |[a,b] ) converge
(vers f ) mais la réciproque est fausse (voir les exemples ci-dessous). uniformément vers f|[a,b] .
Exemples et méthodes. — 1) On prend I = [0, 1] et fn (t) = tn et f = χ{1} . En d’autres termes : lorsque pour toutsegment [a, b] ⊂ I, les fonctions fn − f
[a,b]
Il y a convergence simple vers f , mais pas uniforme. sont bornées sur [a, b] et que limn→+∞ kfn − f k∞ = 0.
[−c,c] [−c,c]
6) On prend I = R∗+ et fn (t) = nte−nt . Il y a convergence uniforme sur tout où Mn+1 = k exp(n+1) k∞ = k exp k∞ = ec . Les théorèmes de croissance
[a,b] cn+1
segment de R∗+ (vers la fonction nulle) car si [a, b] ⊂ R∗+ est fixé, kfn − 0̃k∞ = comparées montrent que la suite de terme général ec (n+1)! converge vers zéro.
R∗ R∗
fn (a) pour n assez grand, mais pas sur R∗+ , car kfn − 0̃k∞+ = kf1 k∞+ = 1e . (d) Convergence normale d’une série de fonctions
(c) Convergence uniforme d’une série de fonctions Définition. — On dit que fn converge normalement (sur I) lorsque toutes
P
On se donne des fonctions fn et S définies sur I. les fn sont bornées sur I et que la série numérique kfn kI∞ converge.
P

Définition. — La série de fonctions n∈N fn converge uniformément vers S (ou — On suppose que la série n∈N fn converge normalement sur I.
P P
Théorème.
de somme S) lorsque la suite (Sn ) de ses fonctions sommes partielles converge Alors fn converge uniformément sur I (donc simplement). La réciproque est
P
uniformément vers S sur I. fausse (voir contre-exemple 2 ci-dessous).
Théorème. — La convergence uniforme de la série fn (vers S) implique sa Remarque. — Si P fn converge normalement sur I, alors, pour tout x ∈ I, la
P P
convergence simple (vers S). série numérique n∈N fn (x) converge absolument.
Il y a unicité de la somme si elle existe. Ici, la différence δn = Sn − S est l’opposé
de la fonction reste Rn . Attention au vocabulaire :
Reformulation de la définition. — La série fn converge uniformément • (normalement ⇒) uniformément ⇒ simplement : adverbes relatifs aux
P
vers S si et seulement si les fonctions restes Rn = S − Sn = +∞ k=n+1 fk existent, suites et séries de fonctions.
P
sont bornées sur I et si suite des normes (kRn k∞ ) converge vers zéro. • absolument : adverbe relatif aux séries de nombres.
On définit comme pour les suites de fonctions la notion de convergence uniforme
pour tout segment d’une série de fonctions. L’application de l’inégalité triangulaire prouve le résultat suivant.
Théorème. — Si fn converge normalement sur I, alors laPsomme S et les
P
restes sont bornés, et on a kSk∞ 6 +∞ n=0 kfn k∞ et kRn k∞ 6 k=n+1 kfk k∞ .
+∞
P
Méthode. — Pour montrer qu’une série de fonctions fn converge uniformé-
P
ment, on commence en général par montrer qu’elle converge simplement, ce qui Convergence normale sur tout segment de I d’une série de fonctions : la différence
permet d’identifier S, puis on trouve une suite (αn ) ne dépendant pas de t et à mentionner est que les fn ne sont plus nécessairement bornées sur I.
qui converge vers zéro telle que ∀t ∈ I, |Rn (t)| 6 αn .
Définition. — On dit que la série de fonctions n∈N fn converge normalement
P
sur tout segment de I lorsque, pour tout segment [a, b] inclus dans I, les fonctions
Les majorations (ou les calculs exacts) du reste pourront emprunter à toutes [a,b]
fn sont bornées sur [a, b] et la série numérique n∈N kfn k∞ converge.
P
les techniques d’analyse. On donne ci-dessous des exemples utilisant les séries
géométriques, les séries alternées, l’inégalité de Taylor-Lagrange. . . Exemples. — 1) Soit α ∈ R∗+ . Pour n > 1, on pose fn : t ∈ R+ 7→ nα (1+nt) 1
.
Exemples — 1) La série
P
fn avec fn : t ∈ ] − 1, 1[ 7→ tn converge uniformément Alors :
vers S : t 7→ 1−t sur tout segment [a, b] de ] − 1, 1[, mais pas sur ] − 1, 1[. En effet,
1
• fn converge normalement sur R∗+ si et seulement si α > 1.
P
[a,b] n+1
si c = max(|a|, |b|), on a kRn k∞ = c1−b , qui tend vers zéro quand n tend vers • fn converge normalement sur tout segment de R∗+ si et seulement si α > 0.
P
l’infini. n
2) On vu que fn converge uniformément sur R+ si fn : t ∈ R+ 7→ (−1) , mais il
P
n
2) La série fn avec fn : t ∈ R+ 7→ (−1) p, cour n > 1 converge uniformément
P
t+n
t+n
n’y pas convergence normale (même si on restreint à un segment [a, b] ⊂ R∗+ ), car
sur R+ , car elle converge simplement (théorème de Leibniz des séries alternées), [a,b]
kfn k∞ = a+n 1
, qui est le terme général d’une série divergente. La convergence
et on sait alors que ∀t ∈ R+ , |Rn (t)| 6 |fn+1 (t)| 6 n+1 , donc kRn k∞+ 6 n+1 ,
1 R 1
uniforme n’implique pas la convergence normale.
qui tend vers zéro quand n tend vers l’infini.
3) On pose fn : t ∈ R 7→ n(1+n t
2 t2 ) pour n > 1. Montrer que fn converge
P
n
3) La série fn avec fn : t ∈ R 7→ tn! converge simplement vers l’exponentielle,
P
uniformément sur tout segment de R, mais pas uniformément sur R. Ce dernier normalement sur R en étudiant la fonction fn . On trouvera kfn k∞ = 2n1 2 .
point est clair, puisque les restes Rn = exp −Sn ne sont pas bornés (en tant que
différence de l’exponentielle et d’un polynôme ils tendent vers l’infini en valeur 2. Propriétés de la limite (ou somme) uniforme d’une suite (ou série) de
absolue, que ce soit vers +∞ ou vers −∞.) fonctions
On fixe un segment [a, b] et on pose c = max(|a|, |b|). Comme [a, b] ⊂ [−c, c], il (a) Continuité
suffit de montrer la convergence uniforme sur [−c, c]. Or par inégalité de Taylor-
Lagrange, Théorème. — Soient (fn ) une suite de fonctions définies sur I. On suppose que

