Guide - Système de Durabilité - 2021
Guide - Système de Durabilité - 2021
Guide - Système de Durabilité - 2021
Direction Générale de
l'Énergie et du Climat
Guide pratique
www.developpement-durable.gouv.fr
SOMMAIRE
1 - LES PRINCIPES 3
1.1 - Les directives européennes 3
1.2 - Les textes législatifs et réglementaires 4
1.3 - Le système de durabilité 5
2 - LE CHAMP D’APPLICATION 6
2.1 - Les opérateurs économiques du système de durabilité 6
2.1.1 -Les opérateurs prenant part à la chaîne de production et de distribution des biocarburants et bioliquides concernés (article 1 de l’arrêté) incorporés dans
les carburants et les combustibles mis à la consommation, qui recourent à l’un (ou plusieurs) des trois systèmes_______________________________6
2.1.2 – Les organismes prenant part ou demandant à prendre part à la certification des opérateurs pour garantir le respect des critères de durabilité dans le cadre
du système national (articles 7 et 8 de l’arrêté), selon les principes du bilan massique et d’un contrôle indépendant_____________________________6
2.2 - Les opérateurs économiques des systèmes volontaires 7
2.3 - Les opérateurs économiques du système national 7
3 - LES CRITÈRES DE DURABILITÉ (ARTICLES 2 ET 4 DE L'ARRÊTÉ) 9
3.1 - Les critères liés aux émissions de GES (article 2 et annexe 1 de l'arrêté) 9
3.1.1 -Calcul des émissions de GES___________________________________________________________________________________________9
3.1.2 -Communication des informations________________________________________________________________________________________9
3-2- Le système de bilan massique (article 4 de l’arrêté) 9
4 - LA DÉCLARATION DE DURABILITÉ (ARTICLE 5 DE L'ARRÊTÉ POUR
L'APPLICATION DU PREMIER ALINÉA DE L’ARTICLE 9 DU DÉCRET) 12
4.1 – L’établissement de la déclaration de durabilité 12
4.2 - La numérotation de la déclaration de durabilité 12
5 - LE SYSTÈME NATIONAL (ARTICLES 6, 7 ET 8 DE L’ARRÊTÉ) 13
5.1 - La constitution du dossier d’inscription 13
5.2 - Les contrôles de second niveau 13
5.2.1 -Les organismes certificateurs (articles 7 et 8 de l'arrêté)_____________________________________________________________________13
5.2.2 -Définitions_________________________________________________________________________________________________________13
5.2.3 -Modalités de collaboration des organismes certificateurs avec la DGEC________________________________________________________14
5.2.4 -Planification des audits_______________________________________________________________________________________________14
5.2.5 -Cas particulier des entrepôts fiscaux de stockage :__________________________________________________________________________16
5.2.6 -Réalisation des audits________________________________________________________________________________________________17
5.2.7 -Le certificat________________________________________________________________________________________________________18
5.2.8 -Registre de plainte pour non-conformités_________________________________________________________________________________19
6 - ANNEXE 1 : TÂCHES DES OPÉRATEURS ÉCONOMIQUES 20
7 - ANNEXE 2 : DURÉE MINIMALE DES AUDITS DE CERTIFICATION* ET NOMBRE DE
CONTRÔLES 21
8 - ANNEXE 3 : ÉLÉMENTS DEVANT ÊTRE AUDITÉS PAR L’ORGANISME
CERTIFICATEUR 22
9 - ANNEXE 4 : PRÉCISIONS LEXICALES 24
1- Les principes
Parmi les textes européens, trois directives définissent des critères de durabilité pour les biocarburants et
les bioliquides et les moyens de vérification du respect de ces critères par les opérateurs économiques.
Selon ces directives, seuls les biocarburants et les bioliquides, consommés dans l’Union européenne,
répondant à des critères conformes aux exigences du développement durable, dénommés ci-après
« critères de durabilité » pourront être pris en compte pour évaluer le respect de ces objectifs et bénéficier
d’une aide financière pour leur consommation.
En toute rigueur, les opérateurs peuvent produire et mettre à la consommation des biocarburants et des
bioliquides dont la durabilité n’a pas été vérifiée. Dans ce cas précis, ils n’ouvrent pas droit aux aides
financières et ne peuvent pas être comptabilisés pour l’atteinte des objectifs nationaux.
Les critères quantitatifs, dénommés ci-après « critères liés aux émissions de GES » : les
biocarburants et les bioliquides doivent permettre une réduction des émissions de gaz à effet de
serre (du puits à la roue) :
- d’au moins 50 % si les unités de production étaient en service le 5 octobre 2015 ou avant ;
- d’au moins 60% si les unités mises ont été mises en service après le 5 octobre 2015 ;
- le code de l’énergie précise dans son article L. 661-4 que ce potentiel de 60% doit être atteint,
pour les unités de production implantées sur le territoire d’un pays tiers à l’Union européenne,
lorsque celles-ci ont été mises en service après le 1er janvier 2008.
Les critères qualitatifs, dénommés ci-après « critères liés aux terres » : les biocarburants et les
bioliquides ne doivent pas être produits à partir de terres riches en biodiversité et de terres
présentant un important stock de carbone ou de tourbières.
Pour les productions européennes, les exigences prévues par les dispositions d’attribution des
aides de la politique agricole commune et les bonnes conditions agro-environnementales doivent
être respectées pour la production de matières agricoles. Ces exigences relèvent de la
réglementation en vigueur.
L’ensemble de ces critères s’applique à toute la chaîne de production et de distribution des biocarburants
et bioliquides, dont les étapes vont du champ jusqu’à la mise à la consommation.
En cas de mélange de lots de matières premières, de produits semi-finis ou de biocarburants et de
bioliquides, les opérateurs économiques doivent mettre en œuvre un système de bilan massique.
Les opérateurs économiques qui prennent part à cette chaîne doivent être en mesure de démontrer que les
critères de durabilité ont été respectés, que les informations sont fiables et qu’un contrôle indépendant des
informations est mis en œuvre.
En ce qui concerne la transmission des informations relatives au respect des critères de durabilité à
l’administration des douanes, les règles en vigueur sont rappelées dans une circulaire aux opérateurs
élaborée par le bureau Fiscalité de l’énergie, de l’environnement et loi de finances.
2- Le champ d’application
2.1 - Les opérateurs économiques du système de durabilité
2.1.1 - Les opérateurs prenant part à la chaîne de production et de distribution des biocarburants et
bioliquides
Ces opérateurs adhèrent obligatoirement à l’une des trois catégories de système (système national,
système volontaire, accord conclu par l’UE). Ils opérateurs sont désignés par catégorie à l’article 6 du
décret :
catégorie 1 : opérateurs qui produisent ou récoltent les matières premières dans leur état non
transformé ;
catégorie 2 : opérateurs qui collectent, stockent et commercialisent les matières premières dans
leur état non transformé ;
catégorie 3 : opérateurs qui transforment les matières premières et commercialisent les produits
transformés intermédiaires ;
catégorie 4 : opérateurs qui produisent et commercialisent les biocarburants et les bioliquides ;
catégorie 5 : opérateurs qui mélangent des biocarburants et bioliquides entre eux et/ou
commercialisent ces produits ;
catégorie 6 : opérateurs qui incorporent ces produits pour produire des carburants ou des
combustibles liquides au sens du code des douanes qu’ils mettent à la consommation.
A noter que le titulaire d’un entrepôt fiscal de stockage (EFS) n'est pas tenu d'être inscrit au système
national s'il n'est pas détenteur de produits dans cet EFS (au sens de personne physique ou morale
responsable indépendamment du propriétaire, à titre permanent ou temporaire, y compris lors du
transport ; il s’agit du responsable d’un lieu où sont entreposées les matières).
Les obligations liées à la mise en œuvre du système de durabilité doivent être respectées par les
opérateurs économiques des catégories 1 à 6. Chaque opérateur est responsable de la véracité des
informations relatives à la durabilité, pour la partie qui le concerne.
Il s’agit des organismes prenant part à la certification des opérateurs. Cette certification permet de
garantir, sur base d’un contrôle indépendant, le respect des critères de durabilité dans le cadre du système
auquel adhère l’opérateur.
Dans le cadre du système national, les dispositions réglementaires sont issues des articles 7 et 8 de l’arrêté
du 23 novembre 2011 modifié.
Des organismes contrôlent également le respect des critères de durabilité dans le cadre des schémas
volontaires. Les administrations nationales n’étant pas impliquées dans la supervision de tels organismes,
leur mode de fonctionnement n’est pas abordé dans ce guide.
Les opérateurs économiques des catégories 1 à 6 relevant des systèmes volontaires reconnus par la
Commission européenne recourent aux règles définies par ces systèmes.
Ces opérateurs doivent indiquer le système volontaire utilisé à l’organisme en charge du système de
durabilité. Afin de simplifier cette démarche administrative, le gestionnaire du système volontaire peut
déclarer à la DGEC la liste des opérateurs inscrits dans son système. Dans ce cas, la mise à jour de cette
déclaration est réalisée au moins annuellement. Les opérateurs certifiés de la catégorie 2 sont – en
pratique – les plus à même de déclarer les agriculteurs (catégorie 1) pour lesquels ils collectent et stockent
les matières premières.