cn+1 cn+1 • chaque fn est continue sur I ;


∀t ∈ [−c, c], |Rn (t)| = |et − Sn (t)| 6 Mn+1 = ec , • la suite (fn ) converge uniformément sur I, et on appelle f sa limite.
(n + 1)! (n + 1)!

2
n−1
Alors f est continue sur I. lim fn (t) = (−1)n quand t → +∞. Le théorème de la double limite montre que
P (−1)n−1
Remarque. — La continuité étant une notion locale, on peut remplacer la deu- la série converge (on le savait déjà) et que S possède la limite finie
P+∞ (−1)n−1 n
xième hypothèse par «La suite (fn ) converge uniformément sur tout segment n=1 = ln(2) en +∞.
n
de I».
Corollaire. — Même conclusion que le théorème, en remplaçant uniformément
Exemples. — On utilise assez souvent ce résultat de manière négative : si une par normalement, toutes choses étant égales par ailleurs.
suite de fonctions continues converge simplement vers une fonction f , et que f
Exemple. — Montrer que S : t 7→ +∞ n=1 1+n2 t est définie et continue sur R+ , et
1 ∗
P
est discontinue, il est impossible que la convergence de (fn ) soit uniforme. En
2
particulier, la suite de terme général fn : t ∈ [0, 1] 7→ tn ne peut pas converger que S(t) ∼ π6t quand t → +∞.
uniformément puisqu’elle converge simplement vers la fonction discontinue χ{1} . Pour cela on pose fn : t ∈ R∗+ 7→ 1+n 1
2 t , ce qui définit une suite (fn )n>1 de

Théorème. — Soit
P
fn une série de fonctions définies sur I. On suppose que fonctions continues. On fixe a > 0. La positivité et la décroissance de fn montrent
[a,+∞[
que kfn k∞ = fn (a) 6 n12 t , donc fn converge normalement sur [a, +∞[,
P
• chaque fn est continue sur I ; donc S est bien définie
P et continue sur R+ . Si gn (t) = tfn (t), on a 0 6 gn (t) =