Les opérateurs de la catégorie 6.a doivent établir et transmettre une déclaration de durabilité (article 5 de
l’arrêté) à la DGEC via la plateforme « CarbuRe » mise en place par le Ministère de la Transition
Écologique. Les opérateurs de la catégorie 6.a peuvent également recueillir les attestations de durabilité
établies par les opérateurs de catégorie 4 et 5, déclarées sur cette même plateforme.
Les opérateurs économiques des catégories 1 à 6 relevant du système national sont des opérateurs dont les
installations ou moyens de production de matières premières, de produits semi-finis, de biocarburants, de
bioliquides, de mélange de biocarburants ou de bioliquides, ou de distribution de biocarburants ou de
bioliquides et de carburants sont en totalité ou en partie situées sur le territoire national et qui ne font pas
partie d’un système volontaire.
Les opérateurs économiques recourant au système national doivent établir et fournir toutes les
informations relatives au respect des critères de durabilité conformément aux modalités de calcul pour les
critères liés :
- aux émissions de GES (article 2 de l’arrêté) ;
- aux dispositions et justifications prévues liées aux terres (article 3 de l’arrêté).
De plus, ils doivent mettre en œuvre un système de bilan massique (article 4 de l’arrêté), à l’exception des
opérateurs de catégorie 6 qui ne sont pas soumis à cette obligation.
Enfin, ils doivent mettre en œuvre un contrôle indépendant des informations qu’ils transmettent en faisant
appel à des organismes certificateurs agréés (article 7 de l’arrêté et point 5.2 du présent guide).
Les opérateurs des catégories 1 à 5 doivent établir et transmettre à leurs clients, une attestation de
durabilité (article 6 de l’arrêté). Le modèle en vigueur est disponible sur le site internet du Ministère de la
transition écologique et solidaire.
À la fin de la chaîne de production et de distribution des biocarburants et bioliquides incorporés dans des
carburants ou des combustibles destinés à la consommation, les opérateurs de la catégorie 6.a qui sont
détenteurs d'une quantité de biocarburants ou de bioliquides doivent établir et transmettre une déclaration
de durabilité (article 5 de l’arrêté) à la DGEC, ou valider sur la plateforme de déclaration les attestations
transmises par les opérateurs de catégorie 4 et 5.
Il est à noter que des outils existent pour aider les opérateurs dans leur déclaration. Notamment, pour le
calcul des émissions de GES, ces derniers peuvent consulter les travaux de l’organisme Biograce
(www.biograce.net) et s’appuyer sur la norme PR NF EN 16214-2 pour établir leur bilan massique.
La déclaration doit être établie directement sur la plateforme « CarbuRe » gérée par le Ministère de la
Transition Écologique (https://carbure.beta.gouv.fr/v2/).
Les demandes d’inscription à la plateforme doit être envoyée à cette adresse : [email protected]
3- Les critères de durabilité (articles 2 et 4 de l'arrêté)
3.1 - Les critères liés aux émissions de GES (article 2 et annexe 1 de l'arrêté)
3.1.1 - Calcul des émissions de GES
Les émissions de gaz à effet de serre liées à la production et à la consommation des biocarburants et
bioliquides sont calculées par analyse de cycle de vie, en considérant que les émissions liées à la
consommation de biocarburants sont nulles (cf. point 13 de la partie A de l’annexe I de l’arrêté).
Afin de réduire la charge administrative liée au calcul des valeurs réelles, les valeurs par défaut détaillées
pour les cultures définies pour les biocarburants et les bioliquides aux 1 et 6 de la partie B de l’annexe 1
de l’arrêté du 23 novembre 2011, et les valeurs de réduction des émissions de gaz à effet de serre définies
pour les biocarburants aux 5 et 10 de la partie B de cette même annexe peuvent être utilisées.
Lorsque l’opérateur économique recourt à un système volontaire, la saisie des informations est réalisée
conformément aux dispositions prévues par le système volontaire. Dans le cadre du système national, les
opérateurs chargés de transmettre l’information portant sur les émissions GES sont :
(1) Les opérateurs de catégorie 2 et 4 doivent indiquer la valeur réelle des émissions de GES de la partie transport correspondant
à leurs activités et à celles de leurs fournisseurs, ou préciser à leurs clients qu'ils souhaitent utiliser une valeur par défaut qui
sera ajoutée par l'opérateur de catégorie 6.
(2) Les opérateurs de catégorie 6 doivent indiquer la valeur réelle totale des émissions de GES de la partie transport, ou utiliser
une valeur par défaut.
Les opérateurs économiques doivent s'assurer que les renseignements suivants sont intégrés sur toutes
leurs factures, bons de livraison ou certificats annexés aux documents de vente lorsque la biomasse et/ou
le biocarburant est vendu comme durable :
Les opérateurs économiques doivent uniquement indiquer des mentions de durabilité précises, fiables et
dignes de confiance sur les documents de vente pour la biomasse et/ou biocarburant annoncé(e) et/ou ven-
du(e) comme durable.
Par ailleurs, les opérateurs doivent :
- avoir élaboré et documenté un système de contrôle pour la biomasse et/ou biocarburant reçu(e) sur la
base d’un système de bilan massique au niveau des approvisionnements de leurs sites, pour s’assurer
que les caractéristiques de durabilité restent attribuées aux lots ;
- avoir identifié, caractérisé et classé les différents types de biomasse et/ou biocarburants qu’ils re-
çoivent en différentes catégories faisant référence au type de matière première, à l’année de récolte, au
volume, au pays d’origine, aux caractéristiques de durabilité et aux caractéristiques de GES chaque
fois que nécessaire ;
- avoir enregistré toutes les informations, données et/ou documents reçus qui ont été utilisés pour clas-
ser la biomasse et/ou les biocarburants comme durable(s). Les enregistrements doivent être conservés
pour une période de cinq ans ;
- s’assurer que le personnel concerné a reçu les informations appropriées ainsi que la formation néces-
saire pour la mise en œuvre des procédures ;
Il est rappelé que dans le cas d’un mélange de lots de produits (matières premières, produits semi-finis,
biocarburants ou bioliquides), il est interdit d’effectuer une moyenne pour calculer les émissions de gaz à
effet de serre des lots de produits issus du mélange.
4- La déclaration de durabilité
4.1 - L’établissement de la déclaration de durabilité
Les opérateurs économiques de la catégorie 6.a regroupent toutes les informations de durabilité prévues à
l’article 5 de l’arrêté dans la plateforme CarbuRe. Les informations peuvent être enregistrées
manuellement sur la plateforme, ou à l’aide d’un fichier excel dont le modèle est disponible directement
sur la plateforme.
Les informations obligatoires associées à chaque lot de biocarburants ou de bioliquides incorporés sont
indiquées sur la plateforme. Les lots ne comportant pas l’ensemble des informations obligatoires ne
peuvent être validés et ne seront pas considérés comme déclarés.
Les opérateurs économiques transmettent à la DGEC au plus tard le dernier jour du mois N+1, le
fichier électronique correspondant à l’ensemble des lots de biocarburants ou de bioliquides incorporés
durant le mois N à l’adresse électronique suivante : [email protected].
Si aucun lot n'a été incorporé au cours du mois N, les opérateurs économiques sont quand même tenus
d'en informer la DGEC sur la plateforme, en validant la déclaration mensuelle avec la fonction prévue à
cet effet.
Toutes les informations ayant servi à l’établissement des déclarations de durabilité doivent être
conservées pendant une durée minimale de cinq ans par les opérateurs économiques concernés.
Ces déclarations doivent être disponibles à la demande du ministère ou de l’organisme certificateur,
notamment dans le cadre de contrôles.
- la présentation complète des moyens mis en place par l’opérateur pour contrôler ou vérifier la
cohérence des documents reçus par les opérateurs amont (contrôle de premier niveau) ;
- la présentation exhaustive des procédures de contrôle mises en place par l’opérateur pour vérifier les
modalités du bilan massique ;
- les modalités d’élaboration des attestations, des déclarations, les moyens de contrôle de la cohérence
des données et d’archivage des informations ;
- les dispositions permettant de garantir la mise en œuvre du contrôle indépendant (contrôle de
deuxième niveau) ;
- au titre de l’article 6 de l’arrêté du 23 novembre 2011, une déclaration sur l’honneur dans laquelle les
opérateurs s’engagent à transmettre annuellement les informations relatives aux mesures prises pour :
la protection des sols, de l’eau, de l’air ; la restauration des terres dégradées ; éviter une
consommation d’eau excessive dans les zones où l’eau est rare ; tenir compte des exigences sociales
dans le cas où les matières premières, les produits semi-finis ou les biocarburants et bioliquides
seraient importés de pays tiers.
Les opérateurs de la catégorie 2 peuvent adresser un dossier commun intégrant les informations relatives
aux opérateurs de catégorie 1 qui leur fournissent les matières premières.
Les opérateurs économiques doivent transmettre des informations fiables et complètes, et apporter la
preuve à la DGEC que des contrôles indépendants ont été effectués et que les éventuelles non conformités
ont été traitées et corrigées de manière efficace. Par conséquent, les opérateurs qui déposent un dossier
d’inscription au système national doivent se soumettre à un audit, dont le rapport est envoyé par l’auditeur
à la DGEC.
La décision de reconnaissance est valable pour une période maximale de cinq ans. Les opérateurs doivent
se soumettre de manière annuelle à un audit de suivi, dont le rapport est envoyé par l’auditeur à la DGEC.