• la série (fn ) converge uniformément sur I (respectivement sur tout segment 1


1 +n2 6 1
, donc g n converge normalement sur R + et lim gn (t) = n2 quand

, 1
n2
de I), et on appelle S sa somme. t
t → +∞. Le corollaire dit que converge (on le savait déjà), et que lim g(t) =
P 1
n2
Alors S est continue sur I. P+∞ 1
2 , ce qui signifie que S(t) ∼ π
quand t → +∞.
n=1 n 6t
Il suffit d’appliquer le théorème précédent à la suite des fonctions sommes parti- (c) Intégration sur un segment et convergence uniforme
elles. Le théorème suivant, valable seulement pour les suites uniformément conver-
Exemple. — La fonction S : t 7→ +∞ (−1)n gentes de fonctions continues sur un segment, est beaucoup plus faible que le
n=1 t+n est continue sur R+ .
P
théorème de convergence dominée.
Corollaire. — Même conclusion en remplaçant uniformément par normale-
ment, toutes choses étant égales par ailleurs. Théorème. — Ici, I est le segment [a, b]. On suppose que
exp(−nt2 )
• chaque fn est continue sur [a, b]
Exemples. — 1) La fonction S : t 7→ +∞ est définie continue sur R.
P
n=0 n2 +1 • la suite (fn ) converge uniformément sur [a, b], et on nomme f sa limite.
P+∞ −n2 t
2) La fonction S : t 7→ n=0 e est définie et continue sur R∗+ . Alors
Rb
(b) Théorème de la double limite • la limite uniforme f est continue sur [a, b], donc l’intégrale a f (t) dt existe ;
Il est énoncé seulement pour les séries de fonctions et il est admis, les notions de
Rb
• la suite ( a fn (t) dt) converge ;
suite de Cauchy et d’espace complet n’étant pas au programme de la filière PSI. Rb Rb Rb
• on a l’égalité limn→+∞ ( a fn (t) dt) = a (limn→+∞ fn (t)) dt = a f (t) dt.
On le démontre sous l’hypothèse plus forte de convergence normale.
Théorème. — Soit n∈N fn une série de fonctions de I dans K, et soit a une
P Corollaire. — Ici, I est le segment [a, b]. On suppose que
extrémité de I qui n’appartient pas à I (cette mention ne sert à rien, c’est juste • chaque fn est continue sur [a, b]
pour ne pas faire double emploi avec le théorème de continuité). On suppose • la série fn converge uniformément sur [a, b], et on nomme S sa somme.
P

1) Que chaque fonction fn possède une limite finie `n en a. Alors


2) Que la série n>0 fn converge uniformément sur I de somme S.
P Rb
• la somme uniforme S est continue sur [a, b], donc l’intégrale a S(t) dt existe ;
Alors la série numérique P `n converge, la fonction somme S possède P+∞ une li-
P P Rb
• la série ( a fn (t) dt) converge ;
mite finie en a, qui vaut +∞
n=0 ` n . En d’autres termes, limx→a n=0 fn (x) = Rb R b P+∞ Rb
• on a l’égalité +∞
P
n=0 ( a fn (t) dt) = a ( n=0 fn (t)) dt = a S(t) dt.
P+∞
n=0 limx→a fn (x).
Exemple. — Montrer que S : t 7→ est définie et continue
P+∞ n−1 t
n=1 (−1) 1+nt Corollaire. — Même conclusion en remplaçant uniformément Ppar Rnormale-
sur R+ et qu’elle possède une limite finie en +∞ que l’on calculera. Pour cela, on b
ment, toutes choses étant égales par ailleurs. De plus, les séries n>0 a f (t) dt
pose fn : t 7→ (−1)n−1 1+nt
t
, ce qui définit une fonction continue de R+ dans R. Rb
et n>0 a |f (t)| dt sont absolument convergentes et on a
P
Pour tout t ∈ R+ , la série de terme général fn (t) satisfait les hypothèses du
théorème des séries alternées, donc converge (convergence simple de fn ). Avec
P
+∞ Z
X b +∞ Z
X b +∞ Z
X b +∞
X
les notations habituelles, on a |Rn (t)| 6 |fn (t)| = 1+(n+1)t
t 1
= 1 +n+1 6 n+11
, fn (t) dt 6 fn (t) dt 6 |fn (t)| dt 6 (b − a) kfn k[a,b]
∞ .
t n=0 a n=0 a n=0 a n=0
donc kRn k∞+ 6P n+1 , qui est le terme général d’une suite de limite nulle. On
R 1
R1
en déduit que fn converge uniformément, donc que S est continue. De plus, Exemple. — Montrer que n−n .
P+∞
0
t−t dt = n=1

3
(d) Dérivation et convergence uniforme des dérivées Méthode. — On substitue la variable entière n par une variable réelle u,
Théorème. — Ici, I est un intervalle quelconque. On suppose que (fn ) est une et on étudie, à t fixé, la fonction ϕt : u 7→ fu (t). Dans le cas où ϕt est
suite de fonctions de classe C 1 de I dans K et que continue (par morceaux) et monotone, une comparaison série intégrale
R +∞
• la suite de fonctions (fn ) converge simplement, et on appelle f sa limite permet souvent d’obtenir S(t) ∼ n0 ϕt (u) du, intégrale qui s’exprime
simple ; parfois simplement à l’aide de t.
• la suite des dérivées (fn0 ) converge uniformément sur I, ou uniformément sur
Exemple.— Étude de S(t) = en zéro et de S(t) =
P+∞ t
P+∞ 2t
tout segment de I. On note g sa limite uniforme. n=1 n(1+nt2 ) n=1 t2 +n2