A l’issue de la période de cinq ans, l’opérateur qui souhaite voir sa décision renouvelée doit se soumettre
à un audit de renouvellement.
5.2.2 Les organismes certificateurs (articles 7 et 8 de l'arrêté)
Ce contrôle de deuxième niveau est effectué par un organisme certificateur indépendant et impartial, qui
vérifie que les systèmes ou procédures mis en place sont précis, fiables et à l’épreuve de la fraude.
Les organismes certificateurs du système national de durabilité pour les biocarburants et les bioliquides
ont ainsi pour mission d'évaluer la pertinence des procédures développées par les opérateurs économiques
pour remplir les obligations de durabilité, et de contrôler la mise en œuvre de ces procédures.
Ces organismes doivent être agréés par décision des directeurs chargés de l’énergie, de l’écologie, des
douanes et de l’agriculture.
La liste des organismes certificateurs agréés est disponible est disponible sur la page dédiée aux
biocarburants du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire
Afin d’être agréé, l’organisme de certification doit fournir les justificatifs ci-après du respect des critères
d’indépendance et de compétence exigés :
1) avoir une expérience dans la réalisation des audits en conformité avec les normes :
ISO 19011
ISO 14064-3
ISAE 3000
L’organisme de certification s’engage à informer la DGEC sous un délai de huit jours, par voie postale ou
électronique, de tout changement dans sa situation qui entraînerait la cessation du respect de ces critères.
Les organismes certificateurs s’engagent à ce que les audits soit assurés par des auditeurs formés et
qualifiés à cet effet, et à ce que les auditeurs et le personnel impliqué dans le processus d’audit disposent
du niveau requis d'indépendance, de connaissances et de compétences. En particulier, les organismes de
certification doivent établir une procédure pour qualifier leurs auditeurs et s’assurer qu’ils remplissent les
conditions minimums suivantes :
- être auditeur reconnu pour les Systèmes de Management de la Qualité, selon les procédures
internes de l’organisme de certification, en conformité avec la norme ISO 19011 ;
- avoir les aptitudes générales pour conduire les audits sur les critères du schéma (suivi d’une
formation ISO 19011, par ex. certificat IRCA ou certificat de formation ISO 19011 ; preuves
d’expérience en audit selon les normes ISO 9001, 14001, 14065, et/ou 14064-3) ;
- disposer d’une connaissance suffisante de la durabilité des biocarburants ;
- avoir réalisé un nombre minimum d'audits pour le système national sous la supervision d’une
personne référente.
Ces preuves sont apportées par les attestations de formation, les cursus d’auditeur et les CV détaillés.
A l'échéance annuelle de leur certificat, les opérateurs économiques sont libres de changer d'organisme
certificateur sous réserve de respecter de leurs conditions contractuelles. Le cas échéant, l'ancien
organisme certificateur est tenu de fournir toutes les informations nécessaires au nouvel organisme afin
d'assurer la continuité du service rendu.
Avant chaque campagne d’audit, les opérateurs relevant du système national transmettent à la DGEC :
- la liste exhaustive de leurs sites ;
- le nombre moyen de déclaration transitant sur ces sites ;
- la date du dernier audit (y compris par un autre organisme certificateur) sur chacun des sites.
Avant les audits, les organismes de certification doivent contractualiser la mission d’audit avec chacun
des opérateurs, en reprenant notamment les durées minimales d’audit fixées dans le présent guide.
Lorsqu’un opérateur possède plusieurs sites ou regroupe plusieurs membres disposant de sites différents,
le nombre de sites qui doivent être audités est défini par les formules ci-dessous. Le siège devra
également être audité à chaque audit du groupe.
Le nombre total de sites à auditer pour un audit initial ou de renouvellement, arrondi à l’entier supérieur,
est égal à :
√
nombredesitesaudités=1 + nom bredesitesenpropre +
1
9
nombredesitessoustraités
Le nombre de sites à auditer pour un audit de suivi, arrondi à l’entier supérieur, est égal à :
nombredesitesaudités=1 +
2
3 √ 1
nombredesitesenpropre + nombredesitessoustraités
9
Les sites audités sont choisis par la DGEC, en fonction des enjeux (pour les deux tiers) et de manière
aléatoire (pour le tiers restant). Si les sites sont des dépôts qui agissent en sous-traitance, ils sont choisis
en fonction des enjeux.
L'organisme certificateur pourra, s'il le juge suffisant, conduire un audit à distance, après accord de la
DGEC. En tout état de cause, au moins un site devra être audité sur place. Cet enjeu est apprécié en
fonction des critères suivants :
- nombre moyen de déclaration transitant sur le site ;
- date du dernier audit (y compris par un autre organisme certificateur) ;
- tout autre critère jugé pertinent.
Afin de déterminer la durée d'audit la plus adaptée en fonction de la nature et de la taille de l'opérateur
concerné ainsi que le nombre minimum d’enregistrements à vérifier, les organismes certificateurs
s'appuieront sur les tableaux et la formule proposés à l’annexe 2, qui s'entendent comme des durées et
nombre minimaux obligatoires.
L'auditeur contrôle la pertinence du procédé mis en place par l'opérateur afin de respecter les critères de
durabilité du biocarburant mis sur le marché français.
Dans le cas des opérateurs de catégorie 6, cela implique une réception physique de produit, par camion ou
par un autre moyen de livraison, couverte par un document d’accompagnement à but fiscal, d'une
attestation mensuelle ou ponctuelle de durabilité délivrée par le fournisseur et d'une déclaration de
durabilité à la DGEC.
L’exploitant d’un entrepôt fiscal de stockage (EFS), titulaire de l’EFS (article 158-B3 du code des
douanes) n'est pas tenu d'être inscrit au système national s'il ne détient pas de produit au sens de la
réglementation fiscale dans cet EFS (articles 158 quinquies et 158 octies du code des douanes).
En revanche, si une entreprise X détient dans un EFS des biocarburants ou des bioliquides, alors cet
entrepôt sera éventuellement audité en qualité de site lié à cette entreprise. Néanmoins ce sera à
l'entreprise X d'apporter à l'organisme certificateur les éléments de durabilité relatifs aux lots de
biocarburants ou de bioliquides livrés dans cet entrepôt pour son compte et entrés dans sa comptabilité
biocarburants durables.
Si le titulaire de l’EFS détient lui-même des biocarburants ou des bioliquides, il devra alors se soumettre à
la certification pour les produits qu’il détient.
Dans un premier temps, l’auditeur détermine si les procédures envoyées par l’opérateur à la DGEC
permettent de démontrer que les critères de durabilité sont respectés.
Pour les opérateurs de catégorie 1, l’auditeur vérifie le respect des modalités de calcul des émissions de
GES (article 2 de l’arrêté du 23 novembre 2011) et des dispositions et justifications prévues pour les
critères liés aux terres (article 3 de l’arrêté). Ces preuves peuvent avoir été apportées par les opérateurs de
catégorie 2 qui collectent et stockent les matières premières. Les opérateurs pourront s’appuyer sur la
norme NF EN 16214-3 relative à la biodiversité et aux aspects environnementaux liés aux objectifs de
protection de la nature - Biomasse produite de façon durable pour des applications énergétiques et la
norme NF EN 16214-4 relative à la méthode de calcul du bilan des émissions de GES utilisant une
approche d'analyse du cycle de vie.
Pour les opérateurs de catégorie 2, il convient de vérifier le respect des modalités de calcul des émissions
de GES (article 2 de l’arrêté). Les opérateurs pourront s’appuyer sur la norme NF EN 16214-4 relative à
la méthode de calcul du bilan des émissions de GES utilisant une approche d'analyse du cycle de vie. Les
opérateurs doivent également démontrer qu’un système de bilan massique a été mis en œuvre, dans le
respect des dispositions fixées par le document de travail rédigé par la Commission européenne « Report
on the operation of the mass balance verification method for the biofuels and bioliquids sustainability
scheme in accordance with Article 18(2) of Directive 2009/28/EC » et référencé SEC(2011) 129 final. Ce
système doit notamment permettre de s’assurer que les informations de durabilité émises par l’opérateur
correspondent bien à des informations transmises par son fournisseur.
Lorsque l’opérateur de catégorie 2 se charge de fournir les preuves de durabilité pour le compte des
opérateurs de catégorie 1 qui lui fournissent les matières premières, ces derniers sont assimilés à des sites
de l’opérateur de catégorie 2 qui doivent être audités.
Pour les opérateurs de catégorie 3, il convient de vérifier le respect des modalités de calcul des émissions
de GES (article 2 de l’arrêté). L’opérateur doit démontrer qu’un système de bilan massique a été mis en
œuvre, dans le respect des dispositions fixées par le document de travail rédigé par la Commission
européenne « Report on the operation of the mass balance verification method for the biofuels and
bioliquids sustainability scheme in accordance with Article 18(2) of Directive 2009/28/EC » et référencé
SEC (2011) 129 final. Ce système doit notamment permettre de s’assurer que les informations de
durabilité émises par l’opérateur correspondent bien à des informations transmises par son fournisseur.
Pour les opérateurs de catégorie 4, l’auditeur s’assure du respect des modalités de calcul des émissions de
GES (article 2 de l’arrêté), et vérifie qu’un système de bilan massique a été mis en œuvre.