Alors f est de classe C 1 sur I, et f 0 = (limn→+∞ fn )0 = limn→+∞ fn0 = g. De en l’infini.


plus, (fn ) converge uniformément sur tout segment de I. (b) Résultats négatifs
Corollaire. — Ici, I est un intervalle quelconque. On suppose que
P
n∈N un
est une série de fonctions de classe C 1 de I dans K et que
Méthode. — Pour montrer qu’une somme S de série de fonctions fk a une
• la série de fonctions n∈N fn converge simplement, et on appelle S sa som- limite infinie en une borne a de son ensemble de définition, on utilise la
P
me ; monotonie de chacune des fk [on en déduit que S possède une limite finie ou
• la série des dérivées n∈N fn0 converge uniformément sur I (ou uniformément infinie ` en a], et la positivité des fk [qui permet d’écrire que S > Sn ].
P
sur tout segment de I). En passant à la limite en a, on trouve alors ` > `n := lima Sn , et on espère
Alors S est de classe C 1 sur I, et S 0 = ( +∞ que lim `n = +∞ quand n → +∞.
n=0 fn . De plus,
P 0 P+∞ 0 P
n=0 fn ) = fn
converge uniformément sur tout segment de I.
(−1)n Exemple. — Montrer que lim +∞ n!
= +∞ quand t → 1− . Tout d’abord, la
P
Exemple. — La fonction S = n=1 fn avec ∀t ∈ R+ , fn (t) = t+n est de n=1 t
P+∞

classe C 1 . série converge simplement sur ] − 1, 1[ car |tn! | 6 tn , et on note S sa somme et


(Sn ) la suite de ses sommes partielles. Comme S est une fonction croissante sur
Corollaire. — Soit p ∈ N∗ . On suppose que (fn ) (ou fn ) est une suite (ou
P
[0, 1[ en tant que somme de série de fonctions croissantes, S possède une limite,
une série) de fonctions de classe C p de I dans K et que finie ou infinie, notée L, enP1 à gauche. Comme S(t) > Sn (t) pour tout t ∈ [0, 1[
• les suites (ou séries) de fonctions de terme général fn
(j)
convergent simple- et tout entier n, on a L > n k=0 limt→1 Sn (t) = n + 1, donc L = +∞.
ment sur I de limite gj (de somme Sj ) ; On utilise en particulier cette méthode en remplaçant f par un de ses taux
(p)
• la suite (la série) des dérivées de terme général fn converge uniformément d’accroissement pour montrer que f n’est pas dérivable en une borne de son
sur I (ou sur tout segment de I). ensemble de définition.
Exemple. — La fonction f : x 7→ +∞ n=1 n(1+nx2 ) n’est pas dérivable en 0.
x
P
Alors f = lim fn (ou S = +∞ n=0 fn ) est de classe C
p
sur I, et pour tout j, on
P

af (j)
= gj (ou S = gj ), c’est-à-dire que la dérivée j-ième de le limite (de la
(j)
En plus de la non continuité de la limite simple, on peut utiliser :
somme) est la limite (la somme) des dérivées j-ièmes.
De plus, les convergences des dérivées intermédiaires sont en fait uniformes sur
Méthode. — Pour montrer qu’une (suite ou) série de fonctions
P
tout segment. fn
simplement convergente n’est pas uniformément convergente sur l’intervalle I,
Pour les séries de fonctions, on a bien sûr la variante consistant à remplacer on trouve une suite (tn ) de points de I telle que la suite des valeurs des
uniformément par normalement. restes Rn (tn ) ne converge pas vers zéro. Pour cela on minore explicitement
Pour démontrer qu’une limite (somme) de suite (série) de fonctions est de classe |Rn (tn )| en utilisant par exemple une comparaison série intégrale.
C ∞ , on appliquera le corollaire de l’ordre p pour tout p ∈ N, ce qui revient
à supposer que chaque fn est de classe C ∞ , que la suite (la série) converge
simplement sur I, et que toutes les suites (séries) de dérivées d’ordre p ∈ N∗
convergent uniformément sur tout segment de I.
Exemple. — Étude de la fonction ζ de Riemann t 7→ +∞ n=1 nt .
1
P

3. Compléments
(a) Calcul d’un équivalent, d’une limite
On souhaite, par exemple, calculer un équivalent de S : t 7→ +∞
n=0 fn (t) en +∞,
P
qui est une borne de l’intervalle de définition de S.

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