Pour les opérateurs de catégorie 5, l’auditeur s’assure du respect des modalités de calcul des émissions de
GES (article 2 de l’arrêté). L’opérateur doit également être en mesure de démontrer qu’un système de
bilan massique a été mis en œuvre, dans le respect des dispositions précisées plus haut. Ce système doit
notamment permettre de s’assurer que les informations de durabilité émises par l’opérateur correspondent
bien à des informations transmises par son fournisseur.
Pour les opérateurs de catégorie 6, l’auditeur s’assure du respect des modalités de calcul des
émissions de GES (article 2 de l’arrêté). Les opérateurs pourront s’appuyer sur la norme NF EN
16214-4 relative à la méthode de calcul du bilan des émissions de GES utilisant une approche
d'analyse du cycle de vie.
Les opérateurs de catégorie 6 ne sont pas tenus de tenir un bilan massique dans la mesure où les
lots sont déclarés à l’administration lors de leur entrée. En revanche, il conviendra de vérifier que
chaque déclaration de durabilité envoyée directement à l’administration correspond à une
attestation de durabilité reçue et que les volumes déclarés correspondent à des volumes
effectivement reçus et identifiés par des documents douaniers.
Les éléments devant être vérifiés par l’organisme certificateur sont détaillés en annexe 3.
A l'issue de l'audit, l'organisme certificateur doit émettre un rapport sur la conformité de celui-ci vis-à-vis
des exigences du système national. En cas de non-conformités constatées, il est chargé du suivi de ces
dernières.
Les non-conformités constatées par les organismes certificateurs doivent être classées en deux catégories :
- les non-conformités mineures : non-conformités qui ne sont pas de nature à remettre en cause la
conformité des produits aux critères de durabilité.
Lorsqu’une non-conformité mineure est relevée, l'opérateur dispose de deux mois pour proposer
une correction sous forme documentaire. La non-conformité doit être levée au plus tard lors de
l'audit suivant, faute de quoi elle serait requalifiée en non-conformité majeure.
- les non-conformités majeures : non-conformités qui sont de nature à remettre en cause la
conformité des produits aux critères de durabilité.
Lorsqu’une non-conformité majeure est relevée, l'opérateur dispose d'un délai de trois mois pour
faire la preuve d'une action corrective. L'organisme certificateur peut décider, si nécessaire, de
procéder à un nouvel audit sur site afin de vérifier l'efficacité de l'action de l'opérateur.
Toute non-conformité relevée par un organisme certificateur doit être notifiée à la DGEC dans un délai
d'une semaine par courrier électronique à l'adresse suivante : durabilite-bio@developpement-
durable.gouv.fr
Les résultats des audits sont susceptibles de recours. Si un opérateur du système national souhaite faire
une réclamation auprès d'un organisme certificateur, ce dernier est tenu de produire une réponse dans un
délai maximum d’un mois.
Suite à cette réclamation, si la réponse de l'organisme certificateur n'est pas jugée satisfaisante, les
opérateurs pourront faire appel de la décision auprès du ministre en charge de l'énergie (DGEC).
5.2.7 – Le certificat
Si l'organisme certificateur juge que l'audit est satisfaisant, il remet à l'opérateur un certificat de conformi-
té au système national de durabilité.
Les certificats sont délivrés par les organismes certificateurs sur des cycles d’une durée de cinq ans qui se
décomposent en un audit initial et quatre audits de suivi annuels. A l'issue de ces cinq ans, un audit de re-
nouvellement permet de repartir sur un nouveau cycle.
Les opérateurs du système national doivent demander le renouvellement de leur certification avant la date
de fin de la période de validité de leur certificat. L’audit doit être réalisé au plus tard deux mois après
cette date. Passé ce délai, le certificat initial sera caduc.
Les opérateurs certifiés peuvent demander à ce que la portée du certificat octroyé soit modifiée, par
exemple pour inclure de nouveaux sites, produits ou activités. Ces demandes devront être effectuées au-
près de l’organisme certificateur qui devra relayer l’information dès qu’elle sera portée à sa connaissance
auprès de la DGEC. Si elle le juge utile, la DGEC pourra conditionner sa réponse au résultat d’un audit
ciblé sur cette demande.
Des audits d’extension (sur site ou documentaire) peuvent intervenir à tout moment du cycle, sans néces-
sairement le remettre en cause.
Toute opération relevant de la certification sur un site non couvert par un certificat adapté pourra, après
enquête de la DGEC, entraîner le retrait de la certification de l’opérateur.
Un registre de plainte est créé. Ce registre est destiné à recevoir toute plainte d’un opérateur qui décèlerait
une non-conformité au regard de la durabilité dans un lot de biocarburant destiné à être mis à la consom-
mation. Chaque plainte devra être remontée au travers la boite mail :
[email protected].
La DGEC procédera au traitement de cette plainte.
Annexe 1 : Tâches des opérateurs économiques
Opérateur
s Système Système
Tâches Articles
économiqu Volontaire National
es
Recours à un système
Art. L.661-7 Oui Oui
volontaire et/ou un système
Catégories du code de
national et/ou un accord
1 à 6.a l’énergie Règles définies Règles définies
conclu par la CE pour
et/ou b par le système par le système
respecter les critères de
volontaire national
durabilité
Art. 7 du
Catégories Indication du système utilisé décret
Oui Oui
1 à 6.a à l’organisme en charge de la (1er alinéa)
2. 2 du guide 2.3 du guide
et/ou b durabilité
* Ces chiffres seront majorés de 0,5 jour lorsque le nombre moyen de déclarations mensuelles est supérieur à 50.
* Sous réserve de cas particulier.
Le nombre d’attestations/ déclarations vérifiées lors des audits initiaux, de renouvellement ou de suivi
doit à minima correspondre, arrondie à l’entier supérieur à :
Nombre d’enregistrements à vérifier par site audité = nombre moyen de déclarations ou d’attestations mensuelles du site audité
Annexe 3 : Éléments devant être audités par l’organisme certificateur
L’audit consiste à vérifier que les systèmes et procédures relatifs à la durabilité mis en œuvre par les
opérateurs économiques sont précis fiables et à l’épreuve des fraudes. L’audit doit s’appuyer sur un
contrôle documentaire et non sur les aspects réglementaires contrôlés par ailleurs, notamment par les
Douanes et les autres services de l’État comme la DREAL (risque, rejets) ou la DIRECCTE (métrologie
notamment).
A titre d’exemple, l’organisme certificateur trouvera ci-dessous une liste de points cadres pouvant servir
de guide à la conduite d’un audit sur le contrôle du respect de la durabilité par les opérateurs
économiques.
Domaine d’application
L’opérateur économique a-t-il défini le périmètre des activités concernées par la chaîne de
surveillance de la durabilité ?
L’opérateur a-t-il la jouissance légale de la biomasse et/ou des biocarburants ?
La direction du site a-t-elle mis en place un dispositif permettant la mise en œuvre et le maintien
des exigences de la chaîne de surveillance de la durabilité ? Ce dispositif est-il documenté ? Est-il
communiqué aux salariés, fournisseurs, clients ? Est-il inspecté à fréquence régulière ?
L’opérateur dispose-t-il, pour chacun des lots de biomasse ou de biocarburants, des documents
suivants :
- une liste contenant les noms et adresses des fournisseurs ;
- les copies des certificats des fournisseurs ;
- l’attestation de durabilité pour tous les produits durables entrants.
L’opérateur dispose-t-il de l’ensemble des informations lui permettant de remplir les champs de
l’attestation ?
L’opérateur dispose-t-il de l’ensemble des informations lui permettant de remplir les champs de la
déclaration?
La cohérence des volumes de la déclaration avec les volumes physiques reçus en dépôt est-elle
vérifiée ?
L’opérateur a-t-il établi des procédures pour s’assurer du respect du bilan massique (à l’exception
des opérateurs de catégorie 6) ? Les points suivants peuvent être vérifiés :
- liste des catégories de biomasse définies par : type de matière première, année de récolte, volume,
pays d’origine, caractéristiques de durabilité et caractéristiques de GES ;
- enregistrements conservés (au moins pour une période sur cinq ans) ;
- enregistrements des formations et/ou informations ;
- factures ou autres documents similaires, procédure du compte de crédit, balance mensuelle et
entretien avec les membres du personnel ;
- instructions de travail.
Ces procédures permettent-elles de vérifier que les caractéristiques de durabilité sont correctes et
bien assignées au lot physique correspondant ?
Annexe 4 – Précisions lexicales
Organisme certificateur : société accréditée afin de mener les audits des systèmes de durabilité mis en
place par les opérateurs du système national.
Opérateur du système national : société inscrite au système national qui possède une quantité de
biocarburants ou bioliquides ou de matières premières.
Site : lieu de réception, de stockage ou de transformation d’un biocarburant, d’un bioliquide ou d’une
matière première entrant dans la chaîne de production (le site peut être la propriété de l’opérateur ou être
opéré en sous-traitance). C’est la propriété légale de la matière (graine, biocarburant…) qui définit les
sites dépendants d’un opérateur. Chaque site doit figurer sur le certificat.
Certificat :
Non-conformité majeure : non-conformité qui est de nature à remettre en cause la conformité des
produits aux critères de durabilité.
Non-conformité mineure : non-conformité qui n'est pas de nature à remettre en cause la conformité des
produits aux critères de durabilité.